Avant-Propos

Au cours des siècles, aucune guerre ne fut plus dévastatrice que la Seconde Guerre Mondiale. Événement rare dans l’histoire, les pays démocratiques du monde se sont alors unis contre la tyrannie et le despotisme de trois pays, l’Allemagne, l’Italie et le Japon, qui avaient fait le pacte de conquérir le monde.
Pour la première fois, et tel que Nostradamus l’a vu dans ses visions, une opération majeure de la Seconde Guerre Mondiale, la Campagne d’Italie, est racontée du commencement à la fin, quoique de manière fragmentaire, tout comme l’archéologue qui reconstitue un parchemin dont certains passages ont été oblitérés par le temps.
De tous les prophètes qui se sont incarnés sur terre, Nostradamus est celui dont les prophéties sont les plus détaillées. En fait, c’est la première fois qu’un événement complet de cette envergure est raconté des siècles à l'avance, avec une exactitude qui égale très souvent celle des livres d’histoire.
Cette interprétation ouvre la porte sur une page d’histoire qui plongea l’Italie dans une des épopées les plus sanglantes de la Seconde Guerre Mondiale.



Hitler naquit le 20 avril 1889, à Braunau-am-Inn, en Autriche. Fils d’un officier des douanes, il ne compléta pas ses études supérieures et devint, en quelque sorte, autodidacte. Lisant avidement tout ce qui lui tombait sous la main, il développa très tôt une attitude antisémite qui allait plus tard faire de lui l’homme le plus abhorré de la planète. Ayant pris du service dans les forces armées bavaroises, il ne fut jamais qu’un bon soldat. Il n’avait pas, selon ses supérieurs, les qualités requises pour commander. Après la défaite de 1918, il fut enfin promu officier, mais en septembre 1919, il joignit le parti National Socialiste [nazi] et devint très tôt l’un de ses plus ardents défenseurs. Communiquant sa haine raciale et son mépris de la démocratie, il acquit une notoriété qui attira l’attention de la classe dirigeante et des hommes d’affaires.
En 1929, à l’occasion d’un soulèvement, il se proclama chancelier d’Allemagne, mais le coup avorta et Hitler fut condamné à 5 ans de prison. Libéré après seulement huit mois de peine, il avait eu le temps d’écrire Mein Kampf, une sorte de credo qui aurait du effrayer le peuple qu’il prétendait vouloir servir. C’est durant la grande dépression de 1929 qu’il put enfin faire accepter les convictions antisémites, qui l’ont conduit à sacrifier six millions de juifs à la cause nazie. Brandissant le spectre de la peur, il convainquit de nombreux allemands que cette dépression était, en fait, un complot des juifs et des communistes. Avec la promesse d’une Allemagne plus forte et d’une économie relancée, son parti réussit à obtenir 107 sièges aux élections de 1930.
Croyant qu’il serait facilement manipulable, les hommes d’affaires allemands facilitèrent son ascension et il fut élu chancelier de l’Allemagne en 1933. Un dictateur et un monstre venaient de naître. Une série de mesures extrêmes permit à Hitler de nazifier toute la structure législative, politique et économique de son pays, limitant à une seule union toute la force ouvrière de l’Allemagne, et octroyant tous les postes-clé du gouvernement et de l’économie à ceux qui étaient loyals au parti nazi. La Gestapo était née et avec elle, l’instrument de la plus horrible répression de l’humanité, mis à part l’Inquisition de l’Église catholique au temps de Nostradamus. Tout était maintenant en place pour la prochaine étape: la conquête du monde.
On pourrait croire que la Seconde Guerre Mondiale fut le fait d’un seul homme, Hitler, et d’une seule faction allemande, les nazis, mais rien n’est plus loin de la vérité. En fait, Hitler est le sous-produit de son peuple et la conviction qu’il avait de sa mission, de même que sa capacité de soulever les masses, en a fait, à une période de l’histoire de son pays, le maître-d’oeuvre des aspirations profondes d’une grande partie du peuple germanique. Loin d’être le jouet des hommes d’affaires, le Fuhrer se servit de ceux-ci pour consolider son emprise sur le secteur économique et se construire ainsi une formidable armée dotée des armes les plus sophistiquées de cette époque, dont la fameuse fusée V-2 qui allait mettre Londres à feu et à sang.
Lorsqu’un qu’un événement de l’envergure de la Seconde Guerre Mondiale se produit, personne ne peut s’en laver les mains et mettre le blâme sur un seul individu ou un seul groupe. Il ne faut pas oublier que, si Hitler avait gagné la Seconde Guerre Mondiale, la réaction des individus, des groupes ou des pays aurait été toute autre. Le procès de Nuremberg aurait sans doute eu lieu, mais les roles auraient été inversés. Au tout début de cette même guerre, avant même qu’elle ne devienne un conflit mondial, certains pays, dont les États-Unis, la France, l’Angleterre, regardaient d’un oeil indifférent et parfois même approbateur, la montée au pouvoir des nazis et la poussée expansionniste du Troisième Reich qui envahissait et annexait, un à un, les petits pays limitrophes, prélude à la conquête de l’Europe. En fait, la coalition des pays démocratiques du monde ne vit le jour, que lorsque chacune des grandes puissances impliquées, l’Angleterre, la France et les États-Unis, fut à son tour attaquée sur son propre sol et forcée de déclarer la guerre à l’Allemagne, l’Italie et le Japon.
Hitler fut un dictateur impitoyable et un monstre d’égoisme. Il justifiait tous ses actes sous le couvert d’un patriotisme hypocrite et d’un nationalisme à outrance qui laissait peu de place à l’amour et la compréhension qui devrait exister entre tous les êtres humains, quelque soit leur race, leur couleur ou leur croyance. Il fut, en même temps, comme je viens de le dire, le sous-produit de son peuple. A sa naissance, le futur Fuhrer avait, en lui, le potentiel pour devenir un chef dont l’Allemagne aurait pu être fier, de même que celui d’être le tyran sanguinaire qu’il est devenu. Il a grandi dans un environnement, [l’Allemagne du 20è siècle], lequel, de par sa structure économique et sociale, n’a pu subjuguer, chez l’enfant, et plus tard, l’adolescent et l’adulte, les instincts qui ont fait de lui le monstre que la planète entière abhorre encore aujhourd’hui, alors que, d’un point de vue karmique, elle devrait abhorrer ce qu’elle a fait de lui. L’humanité n’a pas encore appris sa leçon. Elle n’a pas appris à tendre l’autre joue. L’esprit de vengeance ronge le coeur de l’être humain, et c’est pourquoi de petites et de grandes guerres ont éclaté et éclatent encore sur une planète qui a tout pour rendre l’homme heureux.
Né à Prédappio en Italie, le 29 juillet 1883, Mussolini a, lui aussi, suivi un cheminement similaire à celui de Hitler. Tous deux étaient des activistes convaincus, mais alors que Hitler se servit de la machine politique pour arriver à ses fins, Mussolini se servit des syndicats pour fomenter sa révolution fasciste et arriver au pouvoir. Dès sa plus tendre enfance, le futur ‘Duce’ fut exposé à un régime politique et économique de corruption où les impots s’accumulaient, et où le petit peuple devait subir les conséquences des excès de ceux qu’ils avaient élus pour les diriger. Tout comme Hitler en Allemagne, il est le sous-produit des italiens de son époque qui toléraient le système de corruption dans lequel il fut plongé dès le jeune âge. Lui aussi aurait pu devenir un chef dont son pays aurait été fier. Hélas, l’élite de la société italienne était aussi corrompue que celle de l’Allemagne, et comme son homologue allemand, Mussolini grandit dans cette ambiance de décadence et de corruption.
La ville de Milan fut un terrain fertile pour l’ambition du futur ‘duce’. ’Les syndicats étaient très actifs dans tout le pays, et aussi tôt que 1913, les grèves éclataient dans les grandes villes. Dès le début, la ville de Milan devint le symbole de la lutte des classes et le porte-parole, en quelque sorte, du syndicalisme italien. D’abord éditeur de l’Aventi!, journal du Parti Socialiste, Mussolini prit ses distances du parti et devint, très tôt et tout comme Hitler, un dissident avec lequel il fallait compter. Exclus du parti, il décida de fonder son propre journal. Après de nombreux déboires, [il fut même emprisonné], il fonde, avec quelques fidèles, le parti fasciste italien. A l’élection de 1919, il se présente avec ses candidats pour le parti fasciste, mais il est battu à plate couture par les socialistes.
L’heure de Mussolini est pourtant proche, et en mai 1921, il devient député, puis le 27 octobre 1922, une marche sur Rome pour déposer le gouvernement existant réussit, et sous la pression des associations agricoles et bancaires, et même de sénateurs, le roi est forcé de leur offrir, à lui et son parti, de former le nouveau gouvernement italien. Une nouvelle Rome pour un nouveau César: l’Italie fasciste de Mussolini.
Après dix ans d’une paix relative, au cours de laquelle Mussolini raffermit son pouvoir et son emprise sur l’Italie, l’ombre de la guerre apparut et le ‘Duce’ se montra sous son vrai jour, celui d’un homme assoiffé de pouvoir et de conquête. En février 1935, suivant les traces de Hitler et avec l’assentiment tacite de la France, il envahit l’Éthiopie, première d’une série de conquêtes qui le conduiront, toujours plus assoiffé de pouvoir, à se joindre en septembre 1940, à l’Allemagne ( à laquelle il était depuis un certain temps associé) et au Japon, pour former l’AXE de la Seconde Guerre Mondiale.
La guerre d’Italie fut, à mon avis, le pivot central de la Seconde guerre Mondiale. Mussolini fut celui qui Le premier grand débarquement de la guerre eut lieu sur son sol, et l’Italie devint, en fait, la cause de la plus grande déception de Hitler: non seulement perdit-il ce pays en tant qu’allié, mais encore les Italiens se joignirent à la coalition alliée dans sa lutte contre l’envahisseur allemand. Cette volte-face des italiens donna un avantage marqué aux forces alliées et permit à celles-ci de conquérir beaucoup plus facilement toutes les villes que les armées allemandes occupaient. Mais c’est surtout le moral des troupes allemandes d’Italie qui fut le plus touché, et, par ricochet, influença le moral des autres armées qui combattaient partout en Europe. Lorsque, en mai 1945, les armées hitlériennes furent finalement chassées de l’Italie, la guerre était presque terminée. Partout en Europe, les pays étaient libérés, les uns après les autres, par les troupes alliées, et les occupants chassés et poursuivis jusqu’en Allemagne, qui subissait maintenant le sort qu’elle avait réservé à tous les pays qu’elle avait occupés.
Ces prophéties n’ont pas été écrites pour le plaisir du lecteur, mais bien plutôt pour son éducation. Elles sont, en fait, un défi à l’humanité, un rappel que la guerre, d’où qu’elle vienne et pour quelque raison que ce soit, est une abomination. Il n’y a aucune excuse aux pertes de vie que les guerres engendrent, non plus qu’il n’y a d’excuse aux nombreuses destructions qui se sont produites tout au long de la Seconde Guerre Mondiale.
Aujourd’hui, nous avons les Nations Unies dont le rôle fut, tout d’abord, de voir au maintien de la paix dans le monde. Toutefois, l’humanité n’a pas encore appris sa leçon: de même qu’on ne peut éduquer un enfant qui se bat constamment en le battant ou en le maltraitant, on ne peut apporter la paix dans un pays en y envoyant des troupes armées. Le rôle des Nations Unies devrait être un rôle uniquement diplomatique. L’usage des armes est un incitatif beaucoup plus qu’une force de dissuasion et les pays membres auraient dû s’en rendre compte depuis longtemps.
Ghandi a démontré que la plus grande force de dissuation sera toujours la non-violence et tous ceux qui prônent l’usage des armes font le jeu des fabricants d’armes et des exploiteurs de l’humanité.
Nostradamus a relaté la Guerre d’Italie telle qu’elle lui fut montrée dans ses visions et je la raconte telle que je la visualise à travers les quatrains du prophète. D’aucuns objecteront que certains des événements pourraient tout aussi bien s’appliquer à une Troisième Guerre Mondiale mais, comme je l’ai mentionné au début de ce livre, les quatrains que l’on attribue généralement à une Troisième Guerre Mondiale racontent les deux grandes guerres mondiales de notre siècle.
Puisse la relation de cet événement par le prophète du 16è siècle, convaincre les plus sceptiques de l’authenticité et de la véracité des prophéties. Puisse cette interprétation ouvrir la voie au dévoilement des événements futurs que Nostradamus a si subtilement voilé dans ces quatrains que des interprètes de tous les pays ont vainement tenté de déchiffrer depuis 400 ans.