Enseignements de la Nouvelle Renaissance
Enseignements de la Nouvelle Renaissance



Avant-Propos

Mis à part les Évangiles, il existe très peu d'écrits concernant la vie de Jésus et les événements qui ont entouré sa crucifixion. Le présent exposé tente de clarifier certains faits du Nouveau Testament concernant la naissance du Maître et, par le fait même, de détruire le Veau d'Or que l'Église a érigé en son honneur.

Jésus vint en ce monde afin de montrer à une humanité sceptique, qu'un homme de chair et d'os, né d'un père et d'une mère, et selon les lois de création et de procréation, pouvait devenir un Christ, un véritable fils de Dieu; que nous, ses frères et soeurs, avions le même droit, en tant que fils et filles de l'Énergie Créatrice de toute vie.

Jésus nous a montré le chemin, devenant ainsi le Christ, le premier des Enfants Prodigues à retrouver le chemin du Royaume.

Jésus, Homme et Prophète

Tant de choses ont été dites sur la naissance et la vie de Jésus, qu'il semble superflu d'y ajouter quelque chose. Et pourtant, nous tenterons de faire la lumière sur un événement qui a semé la controverse et suscité des querelles et des guerres de religion dans le monde. L'orthodoxie et les dogmes ont divisé l'humanité depuis des millénaires, et il en sera ainsi, tant que nous n'aurons pas réalisé que, vivant dans le même univers, nous avons tous le même Dieu.

Nous tenterons de démontrer que, vue dans sa véritable perspective, l'immaculée conception de Jésus fut, en fait, la manifestation, sous forme humaine, d'un esprit pur et sans tache et sa transformation divine et christique qui devint le triomphe de l'être humain sur la matérialité. Nous démontrerons également que Jésus était au-dessus des considérations matérielles et des aspirations des Juifs en tant que peuple. Et, même s'il vécut durant une période de troubles et de révolution, il se garda bien d'intervenir dans les intrigues politiques de ses contemporains.

Enfin, nous soulèverons la question de la crucifixion, et à la lumière de ses enseignements, nous tenterons de déterminer si, oui ou non, le rôle de Sauveur, tel que compris par l'Église, s'intègre dans la vie et les enseignements de Jésus.

On raconte dans les Évangiles, que Jésus, le fils de Joseph et Marie, fut conçu avant que ses parents aient consommé leur union, et que Marie devint enceinte alors qu'elle était encore vierge. Cette croyance, dont on a fait un dogme de l'Église, a été le sujet d'innombrables discussions et d'écrits au cours des siècles. Elle fut également remise en question par de nombreux penseurs, philosophes et théologiens de tous les temps. Et ici, il n'est pas seulement question de sémantique, mais bien de véritable rectification, car la manière et le processus par lequel l'esprit de Jésus se réincarna sur terre une fois de plus, sont intimement liés à l'objectif divin de sa mission terrestre.

Afin de faire la lumière sur ce qui, dans la société puritaine de Nazareth et Bethléem, aurait pu être considéré comme un événement plutôt étrange, nous allons tenter de réconcilier les événements entourant la naissance de Jésus avec l'atmosphère sociale, religieuse et politique de cette époque.

Tout d'abord, parce qu'elle n'avait pas compris le sens ésotérique d'une Conception Immaculée, et à cause de ses idées préconçues concernant le sexe, l'Église a mis en évidence la Conception physique [immaculée] de Jésus, et établi un système idolâtre de croyances autour de sa naissance. Il est important, bien sûr, de clarifier le concept d'une conception immaculée, mais il est encore plus important de bien souligner le fait que Jésus est venu dans le monde par le processus normal de procréation, c'est-à-dire, l'interaction physique sexuelle entre Joseph et Marie. Une telle théorie est plus en accord avec l'objectif de sa mission dans le monde, non pas en tant que Fils Unique de Dieu, (de droit divin, nous sommes tous Fils et Filles de Dieu) mais,bien plutôt, en tant que Maître et enseignant, qui a accepté cette mission, afin de nous faire découvrir les vérités spirituelles, et nous montrer, par son exemple, que la mort n'existe pas, et que chacun d'entre nous peut devenir un Christ, un véritable Fils de Dieu.

La croyance, que Jésus est né sans qu'il y eut interaction physique entre Joseph et Marie, découle d'un concept matérialiste du mot immaculé. L'évangile de Luc nous raconte l'apparition de l'ange à Marie:

Le sixième mois, l'Ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth, à une jeune fille accordée en mariage à un homme nommé Joseph, de la famille de David: cette jeune fille s'appelait Marie. L'ange entra auprès d'elle et lui dit: 'Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du Très Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père, il règnera pour toujours sur la famille de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. Et Marie dit à l'ange: "Comment cela se fera-t-il, puisque je suis vierge? (Luke 1: 29-34)

Dans le contexte des événements qui se sont produits, cette réponse de Marie est puérile et illogique, car elle était déjà fiançée à Joseph et sur le point de le prendre pour époux. Pourquoi aurait-elle demandé une telle question, alors que l'ange, annoncant tout simplement la naissance, n'avait fait aucune allusion à la conception elle-même, et lui apprenait tout simplement qu'elle allait devenir enceinte, ce qui était tout à fait normal. Elle était sur le point de se marier, et devait tout de même avoir quelques notions sur le sexe et la procréation. On peut voir, dans cet extrait, que le récit manque de clarté, ce qui porte à croire que les traducteurs des écrits bibliques ont, volontairement ou involontairement, rayé et modifié certains passages du texte, afin de les rendre conforme à la nouvelle image de l'Église que le 5e concile de Contantinople venait d'offrir à la chrétienté en l'an 553 de notre ère.

L'évangile de Matthieu place cet événement dans une toute autre perspective, et nous fait part des inquiétudes de Joseph:

Voici quelle fut l'origine de Jésus-Christ. Marie, sa mère était accordée en mariage à Joseph: or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par le fait de l'Esprit-Saint. Joseph, qui était un homme juste et ne voulait pas la diffamer publiquement, résolut de la répudier secrètement. Il avait formé ce projet, et voici que l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit: 'Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi, Marie, ton (épouse). Ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint, et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera le peuple de ses péchés.' (Matt: 1: 20-21)

Là encore, on s'aperçoit que le récit est inconsistant avec la réalité historique. Si on se replace dans le contexte de cette période, l'histoire des juifs avait pour toile de fond la venue d'un Messie, et toutes les juives 'mariées' de Nazareth, Bethléem et d'ailleurs en Galilée, qui attendaient un enfant, espéraient que celui-ci serait le Messie tant annoncé. Imaginez un peu leur réaction à l'annonce que Marie, fiancée, il est vrai, mais encore célibataire, était enceinte du Messie. La société puritaine de cette époque n'aurait tout simplement pas accepté une fille-mère, et encore moins que celle-ci devienne la mère du Messie. La rigidité de la loi juive était telle que, nonobstant son mariage prochain, Marie aurait été, si non maltraitée, à tout le moins mise à l'écart de la société. Son état aurait apporté le déshonneur à toute sa famille, son fils Jésus aurait subi les quolibets des enfants de son âge, et le statut de 'batard' aurait été un handicap, même durant son ministère.

Et pourtant, rien dans la Bible ne laisse supposer que Marie fut le moindrement importunée, et par son entourage, et par les prêtres de la synagogue. Hormis le fait qu'elle fut spécialement soulignée par les Mages, la naissance de Jésus ne fut pas différente des autres naissances qui eurent lieu à ce moment-là. Hérode lui-même n'en savait rien, et il n'entendit parler de Jésus que lorsque les Mages arrivèrent de l'Orient, et s'enquérirent du lieu de naissance de l'enfant. Bien sûr, sa famille et ses proches étaient au courant de la visite de l'ange, mais jusqu'au jour où il se manifesta pour la première fois dans le temple à l'âge de douze ans, personne ne croyait vraiment qu'il était le Messie. Sa mère elle-même fut étonnée de le retrouver au milieu des prêtres du temple, et c'est d'ailleurs pourquoi Jésus lui répondit:
Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas que je dois m'occuper des choses de mon Père? [Luc 2: 49]

Les récits de Luc et Matthieu ne tiennent pas compte de la réalité historique des moeurs et coutumes du temps de Jésus, et, tel qu'il est raconté, l'événement de la naissance se produit dans un contexte qui ne cadre pas avec l'intransigeance et l'intolérance des juifs de cette période. Ainsi donc, il semble beaucoup logique de croire que, pour des raisons apparentes, l'Église a voulu voiler de mystère et embellir quelque peu une naissance qui était tout à fait naturelle et selon le processus de procréation, c'est-à-dire, l'acte sexuel entre Joseph et Marie. Et pourtant, si nous faisons abstraction de toute considération religieuse, nous constatons qu'une naissance naturelle est beaucoup plus plausible qu'une naissance à laquelle Joseph n'aurait pas contribué, car ainsi, les lois naturelles, de même que les lois religieuses et sociales, sont respectées et accomplies. Il est certain que Jésus fut conçu d'une maniêre toute spéciale, mais toujours dans le contexte d'un enfantement normal, conséquence d'une interaction sexuelle entre Joseph et Marie.

Un point qui demeure en suspens est le fait que Marie eut plusieurs enfants, ce qui est d'ailleurs confirmé dans l'évangile de Marc: Etant venu dans sa patrie, il enseignait les habitants dans leur synagogue, de telle façon que, frappés d'étonnement ils disaient: 'D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles? N'est-ce pas le fils du charpentier? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie, et ses freres, Jacques, Joseph, Simon et Jude? Et ses soeurs ne sont-elles pas toutes chez nous? D'où lui vient donc tout cela? [Marc 6:3]
Tout cela, bien sûr, complique l'histoire qui ne dit malheureusement pas si Joseph était le père des autres enfants, ou si Jésus était l'ainé ou le benjamin de la famille. Si on analyse tous les fragments d'information que l'on retrouve ici et là, un scénario émerge, qui pourrait faire la lumière sur cette interaction divine et combler certaines lacunes des évangiles. En effet, il reste toujours cette question de Marie à l'ange: 'Comment cela se fera-t-il puisque je suis vierge?' Or nous avons vu précédemment que cette réponse ne faisait pas de sens puisqu'elle était fiancée à Joseph. Et si le mot 'vierge' n'est pas le bon mot ou la bonne traduction, quel est ce mot qui se retrouvait dans les écrits originaux des premiers siècles? Marie a pu très bien dire 'comment cela se fera-t-il puisque je ne peux plus avoir d'enfants?' ou encore, comment cela se fera-t-il puisque mon futur époux est [impotent] trop vieux? Or, il semble que Joseph mourut de vieillesse alors que Jésus était encore adolescent, et que Marie survécut à Jésus qui était âgé de 33 ans lors de sa crucifixion. La véritable réponse de Marie serait donc 'Comment cela se fera-t-il puisque mon futur époux est impotent?' Si on accepte cette dernière hypothèse, le scénario pourrait être celui-ci:
Marie, demeurée veuve avec plusieurs enfants, rencontre le charpentier Joseph, déjà avancé en âge. Peu après les fiançailles, un ange lui apparait et lui annonce qu'elle mettra au monde un enfant. Étonnée, celle-ci lui demande comment cela se fera, car son futur époux est trop vieux [ou impotent] et ne peut concevoir. Et l'ange lui répond qu'elle recevra l'aide de l'Esprit-Saint, c'est-à-dire que, malgré l'impotence de Joseph et avec l'aide du Saint Esprit, il leur sera possible de concevoir de manière naturelle. Lorsque Marie lui annonce cette future grossesse. Se sachant impotent, Joseph a des doutes. Il se dit que Marie est peut-être déjà enceinte et et pense même à la répudier, mais, en songe, un ange lui confirme qu'il sera le père de l'enfant et le mariage se fait tel que prévu.

A l'appui de cette théorie, on dit dans l.évangile que Marie rendit visite à sa cousine [parente] Élisabeth afin de lui annoncer la nouvelle. Or, Élisabeth était elle-même très âgée lorsqu'elle conçut Jean-Baptiste, et on peut supposer que, étant cousine et non nièce, Marie ne devait pas avoir une telle différence d'âge avec celle-ci. Ainsi donc, l'intervention divine se serait produite de la même façon pour les deux enfantements, celui de Jean-Baptiste et celui de Jésus, et personne ne mit en doute la paternité de Zacharias et de Joseph. De plus, on parle très peu des frères et soeurs de Jésus dans les évangiles, et cela pourrait confirmer la thèse de 'remariage' que nous venons d'émettre, alors que Jésus devient leur très jeune demi-frère, un demi-frère qu'ils avaient de la difficulté à comprendre, à cause des dons précoces qu'il manifestait et des idées nouvelles qu'il répandait autour de lui. Ceci n'est, bien sr, qu'une thorie, et il serait sans doute beaucoup plus simple de supposer que Joseph et Marie se sont rencontrs, et qu'aprs une priode de frquentation, il se sont maris selon les rites de la loi juive. De ce mariage naquit Jsus, dont la naissance avait t annonc par l'ange et, par la suite plusieurs frres et soeurs s'ajoutrent ce noyau familial de Nazareth.

Ainsi,que Jsus et Jean Baptister aient t conus par interventiopn divine ou de manire tout fait naturelle, il n'en demeure pas moins vrai que leur conception suivit la voie normale, et fut le résultat de relations sexuelles normales entre un homme et une femme. Ceci est beaucoup plus en conformité avec les coutumes et les croyances religieuses du peuple juif, qui pourrait avoir trouvé crédible qu'un homme, considéré comme impotent, puisse féconder une femme, et cela même s'il y eut intervention divine, mais tout à fait incroyable qu'une femme puisse devenir enceinte sans insémination, ce qui, en dépit de sa vision de l'ange, aurait certainement jeté des doutes sur la pureté de Marie. Il ne faut pas oublier que l'ange n'est apparu qu'à Marie, Zacharias et Joseph, et il n'est pas dit qu'ils furent cru sur parole. Qiconque a étudié les moeurs et coutumes du temps de Jésus comprendra que Joseph et Marie ne furent pas ovationnés lorsqu'ils annoncèrent la venue de Jésus-Messie, et il est fort à parier que les gens de son village et des villes avoisinantes se disaient entre eux: 'Encore une autre qui se prend pour la mère du Messie!

L'humanité n'a pas tellement changé depuis le temps de Jésus, et de nos jours, il serait très difficile d'admettre un procédé aussi peu orthodoxe qu'une naissance 'virginale'. On peut alors imaginer les réactions et les conséquences qu'une telle conception aurait entraînées dans la société puritaine de Nazareth et de Bethléem.

Tel était le dilemme de l'Église qui, après avoir proclamé que Jésus était l'unique Fils de Dieu, se retrouvait dans l'obligation d'admettre que celui-ci était né d'une veuve et d'un homme trop âgé pour enfanter. Elle pouvait difficilement laisser passer l'enfantement de Jean-Baptiste, mais il était impensable de raconter que l'unique Fils de Dieu était né d'un vieux et d'une veuve qui avait fait l'amour ensemble, d'autant plus que le sexe était considéré comme un mal nécessaire, et on s'imagine aisément qu'ils avaient probablement trouvé déplacé, sinon dégoutant, que des gens âgés s'adonnent encore à ces jeux.

A toutes fins pratiques, cela ne cadrait pas du tout avec la solennité et la munificence qui allait entourer les nouveaux rites. L'Église devait trouver une nouvelle façon de raconter l'histoire de la naissance. L'enfantement de Jésus par une vierge avait un aspect extraordinaire et divin, et l'Église crut qu'elle servirait mieux ainsi les intérets de la chrétienté, oubliant, dans sa hâte de redéfinir l'histoire de Jésus, que le contexte historique ne se prêtait pas à un tel scénario.

Ainsi, il semblerait que, telle que racontée, l'histoire de la Nativité n'a pas de fondement historique dans les évangiles ou ailleurs. Cette histoire fut astucieusement embellie pour entourer Jésus d'un voile de mystère, et renforcer le statut de 'Fils unique de Dieu' qu'on lui avait octroyé. Dans l'Ancien Testament, tout aussi bien que du temps de Jésus, le sexe était considéré comme un devoir strict, et même notre 20e siècle a connu ses excès de pudibonderie que les prédicateurs de tout acabit n'ont pas manqué d'exploiter. Il ne faut donc pas s'étonner que l'Église ait cru bon de soustraire 'l'unique Fils de Dieu' à un processus de procréation qu'elle considérait comme impur et parfois honteux. L'aspect physique de la conception de Jésus n'est, en fait, qu'une question de sémantique: dans une perspective cosmique de la vie, toute naissance est immaculée, et c'est plutôt l'égoïsme et l'intolérance de l'être humain qui souille la pureté d'un corps, fait à l'image et à la ressemblance de son Créateur.

Ce fut, cependant, la conception spirituelle d'un avatar, provoquée avec l'aide des forces invisibles. Il n'est donc pas question, ici, de réfuter l'immaculée conception de Jésus, mais, bien plutôt, de la replacer dans sa véritable perspective de naissance spirituelle, c'est-à-dire, que l'esprit de Jésus avait quitté les hautes sphères de la créativité, non pour des raisons karmiques, mais dans le seul but de remettre l'humanité sur le droit chemin. Il était donc libre de toute contrainte karmique lorsqu'il se manifesta dans le monde une fois de plus, et il est plus que probable que Marie suivit la même voie, même si on ne raconte pas sa naissance dans les évangiles.

Dans la doctrine de l'Église, le dogme de l'Immaculée Conception ne sert qu'à mettre en valeur la déification de Jésus et son rôle de Sauveur du monde, le plaçant ainsi au-dessus de nous tous, ce qui est contraire à son propre enseignement, lorsqu'il dit:

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui aussi les oeuvres que je fais: il en fera même de plus grandes, parce que je vais au Père. (Jean 14:12)

'Celui qui croit en moi' signifie ici 'celui qui entend mon message et le met en pratique.' Ce message est très clair: tout ce que j'ai accompli et les miracles que j'ai fait, nous dit Jésus, vous aussi, vous pouvez les faire et encore plus, car vous et moi sommes les Fils et Filles d'un même Père.

Le dictionnaire définit ainsi le mot 'immaculé, qui est sans tache de péché... qui est sans souillure morale. Si nous assumons que 'naître immaculé' signifie, sans l'acte de procréation entre l'homme et la femme, devons-nous en conclure que le processus naturel de procréation est un acte impur? Et si cela est, alors toute l'humanité est impure, et nous sommes tous dans un état de péché continuel ...ou mortel! C'est cette théorie du péché originel que l'Église a voulu exploiter, car ainsi, elle pouvait présenter à l'humanité un Fils de Dieu 'unique' et un Sauveur dont elle aurait toujours besoin jusqu'à la fin des siècles. Ainsi, aucun être humain ne pourrait sauver son âme que par l'intercession de Jésus le Christ, dont elle [l'Église] est le représentant et le maître-d'oeuvre sur terre. Aucune religion n'a eu autant d'emprise sur ses fidèles, et c'est pourquoi nous avons aujourd'hui des mouvements pro-vie dont certains membres fanatiques vont jusqu'à tuer pour défendre leur croyance.

En fait, le point que nous voulons souligner, c'est que la procréation est l'une des plus grandes manifestations d'amour de l'Énergie Créatrice que nous représentons. Elle est une expression individualisée du pouvoir divin de création, et un signe certain que nous sommes vraiment Fils et Filles de Dieu. La volonté de deux êtres, esprit, corps et âme, unis par le même désir altruiste de permettre à un esprit de faire l'expérience de la matérialité, est, et ce, indépendamment de l'âge des personnes concernées, la plus grande expression d'Amour et de Compassion qui sont, avec l'Ordre, la Balance, l'Harmonie, la Croissance et la Perception Divine, les lois immuables de l'Univers.

L'Amour est le don de soi, et donner la vie à un corps humain, dans la perspective spirituelle que cet acte désintéressé permet à un esprit de se réincarner de nouveau sur terre, nous permet de comprendre et d'apprécier notre propre rôle et notre propre expérience dans le processus évolutif de toute vie. Aucun d'entre nous ne peut blamer ses parents de l'avoir mis au monde. Le choix de naître fut le nôtre, et nos parents n'ont été que les véhicules dont nous nous sommes servis pour notre incarnation terrestre.

Ainsi, Marie et Joseph furent la voie d'accès par laquelle Jésus se manifesta dans le monde, une naissance normale dans un processus normal de procréation. Il n'existe aucune raison de croire qu'une grossesse 'surnaturelle' aurait atteint un but autre que celui de créer le doute et l'incompréhension dans l'entourage des parents de Jésus, et de s'attirer les foudres du peuple et du clergé.

En bref, le fait que Jésus naquit de père et de mère, et qu'il grandit et se développa comme tous les jeunes de son temps, est définitivement plus en conformité avec les structures sociales de ce temps-là, qu'une grossesse qui aurait pu facilement passer pour un enfantement illégitime. Et en assumant que la grossesse n'aurait pas été pas encore apparente lors de son mariage avec Joseph, il est logique de penser que ces gens savaient compter, et que la naissance plus que prématurée de l'enfant aurait soulevé de nombreuses questions.

De plus, il ne faut pas oublier que, même si certains éléments de la population, en particulier un groupe appelé les Esséniens, étaient dans l'attente du Messie, le peuple en général, et les gens de son village en particulier, voyaient la grossesse de Marie avec une certaine indifférence. Non pas qu'ils s'en fichaient, mais il y avait beaucoup de femmes enceintes en ces temps-là, comme nous en avons aujourd'hui, et Marie était tout simplement l'une de ces femmes. Le rôle de la femme était encore moins défini en ces temps-là qu'il ne l'est aujourd'hui, et la communauté mâle n'avait pas très bien saisi les enseignements de Jésus lorsqu'il affirmait que tous les êtres humains, hommes ou femmes, étaient égaux. Nombre d'entre eux considéraient le sexe comme un acte impur, et tout ce qui n'entrait pas dans le moule de leur concept de moralité, était considéré, et ce même par l'apôtre Paul, comme une 'immoralité sexuelle':

Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront pas du Royaume de Dieu. Ne vous y trompez pas! ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les pédérastes de tout genre, ni les voleurs, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les filous n'hériteront du royaume de Dieu!

Si je me fie à la parole de Jésus, 'Que celui qui est sans péché...', Paul venait d'un seul coup condamner l'humanité toute entière à l'enfer éternel! Il ne faut pas oublier que celui-ci n'avait pas connu Jésus et que même s'il a eu une vision sur le chemin de Damas, cela ne faisait pas de Paul un expert des enseignements de Jésus.

Pour vous donner une faible idée de la condition de la femme avant la venue de Jésus, considérons cet extrait de l'Ancien Testament:

Pendant qu'ils se réconfortaient, voici que les hommes de la ville, des vauriens, cernèrent la maison, frappèrent violemment contre la porte, et dirent au vieillard, propriétaire de la maison: "Fais sortir cet homme qui est entré chez toi, afin que nous le connaissions (c'est-à-dire, avoir des relations sexuelles.) Le propriétaire de la maison sortit et leur dit: "Non, mes frères je vous prie, ne commetttez pas le mal, maintenant que cet homme est entré chez moi, ne commettez pas cette infamie! Voici ma fille qui est vierge. Je vais donc la faire sortir. Abusez d'elle, et faites-lui ce que bon vous semblera. Mais envers cet homme, vous ne commettrez pas une infamie de cette sorte" Les hommes ne voulurent pas l'écouter. Alors, le lévite saisit sa concubine et la leur amena dehors. Ils la connurent (la violèrent), et la malmenèrent toute la nuit jusqu'au matin, et au lever de l'aurore, ils l'abandonnèrent. (Juges 19: 22-25)

Cet extrait n'est cité que pour démontrer que les préjugés concernant la femme, le mariage et le sexe sont enracinés dans la mémoire collective des peuples et des civilisations qui se sont succédées depuis les premiers temps de l'humanité. Le passage que vous venez de lire est un extrait de la Bible que certains considèrent comme le livre de Dieu. Ceci démontre bien que, même si la Bible est un excellent livre, elle est parsemée de préjugés et de faussetés. L'Ancien Testament était la Bible du temps de Jésus, et, tout comme aujourd'hui, les Juifs vivaient leur vie selon des préceptes erronés qu'ils considéraient comme la Parole de Dieu.

Le concept de 'oeil pour oeil, dent pour dent' faisait partie de la loi juive, laquelle exigeait également la peine de mort pour celui qui insultait son père ou sa mère, et une compensation monétaire pour le père d'une jeune fille vierge séduite par un homme. C'est dans un tel contexte que l'histoire de Jésus se situe et, même si les premiers Pères de l'Église tentaient de propager ses enseignements le plus fidèlement possible, ils subissaient, néanmoins, l'influence des rites et de l'orthodoxie de ce temps-là et des enseignements qu'on leur avait inculqués dès leur tendre enfance. A l'instar de leurs contemporains, les Apôtres, le disciple Paul et de nombreux autres disciples éprouvaient de la difficulté à comprendre et à accepter le rôle de la femme dans une société où l'homme avait entière suprématie sur ses possessions, lesquelles englobaient, bien sûr, la femme. Nombre d'entre eux considéraient le sexe comme un acte nécessaire, mais impur, un acte dont il ne fallait pas jouir. Il n'est donc pas surprenant que, considérant le sexe dans une telle perspective, un Concile des Pères de l'Église ait trouvé bon de présenter la conception de Jésus comme une conception 'immaculée', ce qui, à leurs yeux, signifiait, une conception sans intervention de l'homme dans le processus de procréation.

Il semble donc qu'un tel dogme découle du raisonnement que, étant l'Unique Fils de Dieu, Jésus ne pouvait avoir eu qu'une naissance très spéciale, ce qui est vrai, mais cette croyance fut définitivement renforcée par les préjugés et conceptions erronées de ce temps-là concernant le rôle de la femme dans le monde. C'est pourquoi on en fit une naissance 'physique' immaculée, sans se rendre compte qu'une telle naissance n'a pas servi la cause de Jésus, car il avait choisi de naître et de vivre comme tous les autres hommes, afin de montrer au monde, qu'un être humain, né d'un homme et d'une femme de chair et d'os, pouvait transcender les limitations du monde physique et, ainsi illuminé, présenter le Christ au monde en tant que Fils de Dieu.

C'est pour cette seule raison que nous avons tenté de rectifier les faits concernant la naissance de Jésus, de même que nous avons tenté de clarifier le sujet des Sacrements dont il a été question dans un chapître précédent. Loin de diminuer l'importance de ses enseignements dans l'histoire de l'humanité, le fait que Jésus fut enfanté de la même manière que chacun d'entre nous, renforce ces mêmes enseignements et les rend encore plus crédibles. Maintenant il nous est possible de comprendre ses paroles lorsqu'il disait: 'Je suis (est) le Chemin et la Vie'. Il confirmait ainsi que JE SUIS, le Christ à l'intérieur de la forme matérielle, est le Chemin et la Vie, la clé qui nous ouvre la porte des nombreuses demeures du Père et de la Vie Éternelle.

Jésus grandit comme tous les jeunes de son temps. Il eut des frères, des soeurs et des amis, et, comme nous tous, il fit l'expérience de la vie et de ses limitations. Il était différent dans ses perceptions du monde, mais il était humain avec les désirs normaux d'un être humain. Avant de devenir Christ, il a chuté maintes fois le long de la route, et il connut le doute, l'angoisse, le découragement, et toutes les déceptions que nous rencontrons nous-mêmes dans notre vie de tous les jours. Il n'était, certes pas, le type ascétique. Il aimait les filles, la bonne chère, un bon vin et il aimait s'entourer d'amis.

Rien, dans la Bible, ne nous laisse croire que Jésus avait choisi de demeurer célibataire. Il a certainement dû connaître des femmes, ou une femme, intimement, car l'expression sexuelle est quelque chose de naturel, une curiosité qui nous permet d'explorer les recoins les plus intimes et les sentiments les plus profonds de l'être humain. La sexualité, exprimée dans un esprit d'amour et de désintéressement, est certainement l'expérience spirituelle la plus enrichissante qu'un humain puisse faire dans ce monde tridimensionnel que nous habitons. L'Église a erré immensément lorsqu'elle a exigé que ses prêtres fassent voeu de célibat et de chasteté, les privant ainsi d'une expérience physique et spirituelle valable et enrichissante. L'Activité sexuelle est saine et rajeunissante, et il est logique de présumer que, étant un être humain normal, Jésus se comportait comme tel.

Personne n'est prophète en son pays, et, en dépit des miracles qu'il accomplissait dans les villes et villages avoisinants, Jésus eut à subir le rejet des siens:

Étant venu dans sa patrie, il enseignait les habitants dans leur synagogue, de telle façon que, frappés d'étonnement, il disaient: 'D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles? N'est-ce pas le fils du charpentier? Sa mère ne s'appelle t-elle pas Marie, et ses frères Jacques, Joseph, Simon et Jude? Et ses soeurs ne sont-elles pas toutes chez nous? D'où lui vient donc tout cela!' Et il était pour eux une occasion de chute. Jésus leur dit: 'Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. Et là, il ne fit pas beaucoup de miracles, parce qu'ils ne croyaient pas.' [Matthieu 13: 54-58]

Il était en effet difficile, pour les gens qui avaient grandi avec lui, de concilier le Jésus qu'ils avaient connu, turbulent et et surtout, différent, avec le prophète au pouvoir illimité qu'il était devenu. Un juif qu'ils avaient cotoyé, qui avait même construit certaines de leurs maisons, ne pouvait certainement pas être le Sauveur qu'ils attendaient tous! Il est vrai que l'ange avait annoncé la venue d'un Messie, et que les mages avaient suivi l'étoile jusqu'à Bethléem, mais cela était bien loin dans le passé. Même si Marie gardait tout cela dans son coeur, comme le rapporte la Bible, elle-même avait parfois des doutes au sujet de ce fils turbulent, qui venait chambarder les rites auxquels elle était attachée depuis son enfance et confronter le clergé qu'on lui avait appris à écouter et respecter.

Pour une majorité de juifs, il était un trouble-fête qui menaçait, non pas le pouvoir romain, mais bien plutôt l'ordre religieux établi et, bien sûr, les nombreux commerçants qui avaient établi leurs comptoirs dans le Temple. Même s'il se distinguait de ses contemporains par sa sagesse et son pouvoir, Jésus ne tentait en aucune façon d'être différent de ses semblables. Il ne portait pas de vêtements spéciaux comme certains de nos gourous ou yogis et il ne s'affublait pas des vêtements sacerdotaux dont les religions se parent pour rehausser leur image et créer une atmosphère solennelle et imposante dans l'exercice des rites religieux.

Ce n'est donc pas sans raison qu'il évita de faire partie du clergé ou des métiers professionnels de son temps, car il avait découvert que la sagesse et l'illumination spirituelle ne se trouvent pas dans les livres du monde, mais bien plutôt dans notre propre Livre de Vie. Et c'est pourquoi, il choisit de suivre les traces de son père, et devint charpentier. De cette manière, il vivrait vraiment au milieu des gens, et, par le travail manuel et la méditation, il pourrait éveiller en lui-même le Dieu inconnu, et recevoir la sagesse et la connaissance, non pas de l'extérieur, mais de l'intérieur.

Lorsque, dès l'âge de dix-huit ans, Jésus quitta sa famille pour visiter les pays lointains et parfaire ses connaissances au-delà des conventions et des rites auxquels on l'avait accoutumé, il possédait déjà une sagesse qui déconcertait le clergé, et un pouvoir qu'il avait lui-même de la difficulté à comprendre, de là le but véritable de ses voyages, à la recherche de la vérité. Dire qu'il visita les lointains pays est sans doute au dessous de la vérité, car, après son illumination qui se produisit alors qu'il était dans la vingtaine, il pouvait se matérialiser et se dématérialiser à volonté, visitant non seulement les différents pays du monde, mais également les mondes des autres galaxies et des autres dimensions de l'univers.

C'est cette sagesse et ce pouvoir de matérialisation et de dématérialisation que ses contemporains ne comprenaient pas, et qui faisaient peur aux prêtres et au Sanhédrin et les fit se retourner contre lui. Souvenez-vous des chasses aux sorcières du passé, et celles de Salem, et vous comprendrez que les miracles de Jésus, de même que ses disparitions soudaines, dérangeaient grandement la hiérarchie religieuse qui n'allait pas s'en laisser imposer par un jeune visionnaire irréligieux qui faisait des tours de magie. Jésus n'était pas le pieux jeune homme que les évangiles nous ont fait connaître, et les concepts de moralité de son temps le laissaient froid. Il ne craignait pas de fréquenter les samaritains et les publicains et préférait s'entourer d'un groupe d'amis, plutôt que de passer son temps en dévotions inutiles.

Jésus était près de la trentaine lorsqu'il revint dans son pays, bouleversé par les querelles de race et de religion, un pays en pleine crise et toujours sous le joug des romains. Les guérillas sanglantes faisaient des victimes chez les romains, lesquels usaient de représailles en faisant des raids dans les villages juifs. Personne n'était à l'abri, et il y avait des délateurs partout. Le gouverneur romain avait ses espions chez les juifs, et ceux-ci avaient pris soin de placer des gens bien à eux dans l'entourage de Pilate.

Il va sans dire que, lorsqu'il entreprit son ministère, Jésus se retrouva coincé entre les deux factions qui semblaient se complaire dans ce tissu d'intrigues. Alors que de nombreux romains croyaient qu'il était lui-même le chef des révolutionnaires, certains juifs et membres du Sanhédrin étaient convaincus qu'il était contre eux, possiblement un espion des romains. Pour eux, ses enseignements n'étaient qu'un subterfuge pour les éloigner de la religion de leurs pères et renforcer le pouvoir de Rome sur leur pays.

Aux yeux de nombre de ses contemporains, Jésus était plutôt le genre 'hippie', un vagabond aux étranges pouvoirs, un homme d'un grand magnétisme. Tout ces éléments mis ensemble, il se retrouvait dans une position précaire, où il lui était difficile d'établir un rapport de confiance avec les différentes factions. Nombre de ses enseignements étaient pour eux du charabia, et ils étaient beaucoup plus intéressés aux 'miracles' de guérisons et aux multiplications de pain et de poissons.

Mis en évidence dans les évangiles de Matthieu, Marc Luc et Jean, le procès de Jésus est devenu le plus grand fait judiciaire de la chrétienté, et l'Église a entouré la crucifixion d'un tel faste et d'un tel sujet de culte, qu'elle est devenue le centre de tous ses rites et manifestations religieuses. Il faut se souvenir que, jusqu'au 6 ème siècle, Jésus était considéré comme un enseignement spirituel et un Maître. Bien sûr, il avait dit qu'il était fils de Dieu, comme il avait dit que nous étions tous des fils de Dieu. C'est pourquoi, faute d'avoir compris ses enseignements, l'Église en vint, de fil en aiguille, à questionner le fondement même de la doctrine et la pertinence de certains de ses enseignements dans le contexte des rites qu'elle s'était elle-même imposés. Comme nous l'avons mentionné dans le chapitre précédent, le 5e Concile Oecuménique de l'an 553 jeta l'anathème sur ces enseignements, entre autres la réincarnation, laquelle était enseignée par l'Église depuis le début du Christianisme. C'est également durant ce même concile que Jésus fut élevé au rang de fils 'unique' de Dieu et Rédempteur des péchés du monde:

Quiconque dit que le Christ n'est pas différent des autres êtres humains raisonnables, que ce soit en substance ou en sagesse, ou par sa puissance sur toutes choses; que nous serons tous placés à la droite de Dieu, tout comme celui que l'on appelle Christ, et également que nous existions déjà avant de naître: qu'il soit anathème.
[ Traduction de l'auteur - Reincarnation, The Phoenix Fire Mystery - Joseph Head and S.L. Cranston]

Si j'ai bien compris le sens de la déclaration, et considérant le fait que le pape Virgilius n'était pas d'accord avec ce point de vue, cela signifie que, avant le 5e concile, l'Église, ou une grande partie de l'Église, considérait Jésus comme un Maître et un enseignant spirituel dont on perpétuait les enseignements.

Et c'est ainsi, qu'après avoir déifié Jésus en tant qu'unique Fils de Dieu, l'Église a tout mis en oeuvre pour faire de la Crucifixion l'événement-clé de sa doctrine et le centre d'un processus de Salut très élaboré. N'ayant pas compris le véritable but de la mission du Maître sur terre, elle a donné à Jésus un statut qui n'est pas en accord avec ses enseignements, et un rôle de Sauveur, emprunté des coutumes païennes qui prévalaient en ces temps-là.

Vous pouvez feuilleter la Bible page par page, et vous ne trouverez aucun passage où il est question de Jésus comme Sauveur de l'humanité. Il existe bien des versets qui font référence à un Sauveur, mais il est clairement indiqué que ce Sauveur est Dieu, ce Dieu qui réside en tout être humain:

Et moi le Seigneur ton Dieu depuis le pays d'Égypte, et moi excepté, tu ne connais pas de Dieu, et de Sauveur il n'y en a point, sauf moi. (Osée 13: 4)

C'est moi, c'est moi qui suis le Seigneur. En dehors de moi, pas de Sauveur. C'est moi qui ai annoncé et donné le salut, moi qui l'ai laissé entendre, et non pas chez vous, un dieu étranger. Ces deux textes confirment, implicitement, que seul Dieu est sauveur. Il n'y a pas d'intermédiaire entre Lui et ses créatures, parce que chacune d'elles est le véhicule dont Il se sert pour s'exprimer dans les mondes tridimensionnels et les autres dimensions du cosmos.

Durant tout son ministère, Jésus lui-même ne s'est jamais présenté comme un Sauveur. Ce n'est que plus tard, après son départ, que ce mot apparaît brièvement, une fois dans l'évangile de Luc, et deux fois dans celui de Jean:

Il vous est né, aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Seigneur-Christ. (Luc 2: 11)

Et ils disaient à la femme (qui se trouvait au puits de Jacob): "Ce n'est plus seulement à cause de tes dires que nous croyons; nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde. (Jean 4: 42)

Le premier verset présente Jésus comme étant le premier Seigneur-Dieu à manifester le Christ dans le monde. En ce sens, le le Christ (en chacun de nous) est le Sauveur par lequel nous pouvons atteindre l'illumination et l'état de Conscience Christique.

Le second verset n'est que l'opinion de croyants qui étaient émerveillés par les miracles de Jésus, et qui, ne pouvant voir au-delà de leurs sens physiques, refusait de croire que ce que Jésus accomplissait, eux aussi pouvait l'accomplir.
Le verset qui suit est une extension de ce qui précède:

Car Dieu n'a pas envoyé son fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui." (Jean 3: 17)

On aurait pu tout aussi bien lire: 'Car Dieu n'a pas envoyé son Fils, [le Christ en Jésus] dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde (le Christ en tous ses autres fils) soient sauvés par lui, c'est-à-dire, par l'EXPRESSION du Christ en eux, comme Jésus leur avait enseigné.' Comme on peut le constater, les mots prennent une toute autre signification lorsqu'on peut lire entre les lignes et reconnaître le symbolisme des enseignements.

Toutes les autres références à un Sauveur se retrouvent, et dans les Actes des Apôtres, qui est le récit de l'expansion du christianisme dans les premiers temps de la chrétienté, et dans les 'Lettres' de l'Apôtre Pierre, du disciple Paul (le converti), et des autres disciples qui étaient à la tête des premières églises. Ce ne sont, toutefois, que les réflexions de ces disciples, et elles démontrent qu'eux-mêmes n'avaient pas compris la signification ésotérique des enseignements de Jésus. Ils préféraient l'approche matérialiste d'un Sauveur qui efface les péchés du monde, laquelle approche était partagée par les Chrétiens, les Gentils et les Paiens d'une manière similaire.

La Crucifixion elle-même n'a pas de rapport avec les enseignements de Jésus, en ce sens que, même si la chrétienté présente Jésus comme l'Agneau de sacrifice, le Sauveur qui efface les péchés du monde, le mot Sauveur devrait être interprété dans le sens ésotérique de 'phare', de 'Lumière du Monde', mais il n'était, certes pas, l'Agneau de Sacrifice que l'Église nous a appris à connaître. Tout comme cela s'est produit pour la naissance de Jésus, on peut émettre des doutes sur les événements qui ont entouré sa crucifixion et la valeur réelle de celle-ci dans l'histoire. Il ne faut pas oublier que Jésus avait déjà transcendé la matérialité et qu'il manifestait un corps éthérique ]multidimensionnel] même avant cette crucifixion, puisqu'il pouvait apparaître et disparaître à volonté et marcher sur les eaux comme en fait foi Matthieu 14:22, 'Vers la fin de la nuit, il vint vers eux, marchant sur la mer...'

De plus, il semblerait que Jésus détestait les rites qui consistaient à sacrifier les animaux pour calmer la colère divine. Dans 'The Aquarian Gospel of Jesus the Christ, par Levi, on trouve cet extrait:

[Traduction de l'auteur] Et Jésus vit les bouchers qui tuaient les moutons et la volaille et les brulaient sur l'autel en offrande à Dieu. Son tendre coeur se révolta à la vue d'une telle cruauté. Il demanda aux prêtres qui officiaient: 'Quel est le but de ce massacre des bêtes et de la volaille? Et pourquoi brûlez-vous leur chair en offrande à Dieu?' Et les prêtres lui répondirent: ' C'est en sacrifice pour nos péchés. Dieu nous a demandé d'offrir ces sacrifices pour que nos péchés soient effacés.' Et Jésus répliqua: 'Seriez-vous assez aimable de me dire à quel moment Dieu vous a dit qu'un sacrifice, quelqu'il soit, efface les péchés? Et David n'a t-il pas dit que le fait de lui présenter des offrandes d'animaux brulés était un péché en lui-même?' (Chap. 18: 2-6) A la lumière de cet extrait et considérant l'aversion de Jésus pour les rites matérialistes de l'Ancien Testament, comment peut-on croire que Jésus se serait offert lui-même en sacrifice. Si c'était un péché de sacrifier des animaux pour effacer les péchés, ce l'était encore plus de sacrifier un être humain pour la même raison. Jésus étant contre toute forme de sacrifice, animal ou autre, comment aurait-il pu dénoncer les sacrifices et s'offrir lui-même comme victime? Pour sauver l'humanité? Aucun de ses enseignements ne fait allusion à un sauveur. Il a simplement dit que son chemin et sa vie étaient la voie vériyable et que quiconque suivait cette voie, aurait la vie éternelle. Nous sommes notre propre sauveur et, encore une fois, personne ne peut expier les péchés des autres. C'est l'ignorance des lois spirituelles qui a conduit l'Église à se trouver un agneau de sacrifice qui efface les péchés du monde, et à se doter d'une structure doctrinale dont les lacunes et les inconsistances sont plus qu'évidentes. D'où la déification de Jésus, en tant que Fils Unique de Dieu et Sauveur du monde, et la perpétuation de mythes qui n'ont fait que retarder l'épanouissement spirituel de l'être humain et son éventuelle réunion avec cette Énergie universelle que nous appelons Dieu.

Dans 'The Quest of the Historical Jesus' [A la recherche du Jésus historique], Albert Schweitzer a émis l'hypothèse [traduction] 'que Jésus se laissa crucifier dans l'espoir que cela susciterait une sorte de momentum pour sa manifestation en tant que Messie d'Israel'. Tout en respectant l'opinion émise par M. Schweitzer, je suis d'avis que Jésus se considérait, non pas comme un Messie, mais bien comme un enseignant qui avait découvert son propre potentiel de Fils de Dieu et voulait tout simplement partager avec les autres ce qu'il considérait comme un pas immense dans l'évolution humaine. Il savait qu'il avait une mission à accomplir, non pas en tant que libérateur du peuple juif et Messie, mais bien plutôt en tant que grand frère qui désirait ramener à son Père tous les enfants prodigues dont il avait parlé en parabole.

Il y eut, à mon avis, un mouvement eschatologique prononcé durant et à la fin de son ministère: JJésus était en train de chambarder des lois qui avaient façonné tout l'Ancien Testament, et il prédisait une fin des temps cauchemardesque qui donnait à réfléchir, même si les Juifs n'y comprenaient pas grand chose. Toutefois, il agissait en messager, et il ne tenait pas à être l'instigateur ou le centre d'un tel mouvement. Il se foutait éperdument de leurs conjonctures quant à sa mission, et s'en tenait aux enseignements et vérités ésotériques qu'il avait fait siennes et qu'il avait la mission de propager. Il agissait véritablement en Fils de Dieu, beaucoup plus intéressé à ce que lui apportait son statut d'être cosmique et multidimensionnel, qu'à sa courte vie terrestre en tant que Jésus.

Je ne suis pas non plus d'accord avec Schweitzer lorsqu'il dit 'que Jésus s'est laissé crucifier volontairement afin de rendre manifeste ce 'mouvement eschatologique autour du Messie que l'on attendait depuis si longtemps.' Cela ressemble trop aux mouvements de foule autour de nos gourous contemporains. Une telle théorie ne correspond pas au Jésus historique et dénature la portée de ses enseignements. Lorsqu'il disait au peuple, 'Ce que j'ai fait, vous aussi vous le ferez...', il leur disait carrément qu'il n'était pas plus intelligent, ni plus connaissant qu'ils ne l'étaient eux-mêmes, et qu'ils n'avaient pas à le considérer comme un être différent d'eux. Il leur demandait de faire comme lui et de vivre la vie d'un véritable Fils de Dieu avec tous les avantages divins que cela comportait. Une telle affirmation est tout le contraire de quelqu'un qui tente de créer un mouvement de foule autour de lui.

Jésus accepta-t-il d'être crucifié pour accomplir les prophéties? Encore là, rien ne laisse supposer que tel fut le cas. Il se présentait, non pas pas comme Messie, mais plutôt comme un Fils de Dieu. Durant tout son ministère, il a tenté de faire comprendre, d'abord aux disciples, puis aux prêtres et enfin au peuple, que tous et chacun, nous étions des Fils et Filles de Dieu, mais son enseignement fut malheureusement éclipsé par la multitude de miracles qu'il accomplissait. Mais alors pourquoi accepta-t-il d'être crucifié? Une hypothèse tout à fait plausible serait qu'il voulait démontrer une dernière fois la suprématie de l'esprit sur le corps, comme il l'avait démontré lors des nombreuses résurrections qu'il accomplit, entre autres, la fille de Jaire [Matthieu 9: 18], le fils de la veuve de Nain [Luc 7: 11] et son ami Lazarwe [Jean II: 1-44]. Il avait, par ailleurs, apréhendé sa propre mort et sa resurrection: Puis il commença à leur enseigner qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les grand prêtres et les scribes, qu'il soit mis à mort et que trois jours après, il ressuscite. ]Marc 8:31]

En mourant sur la croix, Jésus mettait ainsi un point final à cette portion de sa mission terrestre. Il avait enseigné à ses disciples et au peuple. A partir de ce moment, c'est-à-dire, après sa resurrection, il allait leur donner un avant-goût de ce qui les attendait tous s'ils mettaient en pratique ses enseignements, leur montrant ce qu'un Fils de Dieu pouvait accomplir lorsqu'il demeurait centré sur son Dieu intérieur, disparaissant et réapparaissant à volonté, traversant les murs et démontrant à Thomas et aux autres qu'il avait toujours ce corps humain que l'on avait déposé dans le tombeau.

La chrétienté accorde une très grande importance à cette crucifixion de Jésus, et celle-ci est devenue un objet de culte et le chemin du salut de près d'un milliard de fidèles. Ceux qui voient en Jésus le Sauveur qui efface les péchés du monde, croieront qu'il est sacrilège de mettre en doute le but réel de la crucifixion, mais seulement parce que cela détruit le fondement même de leur croyance, laquelle fut implantée dans leur esprit de vie en vie et de génération en génération par une religiosité qui en était encore à la maternelle de la spiritualité. Il est, en effet, beaucoup plus sécurisant de croire à un Sauveur qui efface les péchés du monde, que de tenter de comprendre un principe réincarnationnel où chacun doit faire face à ses obligations karmiques et s'occuper de son propre salut. Jésus ne s'est jamais considéré comme un Agneau de Sacrifice, et l'idée d'un Sauveur, tel que comprise par l'Église, ne sert qu'à perpétuer un dogme qui a retenu l'humanité captive pendant des siècles, laissant au bouc émissaire que Jésus représentait, la tâche de les sauver de leurs propres limitations.

Encore une fois, tout ceci tend à prouver que ce que nous retrouvons dans la Bible, les Écrits de la Mer Morte, L'Évangile du Verseau, la Bibliothèque de Nag Hammadi, et tous les autres livres, y compris celui-ci, n'est pas nécessairement la seule et unique vérité. L'âge d'un parchemin n'est pas un sceau d'approbation, et il faut lire entre les lignes si l'on veut trouver la véritable sens des mots.

Il semble également logique qu'avec tous les pouvoirs qu'il manifestait, Jésus ait, plusieurs années plus tard, quitté le monde physique en disparaissant [l'Ascension] tout simplement à la vue de ceux qui s'étaient réunis pour le voir une dernière fois. C'était, si vous voulez, une 'ascension' vers les dimensions supérieures, une sorte d'invitation à nous tous à faire de même. Peut-être découvrira-t-on un jour un parchemin qui nous racontera la véritable histoire de Jésus. Mais quelque fut son sort ultime, il est certain qu'il ne mourut pas sur la croix pour effacer les péchés du monde. Cela serait tout à fait contraire à l'essence même de ses enseignements.

Lorsque Jésus fut étendu sur la croix, Pilate fit inscrire les initiales I.N.R.I. au dessus de sa tête, ce qui signifiait 'Jésus, le Nazaréen, Roi des Juifs'. Cette inscription était une boutade au peuple juif qui avait cru que Jésus serait leur roi et les délivrerait du joug de Rome.

Les prophètes avaient annoncé qu'un roi naîtrait, un roi qui libérerait son peuple de l'esclavage. Parce qu'ils ne comprenaient pas le symbolisme des paroles de Jésus et le sens ésotérique de la prophétie, le peuple Juif interpréta celle-ci littéralement, et ils étaient nombreux à croire que Jésus conduirait son peuple à la victoire et le délivrerait de l'oppresseur. Il était le Messie, le Roi et le Libérateur qu'ils attendaient tous. Et même si nombre d'entre eux étaient également descendants de David, le fait que Jésus était lui-même de cette lignée, ne fit qu'amplifier leur conviction qu'il était le Roi tant annoncé, et les Écritures étaient là pour appuyer leur croyance.

Et le sujet est abordé, non pour la défense de Jésus, qui n'en a vraiment pas besoin, mais bien pour démontrer que l'histoire n'est rien d'autre que la vision, parfois exacte, parfois biaisée, et parfois déformée, de tous ceux qui l'écrivent. Et c'est pourquoi nous disons que la vérité se trouve non pas dans les livres écrits de main d'homme, mais plutôt dans notre propre livre de vie, ce réservoir inépuisable que représente le Dieu intérieur.

Il ne faut pas oublier que les disciples eux-mêmes vacillaient dans leur foi, et ils étaient impressionnés beaucoup plus par ses miracles que par ses enseignements. Ils étaient des hommes simples et si, d'un coté, ils acceptaient les enseignements de Jésus et reconnaissaient son statut de Maître, d'un autre coté, ils n'avaient pas encore saisi la portée véritable, pour l'humanité, de son développement ultime en tant que Christ de Dieu.

Il était facile de voir, et ce, plus particulièrement durant son ministère, que les aspirations de Jésus se limitaient à sa mission divine, et son comportement reflétait, non pas la pensée religieuse de son temps, mais bien plutôt une vision globale de l'humanité. où tous les êtres, hommes et femmes, étaient égaux. Il n'avait pas peur de dire sa pensée, même devant les prêtres et les scribes, et lorsqu'il répondit aux scribes: 'Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu', il ne parlait certes pas en tant que futur roi des juifs. Il savait fort bien qu'il venait de s'aliéner la sympathie des nationalistes juifs, et d'aucuns auraient pu le considérer comme pro-César.

Son admonition de "tendre l'autre joue" n'était certainement pas le fait d'un roi révolutionnaire qui veut libérer son peuple, et une telle attitude aurait facilement terminé la guerre avant qu'elle ne commence. De plus, un futur roi des juifs se devait de respecter, et de faire respecter, les lois civiles et religieuses de son pays, et pourtant, Jésus fit exactement le contraire lorsqu'il opéra des guérisons le jour du Sabbat, et empêcha les juifs de lapider Marie-Madeleine.

Son entrée à Jérusalem sur un âne était peut-être un geste symbolique pour démontrer la futilité de leurs prétentions à son sujet, car, s'il avait été roi temporel des juifs, il aurait trouvé un moyen de transport plus adéquat pour faire son entrée dans Jérusalem. D'ailleurs, lorsqu'on lui demandait s'il était vraiment le roi des juifs, il répondait: 'Ils disent que je le suis', signifiant par là que leur idée était faite, et que rien de ce qu'il dirait ne pourrait changer leur opinion. Vous pouvez feuilleter les évangiles, page après page, et nulle part vous ne trouverez un seul passage où Jésus se présente lui-même comme le roi temporel des juifs.

Ainsi, Jésus est acclamé comme 'roi des juifs', pour la simple et unique raison que ses contemporains avaient en mémoire les prophéties de l'Ancien Testament, et attendaient la venue d'un roi temporel, un sauveur qui libérerait son peuple de l'esclavage. C'était leur ultime espoir, et ils interprétèrent, littéralement, et à la lumière de leur propres limitations, ces mêmes prophéties et les enseignements de Jésus concernant le Roi dont le royaume n'était pas de ce monde.

Le Roi dont Jésus parlait n'est pas un roi temporel, et il faut considérer le mot dans son sens ésotérique. C'est ainsi que, ayant transcendé la matérialité et présenté le Christ au monde, Jésus était finalement devenu le Roi de son propre royaume intérieur ['Mon Royaume n'est pas de ce monde.' Jean 18: 36], un royaume qu'il avait conquis par de nombreuses vies au service des autres, un royaume qui n'avait rien à voir avec les royaumes temporels du monde. Il était devenu un Christ de Dieu avec tous les pouvoirs que ce titre concède, et le cosmos tout entier était devenu son royaume.

Et c'est pourquoi une humanité vacillante se tourna de nouveau vers les idoles, et proclama, dans un Concile de l'Église que Jésus était 'le seul et unique Fils de Dieu', rejetant, par la même occasion, la théorie des vies successives et les vérités fondamentales qui étaient à la base des enseignements du Maître. Les quarante jours de méditation dans le désert de son esprit, se transformèrent en un jeûne de quarante jours dans un endroit désertique de la Judée, et ce fut cette erreur d'interprétation qui inspira sans doute certains ascètes à vivre une vie de réclusion, au lieu de servir l'humanité. Les guérisons de Jésus devinrent des 'miracles' que seuls quelques initiés pouvaient accomplir, alors qu'il enseignait que le pouvoir était accessible à chacun d'entre nous, et qu'il suffisait d'ouvrir nos yeux et nos coeurs, pour avoir accès aux attributs de ce Dieu intérieur. Ce rejet de leur propre potentiel d'êtres divins s'est imprégnée dans la conscience collective de l'humanité et c'est pourquoi il est si difficile pour l'être humain de revenir à l'état de conscience christique, le droit d'ainesse de tous les Fils et Filles de Dieu.

Sous l'emprise d'une hiérarchie religieuse matérialiste, la chrétienté se mit à construire des églises, couvents et monastères pour honorer Jésus et le confiner dans un tabernacle, et ce, à tel point que, durant les 15 derniers siècles, Dieu est demeuré à l'arrière-plan , un Père mystérieux qu'on ne peut rejoindre que par son Fils Unique. C'est précisément parce que ce Dieu n'était pas assez visible, que l'Église a senti le besoin de se donner un médiateur, se construisant ainsi un autre Veau D'or en placant un homme au-dessus de tous les êtres humains, et lui donnant le rôle de Sauveur de l'humanité. Se servant de la crucifixion comme centre de sa doctrine, l'Église en est venue à s'en remettre entièrement à Jésus, l'Agneau Pascal, pour le soin de son salut. Oubliant ainsi le but de l'incarnation terrestre, elle a rabaissé l'être humain à un rang inférieur où il ne peut plus reconnaître sa propre divinité. Et c'est pourtant Jésus qui a dit:

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi, fera, lui aussi, les oeuvres que je fais: il en fera même de plus grandes, parce que je vais au Père. (Jean 14:12)

Prisonniers qu'elle était de ses propres limitations, l'Église avait cru nécessaire d'entourer ce Dieu d'un voile de mystère, mais, en même temps, et à cause de ces mêmes limitations, elle se devait de donner à ses fidèles une évidence tangible de ce Dieu, d'où les rites, cérémonies et autres formes de culte tels les indulgences, les médailles, les offrandes et, bien sûr, le tabernacle où l'on expose l'hostie dont, assez curieusement, l'origine latine signifie 'victime expiatoire'. Tous ces éléments de culte sont, en fait, un vestige des rites et sacrifices du passé, avec lesquels l'Église a tenté de construire un pont à péage spirituel entre Dieu et ses créatures.

Avec la découverte des Évangiles gnostiques, des parchemins de la mer Morte, et ceux de Nag Hammadi, les dernières décennies ont connu une recrudescence de la controverse. La période de l'Inquisition est chose du passé et, de nos jours, il est possible de questionner la validité des écrits bibliques sans risquer les foudres (les châtiments physiques) de l'Église. La charte des droits garantit la liberté d'expression et, comme l'Église se doit de donner l'exemple, elle doit s'y conformer.

En se manifestant dans le monde tridimensionnel, chacun de nous répond au désir insatiable de Dieu de s'exprimer dans la création. Nous vivons dans un éternel présent, et tout ce qui a été écrit, passé, présent et futur, est, d'ores et déjà inscrit, de manière indélébile, dans la substance éthérée de l'univers, et fait partie du processus évolutif de l'être humain. Dans une perspective cosmique de la vie, le Coran, (les Écritures Islamiques) la Thora (le Pentateuque Juif) et la Bhagavad-Gita (la Pensée Hindoue) sont aussi importants que le Nouveau Testament. Tous ces livres sont agréables à Dieu, car c'est Lui qui s'exprime à travers ces différentes doctrines, lesquelles représentent des aspects différents mais également valides, de l'effort constant de l'homme à la recherche du Dieu inconnu, le Dieu intérieur. Elles ont été un premier effort de contact véritable entre Dieu et ses créatures.

La prochaine étape verra une humanité beaucoup plus évoluée, délaisser toutes les manifestations extérieures et se tourner vers son Dieu intérieur, source intarissable de tout ce dont l'être humain a besoin pour fonctionner dans le monde physique. Une telle perspective est beaucoup plus en accord avec les enseignements du Maître. La vie de Jésus prend ainsi une nouvelle signification, car on la perçoit dans un contexte plus vaste, où il redevient l'homme, l'enseignant, le Maître, le Vainqueur de la mort et le Roi du Divin Royaume de l'âme, de la même manière que nous sommes, tous et chacun d'entre nous, destinés à devenir les Rois de notre propre Royaume Divin, car nous sommes tous des Christs en puissance, et les héritiers légitimes du Royaume.

L'Age du Poisson a permis à l'humanité de faire un pas immense et de se préparer à la nouvelle renaissance de l'Age du Verseau, l'Age du Christ en chacun de nous, l'Age d'Or que cette même humanité attend depuis si longtemps. Il est temps pour la chrétienté et toutes les grandes religions du monde, de laisser tomber les dogmes et l'orthodoxie. Il est temps pour nous tous, de quitter la maternelle, pour entrer à l'école élémentaire de la vie. Les enseignements de Jésus occupent une place primordiale dans cette nouvelle renaissance où l'humanité découvrira que la vie simple d'un charpentier nommé Jésus, a plus de valeur que celle d'un 'unique Fils de Dieu', car elle devient alors une voie accessible à tous. Dans le même ordre d'idée, l'Immaculée Conception physique, et la notion d'un Sauveur qui efface les péchés du monde, vont à l'encontre des enseignements du Maître et ne cadre pas avec le plan de Dieu pour ses créatures. Chacun de nous est un sauveur, un regénérateur de vie, un créateur, et nous revenons, vie après vie, afin d'éveiller, en nous, ce sauveur, la flamme éternelle du Dieu intérieur.

Première manifestation de l'Esprit Christique sur terre, Jésus nous a montré le chemin.



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