Enseignements de la Nouvelle Renaissance
Enseignements de la Nouvelle Renaissance



Avant-Propos

Nous avons été élevés dans la crainte et la peur des lois divines et humaines. Très tôt dans la vie, on nous a appris qu'un péché nous conduisait en enfer, et un vol, en prison. Ainsi, nous avons grandi dans une atmosphère négative, où les enseignements étaient centrés sur une stricte obéissance aux lois d'Église, l'omniprésente menace du courroux de Dieu, si nous dérogions à ces lois et le sentiment négatif que nous étions tous des pécheurs. Ainsi, notre enfance fut imprégnée de cette peur de la loi, et même si certains juges et policiers sont bons et compréhensifs, nombreux sont ceux qui éprouvent un malaise indéfini, lorsqu'ils sont en présence de ceux qui représentent la loi.

Avec toute cette violence que l'on retrouve dans les cinémas, à la télévision, et dans la vie de tous les jours, il n'est pas étonnant que nous soyons devenus craintifs et appréhensifs d'un système où la loi du plus fort prévaut et menace le peu de progrès que nous avons fait sur le chemin évolutif de ce monde tridimensionnel.

La Justice

Lorsque nous parlons des lois de l'univers, notamment, l'Ordre, l'Équilibre, l'Harmonie, la Croissance, la Perception Divine, l'Amour et la Compassion, nous ne retrouvons pas, parmi celles-ci, la loi de Justice. La raison en est que la Justice, de même que la Vérité, la Miséricorde, la Rédemption et l'Illumination, ont disparu des mondes tridimensionnels, (l'esprit conscient) lorsque l'humanité quitta le Royaume du Père pour le monde de l'Illusion, s'enfonçant ainsi dans la densité des mondes matériels, en oubliant sa Divine Origine.

La Vérité est la plénitude de tout ce qui est. Elle est inaltérable, et elle existe de toute éternité. Plein d'orgueil et de suffisance, l'être humain a tenté de circonvenir cette loi divine. Ainsi, il s'est forgé des concepts qui répondent beaucoup plus à ses aspirations matérialistes, qu'aux principes fondamentaux qui régissent l'univers et tous les êtres qui l'habitent. Par la même occasion, il a fait de la loi de Justice une moquerie, un pantin qu'il tente de contrôler et de manipuler à ses propres fins.

La Vérité ainsi mise à l'écart, et la Justice bafouée, la Miséricorde ne put que tirer sa révérence, en même temps que la Rédemption, qui est, tout simplement, le rejet de la négativité, et l'Illumination qui est, en fait, le but ultime de toute l'humanité.

Ainsi, alors qu'il existe douze lois dans l'univers cosmique, notre humanité n'a pas encore acquis la maîtrise des sept premières, et il en sera ainsi, jusqu'au temps, où nous serons en mesure de briser le mur des limitations et de transcender la matérialité, reprenant ainsi notre place véritable dans la grande humanité du grand Univers de Dieu.

La Justice est souvent représentée par une balance qui bascule en fonction du poids des objets qu'on y place. C'est une très bonne représentation de cette loi karmique, qui nous enseigne que nous récoltons ce que nous semons, et que nous sommes jugés selon que nous jugeons les autres. Parce que la Justice Divine dérange l'être humain et ne cadre pas avec ses aspirations matérialistes, l'humanité a choisi de s'en remettre à la justice des hommes, laquelle ne tient pas toujours compte des circonstances atténuantes qui entourent toute activité humaine, et reflète, plus souvent qu'autrement, les préjugés de l'homme et ses conceptions erronées de la vie.

Toutefois, les lois humaines sont un mal nécessaire. Nous avons besoin de la justice humaine pour établir un semblant d'ordre sur terre, et ce, jusqu'au temps où nous reconnaîtrons que cette Justice est partie intrinsèque de l'être humain, et que nous sommes tous frères et soeurs, et enfants d'un même Père.

Le Roi Solomon régna sur son peuple, et administra la justice avec droiture et sagesse. Il était un homme juste, et Dieu lui donna richesse et prospérité. Sa sagesse n'a jamais été aussi évidente, que dans le jugement qu'il rendit, lorsque deux femmes se présentèrent devant lui avec un nouveau-né, chacune d'elles clamant qu'elle était la mère de l'enfant, et demandant au roi de statuer en sa faveur. Comme les Écritures le racontent, le roi demeura pensif pendant un bref instant, après quoi il fit signe à un soldat de s'approcher, et lui ordonna de sortir son sabre. Puis, s'adressant aux deux femmes, il leur dit: 'Puisque vous prétendez toutes les deux être la mère de l'enfant, je ne vois d'autre alternative que de couper celui-ci en deux, et d'en remettre une moitié à chacune.' Puis, il fit un signe. Le soldat s'approcha de l'enfant, et leva son sabre. Comme il se préparait à exécuter l'ordre, l'une des femmes tomba à genoux en s'écriant: 'De grâce, épargnez mon enfant! Je préfère le donner à cette femme plutôt que de le voir mourir!' Et le roi, qui n'avait aucunement l'intention de tuer l'enfant, s'adressa à la femme prostrée: 'Reprenez votre enfant, dit-il, vous êtes la vraie mère, car vous vous êtes sacrifiée pour le sauver.' Et il ordonna de lui remettre le nouveau-né.

Solomon n'eut pas recours à un livre de loi pour découvrir qui était la mère véritable, car aucun livre n'aurait pu lui faire voir ce qui se cachait au fond du coeur de ces femmes. Il regarda tout simplement au fond de son propre coeur, et, dans sa sagesse, il trouva la solution qui démontrerait, hors de tout doute, qui était la vraie mère.

La responsabilité de ceux qui administrent la justice est telle, que cette fonction est considérée comme un engagement karmique majeur. Les individus qui assument une telle responsabilité, devraient soupeser les motivations qui les poussent à convoiter un poste, ou une fonction, où ils auront, entre leurs mains, le sort, et, très souvent, la vie d'un autre individu.

A l'instar des juifs du temps de Jésus, nous sommes prompts à jeter la première pierre. Nous sommes devenus une société d'inquisiteurs, et nous avons beaucoup plus à coeur de nettoyer la maison du voisin que de mettre de l'ordre dans la nôtre. C'est la constante question de la paille et de la poutre qui refait surface, dès que nous oublions que, tous, nous sommes issus de la même Énergie Créatrice, et qu'ensemble, nous ne faisons qu'UN. Comme dans la parabole de l'évangile, nous demandons justice pour nous-mêmes, mais nous sommes prompts à refuser cette même justice aux autres. Et cela n'a jamais été aussi apparent que de nos jours, où la loi du plus fort prévaut, et où l'amour et la charité sont remplacés par l'égoïsme et l'intolérance.

L'égoïsme qui permet à la cupidité de s'infiltrer dans notre système judiciaire, et qui fait que, le plus d'argent et de relations un individu peut avoir, le plus de chances il a de trouver un excellent avocat et de s'en sortir.

L'intolérance qui donne à la parole écrite un pouvoir tel, qu'elle a préséance sur le bon jugement et qu'on en oublie la loi d'amour et de compassion. Combien de jugements ont été rendus au détriment d'un accusé, sans égard aux circonstances atténuantes, et tout simplement parce que 'la loi est la loi'! Et pourtant, ces mêmes circonstances atténuantes, qui semblent inexistantes lorsque l'accusé est un pauvre hère, prennent soudainement une importance capitale, lorsque celui-ci est une figure publique, ou un personnage important. Il est vrai que les hommes publics sont de plus en plus scrutés par la société, mais il n'en reste pas moins vrai qu'avec une batterie d'avocats à leur service, il réussissent la plupart du temps à s'en sortir.

Nous sommes fiers d'un système de justice dont l'origine remonte au temps où les enfants étaient forcés de travailler, et où les femmes n'avaient même pas le droit de vote. Nos juristes d'aujourd'hui sont-ils moins intelligents que nos juristes d'autrefois qui toléraient de telles aberrations? Et si l'humanité est en constante évolution, ne devrions-nous pas être plus sages que nos ancêtres? Nous croyons avoir un système de justice équitable, mais le seul moyen d'établir un système de justice digne des êtres humains que nous sommes, est d'avoir une seule justice pour tous, sans égard à la position, au rang, ou à la richesse. A l'abri de toute influence, ou contrainte, le système judiciaire devrait être le pilier de la société, le roc qui servirait de fondation à une société juste.

Une véritable justice ne se limite pas aux quatre murs de nos cours de justice, et elle représente beaucoup plus que les procédures légales, où un juge et un jury de douze décident du sort d'un accusé. Ce type de justice découle des lois humaines et des standards que l'homme s'est lui-même imposés, dans sa recherche du bonheur et d'un semblant d'ordre sur terre.

Dans son sens ésotérique, le mot justice englobe les lois d'Ordre, d'Équilibre, d'Harmonie, de Croissance, de Perception Divine, d'Amour et de Compassion. Chacune d'elles est une ramification de la loi de Justice, et c'est notre conformité à ces lois qui donnera naissance à une nouvelle humanité.

Il ne peut y avoir de véritable justice, que si chacun d'entre nous a les mêmes droits que les autres. Tant et aussi longtemps, que l'argent et le pouvoir auront quelque chose à voir avec le fonctionnement de nos cours de justice, la justice humaine ne sera jamais une véritable justice. Et c'est pourquoi, même si la justice des hommes tente d'établir un semblant d'Ordre sur terre, elle n'apportera jamais l'Equilibre et l'Harmonie auxquels nous aspirons, car nous avons mis de côté la loi d'Amour et de Compassion, éléments indispensables à notre Croissance et à une véritable Perception de cette Energie Universelle que nous appelons Dieu.

Dans un monde où l'argent est devenu le Veau D'Or et l'Antéchrist de cette génération, le confort et la sécurité sont devenus le but ultime de l'être humain. Il est bon de chercher à améliorer son sort, et l'ambition est une excellente forme de motivation. Ce sont les moyens que nous employons pour atteindre ce but, qui deviennent des obstacles à notre développement spirituel, et c'est là que la loi de Justice intervient, pour nous rendre conscient de l'effet que nos actions et nos pensées peuvent avoir sur les autres. Cette loi de justice est en nous. Elle est partie intrinsèque de l'être humain, mais elle est voilée à notre esprit conscient, à cause de notre égoïsme et de notre approche matérialiste de la vie. Nous devenons conscients d'un certain sens de l'équité lorsque nous nous sentons lésés dans nos droits, mais cette lueur de justice s'estompe, très vite, lorsqu'il est question du droit des autres.

Les grèves sont un exemple pertinent de cette justice à double standard, parce qu'il est important de bien comprendre, que la justice n'est pas une loi à sens unique. Si nous demandons justice pour nous-mêmes, nous devons faire de même pour les autres. Tous ceux qui se font les instigateurs d'arrêts de travail et de grèves dans les hôpitaux, les centres de services sociaux et les services publics, ont peut-être à coeur l'intérêt de leurs membres, mais ils causent une injustice grave à tous les malades dont l'état de santé requiert des soins constants ou immédiats. Il y a par contre des travailleurs qui sont conscients des problèmes et des injustices que ces arrêts de travail occasionnent, et de nombreuses grèves seraient évitées si les membres votaient selon leur conscience et non par crainte de représailles.

Les services essentiels permettent de jeter de la poudre aux yeux et de calmer l'impatience et la colère des malades et de la société, mais c'est vraiment trop peu. Lorsque, faute de personnel, les malades n'ont pas de traitements adéquats, on se rend compte que l'indifférence et la cupidité, ont détrôné l'amour et la compassion dans le coeur de l'être humain. Un tel égoïsme n'est certes pas le fait de véritables fils et filles de Dieu, et, dans ce cas comme dans bien d'autres, on récoltera vraiment ce qu'on a semé.

Toutefois, cet égoïsme n'est pas toujours apparent, et il se présente sous différents déguisements. Par exemple, le monde des assurances est un domaine où, très souvent, la cupidité a préséance sur le bon sens. Les réclamations de toutes sortes contre les hôpitaux et les médecins sont un autre produit du matérialisme de notre société. S'il est juste d'obtenir réparation pour le dommage causé, il est totalement absurde de réclamer des montants exorbitants qui dépassent de beaucoup les potentialités, ou prévisions, monétaires futures du réclamant. Aidé en cela par des avocats cupides, certaines personnes réclament des millions de dollars en dédommagement, alors que toute une vie ne leur aurait pas suffi pour gagner le dixième de ce qu'ils réclament. Il est inconcevable que cela puisse se faire dans le contexte de lois qui ont été décrétées pour la protection du citoyen, alors que, en fin de compte, c'est toujours lui qui paie la facture. S'il est vrai que ces dédommagements sont couverts, en majeure partie, par les compagnies d'assurances, il est également vrai que ces montants sont absorbés par les primes que les hôpitaux et médecins doivent verser, et, forcément, ils se retrouveront, un jour ou l'autre, sur la facture d'honoraires, de médicaments ou de chambre d'hôpital. La loi devrait protéger les hôpitaux et les médecins contre de tels abus, et, s'il y a faute professionnelle, elle est du ressort du Collège des médecins qui verra à appliquer les sanctions nécessaires. N'importe qui peut commettre une erreur, et nos médecins d'autrefois n'étaient pas poursuivis parce qu'ils avaient perdu un malade. Mais la cupidité a envahi ce champ d'expression humaine, comme elle en a envahi tant d'autres, et la société doit en payer le prix.

Et que dire maintenant des nombreuses poursuites contre les gouvernements, les villes et les corps policiers, poursuites qui se chiffrent parfois dans les millions de dollars, et que le contribuable devra éventuellement défrayer. La raclée que des policiers de Los Angeles ont infligé, il n'y a pas si longtemps, à un jeune homme de race noire, a donné lieu à un tollé de protestations. Toutefois, l'annonce qu'une poursuite de plus de 50 millions de dollars, serait intentée contre la ville, .tait également une aberration, et elle met en lumière les lacunes de nos lois, qui rendent possible de telles absurdités. Nos élus se doivent de faire respecter la loi. Si un crime est commis, les tribunaux sont là pour rendre la justice et punir le coupable. La victime a, bien sûr, droit à un dédommagement pour les pertes de revenus encourues, mais la loi devrait considérer ces compensations comme un moyen de repartir du bon pied, et non pas comme le gros lot de la loterie. Toutefois, la responsabilité des corps publics devrait s'arrêter là, et toute autre réclamation devrait être placée sur le compte de la cupidité humaine, et rejetée. Les juges qui octroient des millions de compensation à certaines victimes ne font que démontrer à quel point la société [dont il fait partie] est devenue matérialiste. En tant que société, nous devons voir au bien-être de tous, et aucun des membres qui la composent, n'a droit à plus qu'un traitement juste et équitable. Chacun a droit à la justice, et cette justice est la même pour tous.

En tant que corps solidaire, la société ne paie pas pour ses erreurs. Elle les corrige, ce qui suppose, bien sûr, juste compensation. Mais cette compensation que l'on applique si rigoureusement lorsqu'il s'agit d'un cas particulier, devrait s'étendre à tous ceux qui sont dans le besoin, les pauvres, les orphelins et les personnes âgées. Tous, nous sommes responsables de l'état actuel des choses, et nous devons compenser pour toute insuffisance, qui dérange l'équilibre des forces dans le monde. C'est le seul moyen d'atteindre le but ultime de notre vie sur terre. En fait, ce n'est pas une question de compensation, c'est tout simplement une question d'humanité, la réalisation que nous sommes tous frères et soeurs, et enfants d'un même Père. Ce n'est pas une question de justice humaine, c'est une question d'amour et de compassion.

Un véritable système de justice devrait voir à ce que tous les individus, sans exception, soient logés, nourris et traités justement. Si nous prenions soin de notre corps, et le traitions comme il se doit, nous n'aurions pas besoin de médecins et d'hôpitaux. De même, si nous prenions soin des membres qui composent notre société, et les traitions comme les êtres humains qu'ils sont, nous n'aurions plus besoin de cours de justice, et les prisons seraient désertes. Le manque d'hygiène attire la vermine et cause les épidémies. Le manque d'amour et de compassion crée un vide, qui est aussitôt rempli par des forces négatives, et, c'est là, la cause des guerres, des crimes et des perturbations dans le monde. Une véritable société spirituelle n'a pas besoin de lois humaines, car la loi divine règne, triomphante, dans le coeur de tous ceux qui la composent. Une véritable société spirituelle vit dans l'amour, la paix et l'harmonie.

De génération en génération, nous forgeons le monde de notre prochaine incarnation, et nous revenons, vie après vie, afin de nous perfectionner et faire de ce monde, le Paradis qu'il était au début de la créativité. Le péché originel, que les religions brandissent comme un épouvantail, n'est, en somme, que le péché d'ignorance, celui de ne pas comprendre que l'être humain, libre de toutes limitations, est un esprit pur et divin.

Chaque esprit s'incarne sur terre avec un dossier karmique vierge. Il ne vient pas sur terre pour expier les erreurs passées. Il y vient pour apprendre. Dans le but d'élargir le champ de ses expériences, l'esprit arrive en ce monde avec un certain bagage de leçons (la loi de cause et d'effet) à apprendre, et de choses à accomplir. Toutefois, cette vie qu'il est sur le point d'entreprendre est pour lui un nouveau départ, un nouveau marathon sur le parcours ininterrompu de ses vies. Tous les autres marathons qu'il a courus n'ont plus d'importance, et n'auront pas d'incidence sur la présente course. Cependant, comme ce marathon est la somme de tous les marathons qu'il a courus, il devra voir à profiter de l'expérience acquise, et ne pas répéter les mêmes erreurs, s'il désire gagner la course. Le corps physique, lui-même peut avoir des défectuosités ou des infirmités, mais elles sont d'origine génétique, et l'esprit a accepté ce corps comme faisant partie de ses leçons de vie.

En définitive, cet esprit est comme l'enfant qui se rend à l'école pour son premier jour de classe. Il est propre, bien coiffé, et sa maman l'a habillé de neuf en lui recommandant d'être sage, de bien apprendre ses leçons et de garder ses vêtements propres. Ainsi, l'esprit s'incarne dans le monde tout 'habillé de neuf', avec la recommandation de bien profiter des leçons de l'astral et de ses vies passées, et l'avertissement de prendre soin de ce corps qu'il vient d'assumer, afin de ne pas se créer de nouvelles dettes karmiques, qui occasionneraient d'autres leçons et d'autres incarnations.

Le péché originel est une invention de l'homme. Nous ne sommes pas des pécheurs, nous sommes des pionniers qui ont choisi de vivre une expérience sur terre, et ceci, afin de croître en sagesse et en connaissances. Tout autre objectif serait insensé, car, vue de la dimension astrale, d'où une grande partie de l'humanité se réincarne, ce monde nous apparaît vraiment comme une vallée de larmes, une terre d'épreuves et de misères, et, seule, la perspective de progresser toujours davantage, peut convaincre un esprit d'y faire une nouvelle expérience de vie. C'est, chaque fois, une nouvelle partie d'échecs. Libre à nous, de profiter des leçons des parties précédentes, ou de recommencer sans cesse les mêmes erreurs. La seule différence, c'est que Dieu ne permettra jamais, que nous soyons échec et mat, car nous sommes ce Dieu, que nous cherchons en vain à travers toutes nos expériences de vie.

Nous ne venons pas en ce monde avec des idées préconçues et un bagage de fautes sur la conscience. Nous venons en ce monde dans un esprit d'amour et de compassion, et avec la ferme intention, de vivre une vie de dévouement au service des autres. Tel est le seul et véritable but d'une incarnation terrestre, et aucun des dictateurs, exploiteurs et criminels de notre société, n'est venu en ce monde dans un but maléfique. Ils sont venus, eux aussi, avec la ferme intention de progresser et de travailler au bien de l'humanité. Ils ont, eux aussi, commencé leur expérience terrestre avec un dossier vierge, mais, parce qu'ils se sont réincarnés dans une société décadente et matérialiste, il leur a été difficile d'atteindre leur objectif. Ils se sont laissés entraîner sur le chemin de la négativité qui imprégnait et imprègne encore la conscience collective des peuples, et ils ont laissé libre cours aux instincts barbares et meurtriers qu'ils n'avaient pu contrôler lors de leurs vies précédentes. Ils sont, en fait, les sous-produits des sociétés décadentes du passé et du présent, et, en partie à cause de cette décadence, ils n'ont pu remplir l'engagement pré-incarnationnel de leur présente vie terrestre. Ainsi, tout en étant les instigateurs et les auteurs de tous ces crimes qu'on leur reproche, ils sont eux-mêmes les victimes de la négativité engendrée par toute l'humanité. De là l'admonition de Jésus: Ne jugez pas si vous ne voulez pas être jugé!

Toutefois, si l'esprit arrive en ce monde avec un dossier vierge, il y arrive également avec la mémoire de toutes les vies qu'il a vécues, (l'âme), et cette mémoire demeure en veilleuse, jusqu'au temps où elle est nécessaire à la progression de l'individu. Dans la substance spirituelle de l'univers, il existe un souvenir indélébile de toutes nos bonnes actions et, bien entendu, de tout le mal que nous avons fait. Cette mémoire n'est pas active, en ce sens qu'elle n'est pas une initiatrice. Elle n'est active, que dans le sens qu'elle déclenche, en l'individu, un mécanisme de choix. lequel, agissant comme un signal de trafic, allume le feu vert pour aller de l'avant, ou le feu rouge qui avertit du danger. Un enfant qui brûle ses doigts sur un rond de poêle, sera très prudent la prochaine fois, et la vue d'un poêle lui rappellera sa pénible expérience. Si non, il se brûlera, encore et encore, jusqu'à ce qu'il ait appris sa leçon. Ainsi en est-il de toutes les expériences de vie, alors que cette mémoire se manifeste, d'une manière que l'on dit inconsciente, pour nous avertir du danger, et nous ramener sur le droit chemin. Par exemple, ce n'est pas parce qu'un individu a tué des milliers de personnes dans une vie passée, qu'il devra nécessairement être tué, ou puni dans une vie future. Le principe de oeil pour oeil, dent pour dent (Lev. 24:20), est un concept matérialiste, et on en retrouve l'origine dans les préjugés et coutumes vétustes des récits de l'Ancien Testament, lesquels, pour une grande partie de l'humanité, éclipsent les enseignements de Jésus. Par exemple, on lit dans ce même Lévitique, qu'aucun de tes descendants, s'il est infirme, ne s'approche pour présenter la nourriture de son Dieu; en effet, quiconque a une infirmité ne doit pas s'approcher, que ce soit un aveugle, ou un boiteux, ou un homme au nez aplati ou aux membres difformes, un homme atteint d'une fracture à la jambe ou aux bras, un bossu ou un gringalet, un homme affligé d'une tache à l'oeil, un galeux ou un dartreux, ou un homme aux testicules écrasés. Aucun des descendants d'Aaron, s'il est infirme, ne doit s'avancer pour présenter les mets du Seigneur." (21:17-22)

Il n'est pas nécessaire d'insister sur les membres difformes ou les testicules écrasés [celle-là, je ne l'ai pas encore digéré] pour réaliser l'incongruité de tels enseignements, lesquels ne peuvent avoir pour auteur un Dieu que l'on dit aimant, bon et miséricordieux. Nombreux sont les passages de la Bible qui reflètent les préjugés et les croyances erronées du temps où ils furent écrits, ou traduits. Cela ne veut pas dire que l'Ancien Testament est sans valeur. Au contraire, nombre de ses enseignements ont été inspirés, et ils sont une lumière pour l'humanité. Mais il suffit d'écouter la plupart de nos prédicateurs et évangélistes, pour se rendre compte qu'ils se servent de l'Ancien et du Nouveau Testament, pour supporter leurs propres théories, et leurs conceptions erronées de la vie. En somme, l'humanité s'est fourvoyée, lorsqu'elle a décidé de s'en remettre à la parole écrite pour le soin de son salut, alors que cette Parole est au dedans de nous, dans notre propre Livre de Vie.

Ainsi, venant en ce monde avec un dossier vierge, tout ce qui altère ce dossier, doit nécessairement provenir de la présente expérience de vie. L'être humain est comme l'argile que l'on façonne et qui prend forme. Tant et aussi longtemps que l'argile est malléable, il est facile de la modeler. Mais à mesure qu'elle durcit, il devient de plus en plus difficile de la manier. C'est pourquoi les années formatrices sont très importantes. Elles pavent la voie à nos expériences futures, et le succès de ces expériences repose sur l'éducation, et sur les enseignements que nous aurons reçus durant notre enfance. De là l'admonition de Jésus: Malheur à ceux par qui le scandale arrive!

Et qu'est-ce que tout ceci a de commun avec la justice? Avec la justice des hommes, très peu. Mais la justice divine plane au-dessus de nous comme une ombre, et pas une seule de nos actions et de nos pensées ne passe inaperçue. Même le plus petit grain de sable est compté dans le grand univers de Dieu. C'est donc dire que notre acharnement, en tant que société, à vouloir punir les coupables coûte que coûte, et l'intolérance que nous manifestons envers tout ce qui n'est pas conforme à notre vision limitée de la vie, n'est, en somme, que le fruit de notre ignorance, et de notre incompréhension des lois divines et de la loi de cause et d'effet, ou karma. Le seul fait que nous sommes venus en ce monde, est la preuve irréfutable, que nous avons, nous-mêmes, des erreurs à nous faire pardonner, et, même si nous n'en avons aucun souvenir, la loi karmique de cause et d'effet viendra, tôt ou tard, nous rafraîchir la mémoire, si nous sommes intolérants envers les autres. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre ce passage de la prière de Jésus, Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, c'est-à-dire, pardonnez les erreurs de nos vies passées et de notre vie présente, comme nous pardonnons celles des autres à notre égard.

Une véritable justice exige que nous devenions conscients de l'influence que notre comportement (actions et réactions), peut avoir sur les autres, et plus particulièrement sur les enfants, qui ont tendance à se modeler sur les adultes. Si nous prenons soin d'une jeune plante, si nous l'arrosons et enlevons les mauvaises herbes, elle poussera et donnera de belles fleurs. Ainsi en est-il des enfants: si nous en prenons soin, si nous leur inculquons des principes d'amour, de justice et de charité, et si nous les protégeons contre les influences négatives, ils ne peuvent que devenir des membres utiles à la société. Si nous les laissons à eux-mêmes, ils subiront l'influence de ces forces négatives, devenant ainsi des membres inutiles, et une menace pour la société dans laquelle ils vivent.

Etre 'le gardien de son frère' exige plus que les restes qui tombent de la table, et la véritable justice va au-delà des perceptions limitées de l'humanité. Tout ceci semble répétitif, mais il est bon d'insister sur le fait, que le partage des richesses est un pré-requis à une nouvelle renaissance de l'humanité. Lorsqu'une famille prend place à table pour le repas, la nourriture est distribuée à part égale entre le père, la mère et les enfants. Le père froncerait les sourcils, s'il s'apercevait que l'un de ses enfants, s'approprie la part d'un frère, ou d'une soeur. Il en est de même de notre Père Céleste, dont l'abondance est infinie, et couvre à profusion l'immense table de l'humanité. Nous devons en porter le blâme si, à cause de notre cupidité et de notre égoïsme, une partie de cette humanité n'a pas sa juste part.

Par ailleurs, si le partage des richesses est un premier pas en avant, il n'en demeure pas moins vrai, que le but ultime de l'humanité, est de retrouver le chemin du Royaume, et c'est dans ce sens, que nous devenons véritablement le gardien de nos frères et soeurs de la terre. Nourrir le corps est important, mais nourrir l'esprit l'est encore plus. Aider son prochain lorsqu'il est dans le besoin, est un but très louable, mais l'aider à trouver sa voie véritable et sa destinée en ce monde, est le but ultime de toute vie. La connaissance de l'être divin et multidimensionnel que nous sommes, nous permet d'avoir accès aux richesses incommensurables du Royaume, dont Jésus a dit qu'il n'était pas de ce monde, ce monde qui ne reconnaît pas les lois spirituelles de l'univers, et préfère vivre dans l'irréalité de l'univers matériel qu'il s'est lui-même créé.

Les dictateurs, profiteurs, violeurs, meurtriers, et tous ceux qui tentent de miner le peu de progrès que nous avons fait, sont, en vérité, les sous-produits de la société. Ceux qui blâment les Duvalier, Marcos, Noriega, Hussein, et tous ceux qui maudissent Hitler pour le génocide juif, tous ces gens feraient bien de se regarder en face, et de se voir tels qu'ils sont. Alors, ils verraient que c'est leur propre cupidité et leur égoïsme, qui a facilité l'accès de ces 'âmes égarées' à des positions-clé, où ils sont en mesure de manipuler, à leur guise, toutes les autres 'âmes égarées' de l'humanité.

Nous regardons ces hommes avec répugnance, mais les crimes les plus affreux ne sont pas ceux qui détruisent le corps, mais, bien plutôt, l'esprit, et même si ces crimes sont très rarement punis dans une cour de justice, aucun de leurs auteurs, n'échappera à la justice divine, la loi karmique de cause et d'effet. L'intolérance des êtres humains envers leurs semblables, est un puissant boomerang, qui ne peut que se retourner contre eux-mêmes. Une telle ignorance des lois divines, pèse lourdement dans la balance karmique collective, et, pour une grande partie de l'humanité, des générations et des nouvelles terres passeront, avant que ne s'effacent les effets négatifs, causés par un tel manque d'amour et de compassion.

Durant les dernières décennies, il y a eu un accroissement de négativité à travers le monde. La violence n'a jamais été aussi évidente que dans notre société contemporaine, où, tous les jours, et à toute heure du jour, les écrans de cinéma et de télévision nous présentent des scènes de guerre, de meurtres, d'attentats à la bombe, d'actes de terrorismes et de viols, et ce, à tel point, qu'on pourrait se croire à une école du crime. De 'Hawaï 5-0' aux 'Incorruptibles', et de Rambo au 'Flic de Los Angeles', et combien d'autres, cette violence a envahi nos écrans, perturbant notre jeunesse, et même parfois nos tous petits, qui se font une idée fausse et préconçue du monde dans lequel ils vivent. Un tel déploiement de négativité encourage les malfaiteurs et les esprits dérangés, à commettre des actes auxquels ils n'auraient jamais songé auparavant, et certains crimes sont la réplique exacte de scènes qui ont été jouées au petit, ou au grand écran. Très peu de films nous sont présentés, qui ne contiennent pas le pot-pourri habituel d'explosions, de tueries, d'accidents spectaculaires et de catastrophes de toutes sortes, quand ce n'est pas une guerre, ou une révolution, où tout le monde se bat jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le héros, tout fier du carnage auquel il vient de participer.

C'est dans une telle atmosphère que se retrouvent tous ceux qui ont de la difficulté à s'adapter à leur environnement. Se débattant pour survivre, et ne pouvant trouver une oreille attentive pour les écouter, ou une main tendue pour les secourir, ils se tournent vers la drogue et le crime. Et c'est là, que la véritable justice commence: s'il est vrai que chacun de nous est responsable de ses propres actions, il est encore plus vrai que, en tant que société, nous sommes collectivement responsables de la négativité engendrée par nos modes de vie décadents. Cette négativité pèse lourdement dans le karma collectif de l'humanité, car elle exerce une influence directe sur le comportement des individus, faussant ainsi leur propre perception de la vie, et éveillant, en eux, des penchants, qui, jusqu'alors, ne s'étaient pas encore manifestés.

Par exemple, prenez le cas de X, que la vie n'a pas choyé, et qui se sent un paria, un rejeté de la société. Ses parents le repoussent, et ses amis ne le comprennent pas. Il ne peut se trouver un emploi, et il se retrouve dans un état, où il reflète vraiment la négativité qui l'entoure. Ainsi disposé, il s'assoit devant le petit écran, et il y voit se dérouler un film, où un individu se retrouve dans la même situation difficile. A mesure que se déroule l'action, il se rend compte que cet individu reprend courage, qu'il se fait des nouveaux amis et, qu'à force de chercher, il se trouve un emploi dans une fabrique, où il rencontre enfin des amis, et peut-être, la femme de sa vie. Notre ami X a suivi toutes les péripéties du film, et il se sent réconforté par l'issue heureuse de toute cette affaire. En dépit de son attitude dépressive, il réalise qu'il n'est pas le seul à souffrir, et qu'avec un peu de courage, il peut, lui aussi, réussir à s'en sortir. Il n'en faut peut-être pas plus pour le remettre sur la bonne voie et changer, du tout au tout, sa perspective de la vie. Un rayon d'espoir filtre à travers les nuages de son esprit embrouillé, et ce film est peut-être l'étincelle d'espoir qui le ramènera sur le droit chemin.

Reprenons maintenant au tout début, mais avec un scénario différent: notre ami X est toujours assis devant son téléviseur, encore une fois, son moral est au plus bas. A l'écran, le héros se trouve toujours dans la même situation difficile. Mais cette fois-ci, il devient violent. Il en veut à la société et il hait tous ceux qui l'entourent. Il ne pense qu'à la vengeance. Il se procure finalement un fusil automatique, et, dans un accès de rage et de folie, il entre dans un bureau de poste, et il tue froidement quatre clients qui se tenaient debout devant le comptoir. Et tout ça est raconté avec force détails et les scènes de violence sont présentées dans toute leur horreur.

Encore une fois, notre ami a vu toute la scène. Il a suivi, attentivement, toutes les démarches de l'individu. Il l'a vu se procurer le fusil, et il a été témoin de son crime. Malgré son dégoût initial, et son horreur devant un tel carnage, il s'identifie avec l'assassin. Il le comprend même, car lui aussi, il en veut à la société. Et après tout, comme il l'entend répéter si souvent: il n'a pas demandé à vivre! Cette société se doit de l'aider, et pourtant, il doit se débattre seul! Il est tout près de sympathiser avec le meurtrier, et le massacre qu'il vient de voir lui répugne de moins en moins. L'idée fait lentement son chemin dans son esprit, et il ne voit plus le film comme l'histoire d'un autre, mais plutôt comme un reflet de sa situation et de son état d'esprit. Eut-il été un être normal et bien équilibré, il aurait sans doute classé le film comme un divertissement pour le moins douteux, mais néanmoins un divertissement. Toutefois, il ne faut pas oublier que cet homme est acculé dans ses derniers retranchements. Il est possible que, joint à son état dépressif et à la négativité qui l'entoure, ce film devienne la goutte d'eau qui fait déborder le vase, et éveille, en lui, des instincts meurtriers qui le conduiront peut-être à la folie, au suicide ou au meurtre.

Tout ceci est, bien sûr, hypothétique, mais cela démontre bien l'influence que la TV et le cinéma peuvent exercer sur certains individus. Cela ne veut pas dire que tous les films d'action sont sans valeur et négatifs. Malgré leurs échanges de coups de feu et leurs bagarres, quelques-uns de nos vieux westerns et films policiers, avaient au moins le mérite de présenter une image de la société, où les bons triomphaient des méchants, et où le héros, habituellement le 'shériff', faisait triompher la loi et la justice.

Même si quelques-uns de nos films tentent encore de perpétuer cette image, nombre d'entre eux sont centrés sur la violence et le sensationalisme. Et il y a, bien entendu, les films qui racontent la vie de criminels notoires, de violeurs et de psychopathes, et qui relatent leurs exploits avec force détails, en exploitant le coté morbide des événements. Non seulement ils reflètent l'image d'une société malade et décadente, mais encore, ils renforcent cette image, et étouffent peu à peu la petite voix intérieure, qui tente de ramener l'humanité sur le droit chemin. On se souviendra encore longtemps de Fred Astaire, Cary Grant, Barbara Stanwick, Clark Gable,Spencer Tracy, Jimmy Stewart, Doris Day, Gregory Peck, Tony Curtis, et combien d'autres, qui nous ont laissé des films inoubliables. Ils sont la preuve, qu'il est possible d'avoir de bons films sans, pour cela, exploiter les plus bas instincts de l'être humain.

Tous ceux qui, en toute connaissance de cause, participent à un film qui encourage la violence, sont, à des degrés différents, responsables de l'effet négatif que ce film produira. De même, tous ceux qui participent à un bon film, éducatif ou autre, participent au bien-être de l'humanité et, par le fait même, à leur propre édification.

Une autre forme de violence, subtile mais combien efficace, est l'intrusion des médias dans la vie privée des gens célèbres et des hommes et femmes publiques, dont ils scrutent tous les mouvements, comme si leur statut social, et leur vie publique, les privait de leurs droits humains. C'est l'un des pièges du matérialisme, et tous ceux qui bâtissent leur carrière sur les faiblesses et les misères des autres, se préparent un karma encore plus difficile que celui encouru par le meurtre, le viol, ou la torture. Violer ou torturer le corps est un crime très grave, mais violer et torturer l'esprit, l'est encore plus, car les répercussions se font sentir bien au-delà du monde matériel. Nous évoluons tous dans le même cercle de vie, et ce que l'un d'entre nous fait, affecte tous les autres. C'est pourquoi, il est important d'être le gardien de nos frères et soeurs, car c'est le seul et unique moyen d'atteindre l'état de Conscience Christique, qui est le but ultime de toute l'humanité.

La télévision est devenue une vaste maternelle, où les enfants sont exposés à une quantité inimaginable de scènes et de dialogues, qu'ils assimilent et digèrent du mieux qu'ils peuvent. L'esprit de ces tous petits tentera de peser le pour et le contre de ce qu'on leur offre, mais l'influence de la télévision est immense, et, pour eux, elle devient un oracle: si on peut le voir à la TV, ça ne peut être mauvais!

Encore une fois, nous semblons nous éloigner du sujet, et vous vous demandez, sans doute, ce que tout ceci a de commun avec la justice. Mais si nous y regardons de plus près, nous verrons que la justice interpénètre toutes nos activités de vie, et que, si le sens véritable en est inculqué aux jeunes dès l'enfance, ils deviendront, plus tard, des adultes responsables et des citoyens à part entière. Tant et aussi longtemps que la violence fera partie de nos moeurs, il sera extrêmement difficile de construire un monde meilleur.

De nos jours, le mot justice a beaucoup plus à voir avec les lois humaines, les tribunaux, les juges et les avocats. Mais dans une perspective cosmique de la création, la justice est une loi universelle. Et pourtant, il y a autant de systèmes de justice qu'il y a de pays. Et chacun de ces pays perçoit cette justice, non pas dans son sens universel, mais bien plutôt à travers ses coutumes et ses préjugés, plaçant ainsi les lois humaines au-dessus des lois divines. Ces lois divines sont en nous. Elles sont partie intrinsèque de l'être humain. C'est pourquoi il est important d'aider nos enfants à découvrir leur moi véritable. Si nous les entourons d'amour et de compréhension dès leurs premiers pas dans la vie, si nous faisons en sorte qu'ils gravent dans leur mémoire le sens profond de ce qui est juste, ils ne peuvent que devenir des membres utiles à la société et de véritables enfants de Dieu.

La télévision et le cinéma étant des médiums extrêmement puissants et efficaces, les gouvernements, les éducateurs, et la société en général, ont la responsabilité, et le devoir, de mettre un frein à la violence mentale et physique, qui ne peut qu'être préjudiciable à l'éducation de nos enfants, et dangereuse pour tous ceux qui sont incapables d'établir une distinction entre le bien et le mal. Si nous demandons à la loi d'être juste envers nous, nous devons par contre être justes envers nos enfants, qui comptent sur nous pour les aider à faire leurs premiers pas dans la vie.

La loi est définie comme un ensemble de règles obligatoires établies par l'autorité souveraine d'une société et sanctionnée par la force publique. (Le Petit Robert) Le système légal repose sur un ensemble de conventions établies par les hommes, et cet amalgame de lois concernant le comportement humain et les affaires, est devenu une structure rigide qui ne reconnaît pas les circonstances atténuantes. Cette forme de justice fonde ses jugements sur des critères où les préjugés occupent une place importante, et lorsqu'on dit: 'La loi est la loi' , cela signifie, tout simplement, que nous avons laissé à des ancêtres beaucoup moins évolués que nous, le soin de définir les besoins actuels de notre société. Non pas que ces lois sont mauvaises, ou que nous devrions changer nos lois à chaque année, mais à tous les vingt-cinq ou cinquante ans, elles devraient être révisées en profondeur, et adaptées aux besoins et aux changements, technologiques ou autres, de cette même société.

Nos lois sont, malheureusement, teintées de préjugés religieux, raciaux et politiques, et ne représentent pas vraiment les aspirations d'une humanité, en quête d'un monde, où elle pourrait vivre dans l'amour, l'harmonie et la fraternité. De nombreuses lois ont été édictées à cause de pressions politiques, alors que d'autres ont vu le jour dans les couloirs des parlements, que fréquentent, assidûment, les lobbyistes de tout acabit. D'autres, enfin, sont discriminatoires, et on peut en retracer l'origine dans un passé lointain, car elles sont les vestiges de préjugés religieux, dont l'influence s'est fait sentir jusqu'à nos jours. Nombre de ces lois devraient être mises au rancart, ou complètement modifiées, mais comme cela se produit pour les lois religieuses, nos gouvernements et nos juristes ont peur de s'impliquer. Ils n'osent s'attaquer à un système qui a fait leur force, un système qui a permis aux religions et aux gouvernements de contrôler une humanité craintive, égoïste et intolérante.

Un tel système de justice n'a que très peu à voir avec la justice divine. Chacune de nos lois devrait être reconsidérée et adaptée aux besoins de la société. Par exemple, les lois concernant l'avortement sont discriminatoires, car elles briment la liberté d'expression de l'être humain, et du droit divin de la femme, de décider si, oui ou non, elle veut donner naissance à un enfant. Cette insistance de l'humanité à se mêler de la vie des autres, et à se faire le garde-chiourme de leurs semblables, donne la nausée au monde spirituel, et cette croisade pro-vie qui s'est étendue à toute l'Amérique, et au reste du monde, ne fait qu'accroître la négativité de la planète, et accélérer le dénouement final.

Tout comme l'enseignement ne doit pas être limité aux livres de classe, ainsi la loi ne devrait jamais être confinée, ou enchâssée, dans un contexte intellectuel, où le verbiage et l'excédent de termes légaux compliqués, et parfois incompréhensibles, ne font que mélanger les parties en cause, et c'est fort probablement la raison qui fait que les procès durent si longtemps. Au lieu de s'en référer constamment aux livres de loi, le juge et les avocats devraient regarder au fond de leur coeur, et tenter, comme Solomon, d'être des hommes de loi justes et équitables, et non pas seulement des livres de loi ambulants, et qui font observer, à la lettre, des lois écrites par les hommes.

N'est-il pas vrai que de nombreux procès sont débattus, et réglés, dans les corridors de nos cours de justice, et que, sur le conseil de leur avocat, des innocents vont parfois plaider coupable à une accusation réduite, parce qu'ils craignent la loi, et ne croient pas en notre système de justice.

Le poète français Jean De la Fontaine a écrit dans une de ses 'Fables':

  • Selon que vous serez puissants ou misérables,
  • Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
  • Ce poète était également un grand philosophe, et sa fable est aussi pertinente aujourd'hui qu'elle l'était de son temps. Nos prisons sont remplies de criminels d'occasion qui auraient pu avoir une seconde chance. Les centres de détention regorgent de malheureux jeunes gens, qui se sont tournés vers le vol et le crime, parce que la société n'avait rien à leur offrir, alors que des criminels endurcis et des tueurs à gage, sont libres, parce qu'ils ont pu se payer un criminaliste compétent pour trouver une faille dans le système et les faire libérer.

    Il n'y a pas si longtemps, la juge Ruffo, une canadienne eut le courage de prendre position et de se battre contre l'abus d'autorité auquel les enfants du bien-être social étaient soumis. Ce juge croit que les lois sont inadéquates, et elle fut sévèrement réprimandée par ses pairs qui ne voyaient pas d'un bon oeil cette intervention en faveur des enfants, et cette intrusion dans l'enceinte sacrée de la loi. Cette femme, et de nombreux autres juristes qui partagent ses vues, sont les porte-étendard de la justice, et, à leur manière, ils participent à la renaissance de l'humanité. Chacun de nous est responsable de l'état actuel de notre planète, et par notre indifférence et notre égoïsme, nous avons planté les graines qui sont devenues les hommes d'affaires véreux, les juges sans scrupules, les avocats retors, les pervertis, les voleurs, les violeurs et les assassins de notre société. Toutefois, rien ne sert de jeter la pierre, car, tel un boomerang, elle nous reviendrait en plein visage.

    Être juge est certainement l'une des fonctions les plus importantes (en termes de spiritualité) auxquelles un humain puisse accéder, car il tient entre ses mains, non seulement le sort des individus, mais aussi l'équilibre d'une société, qui se désintégrerait, si ce n'était des lois humaines. Même si ces lois sont inadéquates, elles sont, néanmoins, nécessaires pour maintenir l'ordre, et pallier à la carence d'amour et de fraternité, qui devrait exister à travers le monde. Comme on le dit communément, " la loi est la loi" et nous devons nous y conformer.

    Toutefois, si nous devons nous conformer à la loi des hommes, les hommes de loi doivent se conformer à la loi de miséricorde divine, et ils se doivent de faire aux autres, ce qu'ils voudraient qu'on leur fit à eux-mêmes. Ce n'est pas tout d'apprendre par coeur des centaines de lois et de références aux jugements passés, car aucun cas n'est identique, et personne ne peut être jugé sur la base d'un jugement ultérieur. C'est pourquoi nous avons dit, que la loi est devenue une structure rigide et sans coeur, et qu'un jugement véritable ne peut se faire que sur une base de compréhension, d'amour et de compassion.

    L'éloquence est un atout formidable entre les mains d'experts juristes, et elle a sans doute décidé du sort de plus d'un procès, mais la véritable éloquence vient du coeur de l'être humain, et celui-ci doit trouver dans son coeur, et non dans les livres de loi, les mots qui expriment vraiment cet esprit de justice dont nous devrions tous faire preuve. Les avocats ne sont pas des machines programmées, à l'avance, pour débiter, les uns après les autres, des articles de lois qui impressionneront le juge et les jurés, mais des êtres humains qui ont, à coeur, le bien-être de la société et des accusés qu'ils ont accepté de défendre. Ainsi seront-ils, à leur façon, les porte-étendard de la loi et de la justice.

    Les juges devraient être choisi, non pas à cause de leur affiliation politique, mais, bien plutôt, parce qu'ils reflètent, dans leur propre environnement, l'image de ce qu'un homme de loi devrait représenter en fait de bonté, d'intelligence, de compréhension et de sagesse. Ils devraient être choisis par un comité, représentant les secteurs importants de la société, la religion, l'éducation, le gouvernement et le monde des affaires. Lorsqu'il est de notoriété publique, qu'un homme a les capacités légales, la sagesse, et le dévouement nécessaires à une fonction aussi importante, il n'est plus nécessaire de scruter son passé, comme cela se fait couramment aux USA, afin de savoir s'il est de la droite, de la gauche ou du centre, ou bien, encore, s'il y a un squelette dans ses garde-robes. Un homme juste est toujours un homme juste, et les principes de justice ne sont pas des accessoires qui accompagnent la fonction, mais des sentiments profonds enfouis dans le coeur des individus.

    L'avocat de la couronne a une fonction ingrate, et son rôle est tout aussi délicat que celui du juge. Il doit faire la preuve de la culpabilité de l'accusé, mais nombre d'entre eux tentent de se faire du capital politique, et l'acharnement de certains procureurs à détruire la preuve de la défense, démontre bien qu'ils ont beaucoup plus à coeur leur propre intérêt que celui de l'accusé. L'avocat de la couronne doit, lui aussi, se souvenir, que, dans notre système de justice, un accusé est innocent jusqu'à ce qu'il soit trouvé coupable. Son rôle est de voir à ce que la justice suive son cours. On peut échapper à la justice des hommes, mais on n'échappe pas à la justice divine, et, tôt ou tard, et d'une façon ou de l'autre, le coupable devra rendre compte de ses actes et apprendre les leçons de la vie. Les juges, les avocats et les procureurs sont des êtres humains et, en tant que tels, ils sont sujets à l'erreur, comme nous tous. Toutes les sociétés du monde ont des lacunes, et les systèmes de justice sont un reflet de ces sociétés. Encore une fois, ce n'est que lorsque l'être humain changera de l'intérieur, que nous aurons enfin une société juste et équitable.

    En attendant, il ne faut pas oublier que 'la loi est la loi,' et, même si elles sont inadéquates, nous devons obéir aux lois humaines, qui sont, mis à part la religion, la seule force de dissuasion, dans une société qui a oublié les lois d'amour et de compassion.