Nous sommes une société intolérante, et nous n'avons qu'à regarder le présent état de l'humanité, pour constater que les guerres et les calamités qui affligent la planète présentement, ne sont ni coïncidence, ni accident. En tant que société, nous portons la responsabilité de ce que notre monde est devenu, car chacun de nous est partie intrinsèque de l'univers qui l'entoure. Nous sommes UN.
Les guerres saintes des siècles passés et toutes celles qui se déroulent maintenant de manière sporadique à divers endroits de la planète, sont les plus ignobles de toutes les guerres qui se sont succédées au cours des millénaires. Elles sont le signe avant-coureur des derniers soubresauts d'une société qui a oublié le sens véritable de l'amour et de la fraternité humaine.
Durant le Concile tenu à Mâcon, France, en l'an 585 de notre ère, et après un débat mouvementé, les Pères de l'Église en vinrent à la conclusion que la femme avait bel et bien une âme. Considérant le fait que celle-ci est le principal artisan de la fécondation de l'être mâle et femelle, il est difficile de croire qu'une telle question ait pu être soulevée à un Concile de l'Église. Il est certainement plus en conformité avec la loi de procréation et, bien entendu, les cycles réincarnationnels, de croire que Dieu a choisi une créature à son image, donc dotée d'un esprit et d'une âme, pour perpétuer la race humaine, et assurer ainsi la manifestation continue de la vie sur terre. Par ailleurs, la décision du Concile a du soulager grandement la communauté mâle, car la perspective d'un Paradis sans femmes était plus qu'il n'en fallait pour gâcher leurs derniers moments sur terre.
A la lumière de ce qui précède, on peut voir qu'il est possible de fausser les vérités spirituelles et de s'en servir pour des buts égoïstes de domination. Les préjugés mâles font partie de notre culture depuis des millénaires, et d'ailleurs, la Bible n'indique-t-elle pas que Dieu créa l'homme à Son image et la femme, d'une côte d'Adam.
La croyance que Ève, la première femme, est issue d'une côte d'Adam, est le fait d'une interprétation littérale des anciens sanskrits qui soulignaient sans doute, de cette façon, le rôle cosmique de la femme. Au début de la créativité, la forme humaine était androgyne et pourvue de tous les attributs de la Divinité. Nous avons vu dans le premier chapitre que la seconde chute demandait des mesures drastiques, et c'est alors que Dieu imagina un plan qui permettrait aux esprits de se reproduire, et dès lors, ils furent soumis au cycle des vies successives. Ainsi, d'androgyne qu'elle était dans les royaumes supérieurs, la forme humaine devint, dans les mondes tridimensionnels, la vibration positive connue sous le nom d'homme, alors que la femme, issue de l'aspect positif du corps androgyne, en exprimerait l'aspect positif-négatif. L'histoire d'Adam et Ève, que les religions ont galvaudée et interprétée à leur façon, est, en fait, une imagerie, dont le sens dépasse nos perceptions limitées de la vie: de même que les côtes renforcent le corps de l'homme, ainsi la femme (symbolisée par les côtes), renforce-t-elle les valeurs intuitives et la sensitivité de l'homme, et, de cette façon, elle est véritablement la côte, la force de l'homme. C'est cet aspect symbolique de la création qui donna naissance à la légende des 'côtes d'Adam' et, loin d'être issue de la côte de l'homme, la femme est une création de Dieu, issue du corps androgyne, et elle possède les mêmes droits et les mêmes prérogatives que l'homme.
A travers les siècles, le destin et les modes de vie de la femme ont toujours été assujettis aux lois, règles et coutumes établies par l'homme, et ce, dans le but de contrôler sa vie matérielle et, par le fait même, son propre épanouissement spirituel. Plusieurs de ces lois ont été renforcées par des croyances superstitieuses, des interprétations erronées de récits bibliques, et des coutumes empruntées aux religions païennes, lesquelles n'ont rien à voir avec les enseignements de Jésus et le mode de vie des premiers chrétiens.
Un exemple frappant de cet assujettissement des femmes dans nos sociétés modernes, a été mis en lumière, il y a quelques années, alors que la hiérarchie religieuse de l'Iran ordonnait le retour au port du voile pour la femme, limitant ainsi son droit à la libre expression de la femme en rétablissant une coutume qui avait duré des millénaires.
Une autre forme d'asservissement, et celle-ci dure encore, a été d'exclure la femme de la prêtrise, cette ségrégation reposant sur la croyance que Jésus n'a choisi que des hommes comme disciples. En réalité, il y avait de nombreuses femmes parmi les disciples qui le suivaient, et tous étaient égaux à ses yeux. Celles que l'on appelait les Saintes Femmes, parmi lesquelles figuraient Marie, Marie- Madeleine, Miriam, Salomé, Joanna et les soeurs de Lazare, le suivirent aussi souvent qu'il leur était possible, et lui furent fidèles, même durant ses heures les plus difficiles. Si un tel acte de foi n'est pas le fait de véritables disciples, alors les disciples, eux-mêmes, n'on pas droit à ce titre, car leur foi vacillait constamment. Ce fut l'un d'eux qui trahit Jésus trois fois, ce qui ne l'empêcha pourtant pas de demeurer son disciple.
Par ailleurs, c'est un fait connu que les femmes jouèrent un rôle prépondérant dans les premiers temps de la chrétienté. Ce n'est que plus tard qu'elles furent tenues à l'écart par une hiérarchie mâle, laquelle, voyant là une menace à son rôle de dominateur, falsifia ce qu'on appelle les 'saintes écritures', et les interpréta de manière à atteindre son but. Il est tout de même déconcertant de réaliser qu'une telle discrimination ait pu durer jusqu'à nos jours avec l'approbation tacite des femmes, lesquelles, semble-t-il, n'oont jamais osé secouer le formidable édifice que représente l'Église. Ce n'est que récemment que des voix ont commençé à se faire entendre, pour être aussitôt étouffées, encore une fois, par les conservateurs et les éminences grises de l'Église. Celle-ci oublie pourtant que les papes qui l'ont dirigé ont fait des erreurs monumentales dans le passé, et le seul moyen de corriger ces erreurs, serait de les reconnaître, et de réformer la doctrine et les dogmes afin qu'ils soient conformes, non pas aux préjugés, aux conceptions erronées et à l'intolérance des hommes, mais bien plutôt aux lois universelles d'Ordre, de Balance, d'Harmonie, de Croissance, de Perception Divine, d'Amour et de Compassion.
Tout ceci pour démontrer que l'hégémonie mâle sur les femmes s'est perpétuée depuis des millénaires, et que le désir de domination de l'homme s'est étendu, non seulement à la possession des richesses matérielles, mais également à l'asservissement de la femme qu'il considérait, et que certains considèrent encore, comme un être inférieur.
Nos propres lois civiles sont préjudiciables aux femmes. Par exemple, jusqu'à tout récemment, la victime de viol devait faire la preuve de ses allégations, alors que le violeur n'avait qu'à se trouver un bon avocat, qui verrait à détruire la crédibilité de celle-ci. La même injustice est apparente dans le cas des femmes battues, alors que, sous la pression sociale et religieuse, celles-ci n'ont d'autre alternative que de retourner dans leur foyer, et espérer des jours meilleurs. Il est vrai que, durant les dernières décennies, le législateur a fait des efforts en ce sens, mais le système judiciaire est plein de lacunes, et il y a encore fort à faire pour établir un véritable système de justice digne des Fils et Filles de Dieu que nous sommes tous.
Parmi les injustices qui ont privé les femmes de leurs droits fondamentaux, les lois, civiles et religieuses, concernant l'avortement, représentent ce qu'il y a de plus vil en fait de lavage de cerveau et de contrôle des esprits. Et c'est pourquoi, les femmes, (et les hommes également), doivent faire tout en leur pouvoir pour contrecarrer les efforts de ceux qui ont choisi de vivre leur vie selon des concepts religieux et des lois dogmatiques qui n'ont rien à voir avec la spiritualité, plutôt que de vivre dans la spontanéité de la vie, en accord avec leur conscience, et selon les lois d'amour et de compassion.
En tentant de limiter la liberté d'expression de la femme dans le monde, et son droit à l'auto-détermination en tout ce qui concerne son corps physique, mental et spirituel, ceux qui se disent chrétiens, s'immiscent, indûment, dans les affaires de Dieu, le Dieu qui réside en chacune de ces femmes. La forme physique, c'est-à-dire, le corps, n'est qu'un robot de chair, un véhicule, dont l'esprit se sert pour faire l'expérience des mondes tridimensionnels. Ce robot de chair et d'os, est créé dans le sein de la mère. Même s'il lui est possible de prendre possession du fétus, dès le troisième mois de la grossesse, ce n'est, habituellement, qu'à la naissance, que l'esprit se manifeste et clame son droit à la vie, devenant ainsi un être humain et une manifestation de Dieu sur terre.
Et là encore, l'Église a choisi de légiférer dans un domaine, où l'individu (la mère dans le cas présent) est le seul juge de sa décision de rendre sa grossesse à terme, ou de choisir l'avortement. C'est là un des droits fondamentaux que Dieu accorde à chacun de Ses enfants lorsqu'il s'incarne sur terre. Les démocraties et les religions se targuent d'accorder la liberté d'expression à tous les individus, mais elles foulent aux pieds sans vergogne la liberté de l'être humain à l'auto-détermination lorsqu'il s'agit de son corps, de son âme ou de son esprit. Les femmes ont reçu, non pas l'ordre, mais le pouvoir de procréer, et de donner la vie à une forme humaine, afin de permettre à un esprit de se réincarner, et de faire ainsi l'expérience des mondes tridimensionnels dans un corps physique de chair et de sang. Cette prérogative est asservie à la liberté d'expression, laquelle leur permet de disposer de leur corps et de ce qu'il contient, à leur guise et selon leur propre interprétation des lois divines, qu'elles-mêmes représentent. Cette liberté d'expression s'applique tout aussi bien aux autres expériences de vie, qu'il s'agisse de mariage, de célibat, de divorce, de sexualité ou d'homosexualité. Tant et aussi longtemps, qu'il respecte la liberté d'expression de ceux qui l'entourent, l'être humain est libre de vivre sa vie comme il l'entend. C'est sa propre expérience dans le monde, et tous ces rôles variés font partie du processus karmique de toute l'humanité.
A cause de sa prise de position concernant l'avortement, l'Église fut à l'origine des mouvements pro-vie, mais en dépit de l'apparente bonne foi de certains membres, les croisades religieuses, ou guerres saintes, dirigées contre le plus sacré des droits, le droit des femmes à la libre expression de leur féminité et de leur créativité, sont la pire forme d'intolérance qu'un humain puisse concevoir. Ces croisades, entreprises pour défendre un droit à la vie que les religions ne comprennent pas, est aussi, sinon plus, dommageable que les croisades du passé, ou les guerres religieuses d'Iran et d'Ulster et autres coins du monde, où les factions s'affrontent depuis des années au nom de la religion. C'est, en fait, la pire forme de cruauté envers un être humain, et ce, au nom d'un principe cosmique dont la véritable portée nous échappe, faute de comprendre les principes sous-jacents de création et de procréation qui gouvernent ce monde tridimensionnel.
Nombreux sont ceux qui considèrent l'avortement comme une monstruosité, mais la véritable monstruosité, c'est l'inconscience et l'intolérance de tous ceux qui s'octroient le droit de juger les autres. L'hypocrisie a de nombreux déguisements, et tous ceux qui prennent la pilule, tout en condamnant l'avortement, ne voient que la paille dans l'oeil du voisin. Ils se leurrent eux-mêmes, et ils seront jugés de la même façon qu'ils jugent les autres.
La pensée est créatrice. Ce que nous désirons vraiment dans notre coeur, est déjà imprimé à jamais dans les archives akashiques, et l'action physique n'est que la manifestation de cette pensée sur un plan tridimensionnel. Il ne faut pas confondre la cause avec l'effet, et si nos actions (l'effet) sont, elles aussi, imprimées dans ces archives, ce sont nos pensées (la cause) qui en sont responsables, et c'est sur cette base que nous devrons en subir les conséquences spirituelles. Le criminel qui a l'intention bien déterminée de commettre un crime, et qui, pour une raison quelconque, ne réussit pas à accomplir son acte, n'aura pas à craindre la justice humaine, mais il aura à répondre de sa pensée devant la justice divine. Même s'il n'a pu en produire la manifestation physique, celle-ci est déjà imprimée dans les archives, et la négativité ainsi engendrée, a déjà causé plus de dommages que l'acte lui-même. Par ailleurs, une personne qui en tue une autre dans un accès de folie colérique, pour ensuite regretter amèrement son acte, aura sans doute à subir la justice des hommes, mais il n'aura pas à craindre la justice divine, car Dieu est miséricordieux, et il sait lire dans le coeur de tous Ses enfants. Ainsi, même si certains croient que l'avortement est un crime, il est sans grande conséquence dans les royaumes spirituels, car Dieu voit dans le coeur de ces femmes, et elles ont toute l'éternité pour remplir leurs engagements karmiques de procréation.
Quoique d'une essence plus raffinée que celle de l'animal, le corps humain (le fétus) n'est que le vêtement que nous endossons pour faire l'expérience des mondes tridimensionnels, et il en sera ainsi, tant et aussi longtemps, que nous n'aurons pas transcendé ces mondes matériels pour redevenir, corps, âme et esprit, le Christ, l'être parfait que nous étions au début de la créativité.
C'est pourquoi, rendre une grossesse à terme, est encore moins important que le bien-être et la santé de la future mère, et il est immoral de sauver l'enfant, si cette naissance met en danger la vie de la mère. Tout cet imbroglio théologique, et ces conceptions erronées de la procréation, ont pris racine dans les anciens préjugés de l'homme concernant le rôle de la femme dans le monde, et ceci, à une époque où l'enfant mâle était beaucoup plus important que la femelle qui le portait. Ces notions barbares, et cette distorsion de la vérité, furent adroitement insérées dans les enseignements des premiers siècles, et c'est pourquoi l'Église demandait, et ce même durant la première partie de notre vingtième siècle, de sacrifier la mère pour sauver l'enfant. Il y avait, bien sûr, des médecins qui avaient le courage de ne pas se soumettre à un ordre aussi barbare, mais là encore, tout çà fait partie de l'école de la vie, et le meilleur parti à prendre est de ne jamais juger personne.
Ce qui suit offensera sans doute les âmes pieuses, mais il n'en reste pas moins vrai que l'avortement avant le quatre-vingt-dixième jour de grossesse, n'est pas plus grave que l'emploi des contraceptifs, car les deux visent le même objectif, la prévention, ou l'arrêt du processus de procréation. Ce qui est vraiment important, ce n'est pas la forme physique (le fétus), mais l'opportunité, pour un esprit, de faire l'expérience de la vie en endossant le corps physique qui lui est offert. Et, s'il arrive que ce corps physique n'est plus disponible, à cause d'une fausse couche, ou d'un avortement, le mal n'est pas grand, et l'esprit qui devait en prendre possession, n'aura qu'à attendre la prochaine opportunité. Il importe peu que cette opportunité se présente dans cent, ou dans mille ans, car, comme nous venons de le mentionner, l'âme (la totalité de toutes nos vies) a toute l'éternité pour remplir sa mission karmique de procréatrice.
Il va de soi que 'aimer son prochain,' n'a rien à voir avec l'intolérance et les jugements arbitraires de tous ceux qui participent à ces croisades, et qui tentent de faire observer ce qu'ils croient être la loi de Dieu, et qui n'est, en fait, que le fruit des conceptions erronées d'une société matérialiste. Et ce manque de charité 'chrétienne,' les conduit même à menacer la vie des gens, comme on a pu le constater avec les attentats à la bombe dirigés contre certaines cliniques d'avortement, et les nombreux piquetages qui s'y déroulent dans plusieurs états américains.
Le Canada n'échappe pas à cette vague de fanatisme. Les cliniques du Dr. Henry Morgantaler, ont reçu, et reçoivent encore, les visites répétées des groupements pro-vie, et en dépit des jugements de cour en sa faveur, on continue de le harceler sans relâche. Sans juger de la valeur intrinsèque de ce qu'il a accompli, ou du pourquoi de son implication dans cette branche spécifique de la gynécologie, il est certain que le Dr. Morgantaler a mis en lumière les difficultés énormes qu'une femme doit affronter, lorsqu'elle désire mettre un terme à une grossesse. Il faut malheureusement reconnaître que tous ses efforts pour légaliser l'avortement, ont été contrecarrés par l'opiniâtreté de l'Église et l'intolérance aveugle de ses fidèles, qui ne font, pensent-ils, qu'obéir à la loi de Dieu. C'est pourquoi, il est impérieux de comprendre que tout endoctrinement, quelqu'il soit, est dangereux, car il place les principes au-dessus de la liberté d'expression, et la religion au-dessus de l'être humain.
Personne ne s'objecte si un individu décide de subir l'ablation de la vésicule, ou d'une partie du foie, parce que son état de santé requiert cette intervention chirurgicale. Il en est de même lors d'une transplantation cardiaque, alors que tous les proches entourent le patient, et lui procure l'encouragement nécessaire pour lui permettre de passer à travers une telle épreuve.
Supposons un instant qu'il existe une loi, promulguant que le coeur est le siège de l'âme, et que personne n'a le droit d'y toucher, ou d'en altérer la structure. Qu'en serait-il des nombreux pontages et des transplantations effectuées depuis les dernières décennies? N'y aurait-il pas les attroupements habituels et les piquetages en face des hopitaux. Fort heureusement, et au grand soulagement de l'humanité, l'Église n'a pas cru bon de légiférer dans ce domaine. Pourquoi ne pas montrer la même ouverture d'esprit, lorsqu'il s'agit d'avortement? Le fétus est lui aussi l'extension de ce corps, et les raisons pour mettre fin à une grossesse peuvent être aussi importantes que celles invoquées pour une opération de la rate, ou du coeur, car la santé mentale (et physique) de la future mère, de même que le bien-être de l'enfant, dépendent très souvent de la décision qui sera prise.
Qu'avons-nous fait pour en arriver là? Qui nous donne le droit de juger du comportement des autres? Il ne faut pas chercher plus loin que dans le coeur de l'être humain, qui a mis de côté les lois universelles d'Ordre, de Balance, d'Harmonie, de Croissance, de Perception Divine, d'Amour et de Compassion, pour satisfaire son égoisme et son intolérance. Aidé en cela par la religion, la société a placé les principes au dessus du bien-être de l'individu, lequel, de sa propre initiative, ou celle des autres, en vient à renoncer à sa liberté d'expression, et devient prisonnier de ces mêmes principes, qui devaient, semble-t-il, le libérer. La loi de cause et d'effet n'est, certes pas, étrangère à tout ceci, et là comme dans toute autre activité humaine, on récolte vraiment ce qu'on a semé. Ainsi, le violeur d'hier peut devenir la violée d'aujourd'hui, et l'intolérant d'aujourd'hui, se retrouver victime des mouvements pro-vie de demain. C'est ainsi que, rétablissant l'équilibre cosmique de l'univers, la loi s'accomplit.
Toutes les expériences de vie sont valables, et celle de l'avortement ne fait pas exception. On semble croire que la femme qui met fin à sa grossesse, le fait de gaieté de coeur. Rares sont les femmes qui décident d'un avortement à la légère, et certaines d'entre elles en subissent les séquelles toute leur vie. Au lieu de les traumatiser, la société devrait leur apporter le réconfort et les moyens nécessaires pour passer à travers une telle épreuve. Non seulement doit-elle surmonter l'angoisse et le doute qui se sont emparés d'elle, mais encore, elle doit subir les pressions sociales et religieuses de son entourage, pressions qui sont, très souvent, la cause du traumatisme qu'elle ressent après un avortement.
Et pendant que les mouvements pro-vie s'inquiètent du sort d'un fétus, qui est, tant et aussi longtemps qu'il est dans le corps de la future mère, un organisme 'dépendant', qui ne vit que parce qu'elle vit, et qui n'a de sensations que celles qu'elle lui procure, qu'en est-il du sort de tous les enfants qui sont déjà nés? Que fait-on pour tous ces orphelins qui n'ont ni père ni mère, et tous ces enfants molestés qui se demandent pourquoi ils ont vu le jour? Et que dire des victimes de viol, des femmes battues et de toutes ces personnes agées qui sont seules, et qui ont peine à joindre les deux bouts? Ne sont-ce pas, là, des causes dignes d'attention? Tous ces gens, qui se sentent responsables des autres, au point de les priver de leur liberté de conscience et d'expression, tous ces chrétiens qui voient leur Dieu, comme ils se voient eux-mêmes, intolérants et impitoyables, feraient bien de s'attaquer à de justes causes, plutôt que de se battre contre des moulins à vent, et pour des principes établis par les hommes, alors que les véritables principes spirituels reposent sur l'individualité de l'être et sa relation avec son Dieu.
Tous, nous avons pleine et entière liberté d'expression. NOUS SOMMES DES ETRES LIBRES! Est-ce assez clair? N'est-ce pas la simplicité dans sa forme la plus pure. Et cette liberté d'expression s'applique également au fétus car, aussi longtemps qu'il demeure dans le corps de la mère, il est, tout comme le coeur, ou les poumons, partie intrinsèque de ce corps, et celle-ci a le droit absolu de mener à bien sa grossesse, ou d'y mettre fin. Et comme nous l'avons mentionné plus tôt, qui sommes-nous pour juger des circonstances atténuantes qui entourent toute condition de vie?
Et là encore, on peut se référer à ce que Jésus répétait si souvent: "Ne jugez pas si vous ne voulez pas être jugé!" Et il serait bon d'ajouter que, même si une expérience aussi traumatique (l'avortement) fait partie du processus, ou de l'expérience karmique de la future mère, il est absolument certain que l'angoisse, les doutes et la culpabilité qu'elle ressent, à cause des limitations que l'Église, et ces groupes, lui imposent, pèseront lourdement dans la balance karmique de tous ces individus, dans la poursuite de ce qu'ils considèrent, une croisade pour la vie.
Et cette croisade n'a pas plus de valeur que les croisades du passé, alors que ceux qui se disaient chrétiens, tuaient, sans merci, des milliers d'infidèles et de musulmans au nom de Jésus qui, pourtant, nous enseignait de nous aimer les uns les autres, et non seulement notre voisin, mais tous nos frères et soeurs de la terre, en leur laissant pleine et entière liberté d'expression. Détruire l'esprit et l'âme de l'individu, est encore plus grave que détruire son corps, car le corps est transitoire, mais l'esprit demeure éternellement, et peut en subir les conséquences durant des siècles, et même des millénaires. Tous les enseignements ésotériques visent le même but: la suprématie de l'être humain en tant que co-créateur avec Dieu, et son droit divin d'être le maître de sa propre destinée.
Il est étonnant de constater que certaines personnes qui, ayant eu recours à l'avortement, avaient pu reprendre une vie normale et libre de toute contrainte, ont changé du tout au tout, après être devenues membre d'une secte chrétienne. Aidée en cela par un endoctrinement puéril, , elles se sentent soudain prises de remords, se culpabilisant et tentant de culpabiliser, toutes celles qui, comme elles, ont eu le courage de prendre elles-mêmes leur propre décision. N'étaient-elles pas chrétiennes auparavant? Et si elles ne se sentaient pas coupables avant d'adhérer à un groupe, pourquoi le seraient-elles maintenant? Et si elles étaient tolérantes auparavant, pourquoi seraient-elles devenues intolérantes, maintenant qu'elles font partie de ce groupe? Et que font-elles de l'amour et de la compassion? Est-ce que ce sont des mots qu'elles lisent dans la Bible, et balaient sous le tapis, dès qu'elles voient que d'autres ne se conforment pas à ce qu'elles croient 'maintenant' être la Volonté Divine?
Et tout cela, parce qu'un pasteur ignorant, ou un prêtre, ou la société, les a convaincues que la Bible condamne l'avortement, et que mettre fin à une grossesse, c'était, ni plus ni moins, tuer un être vivant. Tout cela parce que, dans leur incompréhension de la vie, ils n'ont pas réalisé que l'esprit est le maître absolu du corps dans lequel il s'est réincarné, et qu'il est le seul juge des actes que ce corps doit poser lors de ses expériences de vie. Tous ces nouveaux 'chrétiens' , et tous les autres qui pratiquent encore la religion de leurs ancètres, suivent, bien entendu, leur propre voie spirituelle, et ils ont droit (comme nous tous) à leurs principes, tant et aussi longtemps que ces principes s'appliquent à eux-mêmes. Toutefois, ils ne peuvent, en aucune façon, imposer aux autres leurs propres idéaux de vie. S'ils désirent suivre les traces du Maître, ils se doivent de vivre selon ses enseignements. , et ces enseignements ne vont certes pas dans le sens des mouvements pro-vie.
Malheureuses celles qui seront enceintes et qui allaiteront en ces jours-là, car il y aura grande détresse dans le pays, et colère contre ces gens. [Luc 21:23]
Jusqu'au milieu de ce siècle, personne n'était en mesure de comprendre la signification de ces paroles de Jésus, mais les dernières décennies les ont projetées dans l'actualité, et, comme une averse de grêle, elles cinglent l'âme de tous ceux qui ont oublié le sens véritable de l'amour et de la compassion. C'est, en effet, terrible pour toutes ces femmes, qui ont à vivre les épreuves d'une grossesse non désirée et la colère et les insultes de ceux qui se disent chrétiens. Ce qui se produit maintenant dans le cas de l'avortement, peut très bien se produire dans le cas de celles qui ont encore un enfant au biberon, et le temps n'est peu-être pas loin où, tel que prophétisé, cette atteinte à la liberté d'expression de la femme s'étendra aux enfants nouveaux-nés. La grande détresse est déjà parmi nous, et, l'une après l'autre, chaque révélation est un avertissement, un présage d'épreuves à venir et de désastres imminents.
Même si ce n'est pas la meilleure voie à suivre, l'avortement n'est pas le crime abominable que la religion nous a enseigné de croire. Pour de nombreuses femmes, l'avortement n'est que le moyen d'éviter un plus grand mal (songez à tous les enfants molestés dans le monde), et leur choix est encore plus sage, que le choix de celles qui, prisonnières de leurs principes religieux, acceptent de mettre au monde un enfant non désiré, qui paiera peut-être le prix d'un tel sacrifice, et en sera, éventuellement, la victime. Tout ceci ne veut pas dire qu'il faut encourager l'avortement. C'est une question de choix, et ce choix doit être fait par la personne concernée, en l'occurrence, la future mère.
Donner naissance à un enfant est la réalisation ultime dans le processus de créativité. C'est une manifestation de générosité, et un tel geste dénote une véritable compréhension du processus évolutif de la vie, par lequel l'homme et la femme se reproduisent, devenant ainsi les instigateurs de leur propre cheminement réincarnationnel. Mais nous appuyons sur le fait que c'est le choix personnel de la mère, de décider de la direction à prendre, et, seule, elle jugera des raisons et des circonstances atténuantes qui la force à choisir l'avortement. L'âge, la pauvreté, l'état de santé physique ou mental, la peur, les relations familiales, et, bien sûr, une famille déjà nombreuse, ne sont que quelques-unes des raisons, toutes aussi valables les unes que les autres, pour mettre fin à une grossesse, car tout cela fait partie d'un processus karmique qui n'a rien à voir avec les lois civiles ou religieuses. Mais, quelque soient les raisons, elles doivent être soupesées d'une manière rationnelle, sans aucune contrainte, ou influence extérieure. Laissant de côté toute idée préconçue de ce qui est bien ou mal, la future mère pèsera le pour et le contre de sa décision, en toute simplicité et sincérité, sans s'occuper de l'opinion des autres. Quelque qu'elle soit, cette décision sera jugée, non pas selon les lois civiles ou religieuses, mais sur la base de ses propres sentiments, et de ses propres perceptions des lois immuables d'Ordre, de Balance, d'Harmonie, de Croissance, de Perception Divine, d'Amour et de Compassion. Ce sont là les sept lois qui gouvernent notre monde tridimensionnel, et ce n'est qu'en obéissant à ces lois, que nous serons en mesure de percer le voile de la matérialité, qui cache à nos yeux la grandeur et la beauté de l'univers infini de Dieu.