Ses contemporains en était encore à la maternelle de la spiritualité, et plusieurs d'entre eux trouvaient outrageux qu'un des leurs ose mettre au défi un système religieux fondé sur les enseignements de Moïse et des prophètes. Il va sans dire que la mission de Jésus était une tâche presqu'impossible, puisqu'il se heurtait à une religiosité patriarcale qui considérait la Déité comme un Dieu de colère et de vengeance qui aimait Ses enfants, mais n'hésitait pas à détruire tous ceux qui désobéissaient à Ses lois ou menaçaient Son peuple choisi, en l'occurence, les Hébreux. De ce fait, leur standard de moralité était basé sur des principes rigides qui n'avaient rien à voir avec l'Amour et la Compassion, et des coutumes barbares qui seraient aujourd'hui condamnées par le Tribunal internationnal des droits. La peine capitale par lapidation était chose courante et s'appliquait à l'adultère tout aussi bien qu'au blasphème. Les sacrifices d'animaux étaient l'une des attractions du temple et remplissaient abondamment les coffres des prêtres et du Sanhédrin.
En dépit de tout ceci, Jésus n'avait pas l'intention de partir en croisade contre l'ordre religieux. Il avait dû s'enfuir lorsqu'il chassa les marchants du temple et il savait intuitivement qu'il faudrait beaucoup de patience et de temps pour déraciner ce qui était considéré comme un héritage divin, transmis de génération en génération par leurs ancêtres. Ainsi, ses enseignements évolueraient graduellement en une spiritualité beaucoup plus intérieure et plus humaine en ce qui concerne l'amour et la fraternité entre les peuples. Tout comme les enfants de la maternelle se servent des jouets pour apprendre les rudiments de la vie, ainsi les rites, icones, prières et cérémonies en usage au temps de Jésus serviraient de symboles représentatifs des vérités spirituelles que Jésus avait enseigné durant son ministère. La messe serait le symbole de l'unité de la création et le tabernacle, une représentation extérieure du Dieu qui réside en chacun de nous. Ayant grandi dans la pensée du péché et la crainte de la colère divine, l'humanité apprendrait à connaître un Dieu beaucoup plus accessible, un Dieu d'Amour et de Compassion, un Père qui aime également tous Ses enfants. Ce nétait certes pas le moyen ideal de progresser spirituellement, mais c'était sans nul doute ce dont l'humanité avait besoin à ce stage de leur évolution.
Même s'il était étroitement surveillé par les prêtres et le Sanhédrin, Jésus tenta de transmettre, par ses paraboles, enseignements directs et soi-disant miracles, les vérités ultimes qu'il avait lui-même découvertes durant sa courte mais fructueuse vie sur terre:
Nous sommes des êtres immortels, ici et maintenant. Le corps physique est un outil de regénération et d'auto-guérison.
Nous sommes les dieux de la création..
Que nous sommes des êtres immortels, ici et maintenant, est la vérité la plus profonde jamais offerte à l'humanité. L'idée d'une âme qui survit à la mort est à l'origine de toutes les grandes religions, mais que nous soyons des êtres immortels, ici et maintenant, nous a donné un nouveau souffle, l'espoir de survivre à un destin que l'humanité considérait jusqu'alors comme inévitable, la dégradation et l'éventuelle disparition de la forme qui nous sert de corps. C'est cette vérité que Jésus a tenté de transmettre à ses disciples, mais ceux-ci, y compris les Apôtres, eurent tôt fait de le placer sur un piedestal, minimisant ainsi la portée réelle de ses enseignements à l'effet que nous étions tous des Christs en devenir, de véritables fils et filles de Dieu.
Que le corps physique est un outil de regénération et d'auto-guérison est une vérité qui se manifeste tous les jours de notre vie. Nous sommes très peu conscients des merveilles de ce corps et des miracles qu'il opère en dépit de nos croyances erronées en ce qui a trait au fonctionnement de ses divers organes et de la façon dont nous le traitons dans notre vie quotidienne. Le fait que nous sommes encore en vie au milieu de toute cette pollution et des virus de toutes sortes qui nous assaillent, démontre que le corps peut s'adapter à toutes conditions, à condition, bien sûr, de garder l'esprit centré sur ce fait inéluctable de la vie: nous sommes tous frères et soeurs du cosmos; l'amour c'est la vie, et s'il n'y a pas ce sens inné d'amour pour toute l'humanité, l'être total, esprit, corps et âme, ne peut atteindre l'équilibre requis pour avoir un corps sain et parfait. Jésus n'accomplissait pas de miracles. Il ne faisait qu'appliquer les lois naturelles, innées en chacun de nous, et c'est tout ce dont les cellules avaient besoin pour se regénérer et rendre au corps son état de perfection.
Il en a fallu du temps, mais cette vérité a fait son chemin dans les régions les plus profondes de notre âme, et à l'aube de ce troisième millénaire, le temps est venu de récolter ce qui a été semé durant les derniers 2000 ans. Nous sommes venus en ce monde avec l'outil le plus autonome et le plus sophistiqué jamais créé. Quelque soit la condition dans laquelle le corps se trouve à la naissance, intrinsèquement, il n'en demeure pas moins une forme parfaite, n'attendant que le bon vouloir de son auteur pour revenir à son état original de perfection.
Fidèle à son rôle de véhicule de l'esprit, et toujours obéissant à son maître, ce corps peut devenir la corne d'abondance pour ceux qui ont compris le concept d'amour et de compassion, ou une source de souffrances et de limitations pour tous ceux qui se sont écartés du droit chemin. Considérant le présent état de l'humanité, il est évident que nous avons encore un bon bout de chemin à faire avant d'atteindre notre but.
Dans un ordinateur, il existe un logiciel qui permet, au toucher d'un bouton, de réparer automatiquement tout ce qui entrave le bon fonctionnement du système. Il en est de même du corps humain, avec cette exception que, à cause du conditionnement auquel nous avons été exposés depuis notre enfance et les erreurs de nos vies passées, nous n'avons pas encore appris à nous servir d'un outil qui pourrait radicalement changer la forme que nous sommes en un corps sain et parfait. Ne croyez-vous pas que si l'homme a créé l'ordinateur et de son logiciel de réparation, il soit logique de supposer que le Créateur a fait de même avec ses propres créations.
Ce 'logiciel' de réparation demeure latent au dedans de nous jusqu'au jour où, découvrant enfin qu'il existe, nous décidons de nous en servir. Que ce soit pour un cancer, le sida ou toute autre maladie grave ou bénigne, le processus de guérison peut s'enclancher en tous temps et en toutes circonstances. La guérison se manifeste d'abord au niveau éthérique et se transpose ensuite dans la forme physique. C'est en quelque sorte un réalignement du système électrique du corps tout aussi bien qu'une regénération des cellules qui reprennent leur état originel et accomplissent ainsi leur propre mission de vie. C'est le processus tout simple de reprendre contact avec la Source et de rétablir l'équilibre du corps, physique, mental et spirituel.
Finalement, que nous sommes les dieux de la création est une vérité pour laquelle Jésus fut conduit devant Caîphe, le grand-prêtre, qui lui demanda:
Je t'adjure par le Dieu vivant de nous dire si tu es , toi, le Messie, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit, 'Tu le dis. Seulement, je vous le déclare, désormais vous verrez le Fils de l'homme siégeant à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel.'(Matt. 26:63 )
Par cette réponse, Jésus présageait la destinée ultime de l'humanité (le Fils de l'homme) ce qui reflétait ses propres enseignements lorsqu'il disait,
Moi et le Père nous sommes Un. (Jean 10: 30)
Croyez-moi, je suis dans le Père comme le Père est en moi. (John 14: 12)
En vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui aussi les oeuvres que je fais, il en fera même de plus grandes parce que je vais au Père. (John 14: 12)
Il ne faut pas oublier que les paroles de Jésus furent traduites et interprétées de nombreuses fois. Même s'ils étaient de bonne foi, les traducteurs et théologiens se sont servis des mots qu'ils croyaient les plus fidèles à l'esprit de la lettre pour traduire la pensée de Jésus. Par exemple, je ne vois pas très bien le Maître attirer l'attention sur lui-même par des remarques telles que, Quiconque croit en moi... ou encore, Je suis la vérité et la vie... Ne se dissociant jamais de son Père, Jésus attribuait ses pouvoirs au Dieu Intérieur,
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et qui croit en celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle.
Ainsi, lorsqu'il affirmait qu'il était le Fils de Dieu, Jésus ne faisait que réaffirmer la vérité universelle que nous sommes UN. Il proclamait en même temps, et sa propre divinité, et celle de tous ses frères et soeurs de l'univers. C'est pourquoi il a dit que nous ferions de plus grandes choses que ce qu'il avait fait durant son ministère. Étant lui-même en quelque sorte restreint par l'incrédulité et l'intolérance de son propre peuple, (il fit très peu de miracles dans son village) il prévoyait l'aube d'une nouvelle ère spirituelle où tous ces soi-disant miracles deviendraient chose courante.
Malheureusement, la chrétienté de ce temps-là a choisi de ne pas approfondir ces enseignements spécifiques du Maître, probablement parce qu'ils ne comprenaient pas la véritable signification de ses paroles. Il est vrai que, selon la promesse de Jésus, les Apôtres firent quelques miracles, mais le véritable miracle est de toucher le coeur et l'esprit des fidèles et ouvrir ainsi les portes de la connaissance et de l'illumination. De nombreux siècles s'écouleraient avant que les fils et filles de Dieu réclament leur droit d'ainesse et manifestent le pouvoir et les attributs qui sont les leurs de droit divin.
Trois facteurs ont contribué à reléguer les enseignements de Jésus au second plan:
L'Ancien Testament.
Les Actes des Apôtres
La structure hiérarchique de l'Église et son approche matérialiste de la spiritualité..
L'Ancien Testament est l'histoire de tout ce qui s'est passé avant la venue de Jésus. C'est, en majeure partie, l'histoire et les faits d'armes du peuple hébreu dont les tribus se battaient entre elles et contre les autres nations. C'est aussi une constante interaction entremêlée de louanges et de suppliques entre un peuple qui se croyait 'peuple choisi', et un Dieu qui leur accordait Ses faveurs et n'hésitait pas à détruire ceux qui osaient s'en prendre à eux.
Le Livre de la Genèse est le début de cette histoire qui, selon les saintes écritures, débuta il y a plus de 7000 ans, avec l'apparition des premiers habitants de la terre, Adam et Ève, et leurs descendants. Ces données ne sont pas tout à fait exactes, car on sait maintenant que les premiers habitants de la terre firent leur apparition il y a des millions d'années. Le livre raconte l'histoire d'Israel à partir d'Adam jusqu'à Jacob, dont le fils, Joseph fut vendu par ses frères et conduit en Égypte, pour être pris en charge par le roi qui le nomma plus tard gouverneur du royaume.
Les Hébreux vénéraient un Dieu aimant, mais un Dieu de colère et de vengeance, et leur vie religieuse et sociale était basée sur ces principes. En ces temps-là, les gens vivaient sous le régime patriarcal, et leurs lois, rigides et parfois inhumaines étaient d'autant plus implacables qu'elles émanaient, toujours selon leurs croyances, d'un Dieu tout aussi inhumain et intransigeant. Fort de ces lois divines, l'exercice de l'autorité patriarcale donnait lieu à de nombreux abus et le chef de famille (ou de clan) pouvait châtier ou disposer à sa guise de ceux dont il avait la charge et ce, en dépit de l'illogisme et de l'inhumanité de sa décision. On en trouve un exemple frappant dans l'histoire de Sodom:
Lot fait la rencontre de deux étrangers qu'il croit être des anges et il les invite dans sa maison. Ils acceptent finalement et durant la nuit, les hommes de Sodom entourent la maison: Ils appelèrent Loth et lui dirent, 'Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit? Fais-les sortir vers nous pour que nous les connaissions. ' Loth sortit vers eux sur le pas de la porte, il la ferma derrière lui et dit, 'De grâce mes frères, ne faites pas de malheur. J'ai à votre disposition deux filles qui n'ont pas connu d'homme, je puis les faire sortir vers vous et vous en ferez ce que bon vous semblera. Mais ne faites rien à ces hommes puisqu'ils sont venus à l'ombre de mon toit!'(Genesis 19: 5-9)
Même si Loth croyait que ces visiteurs étaient des envoyés divins, quelle sorte de père était-il pour sacrifier ses propres enfants pour des étrangers. En fait, Lot et les autres chefs de famille étaient tellement confus quant à leurs lois religieuses, qu'ils leur étaient possible de prostituer une de leurs filles pour ne pas manquer aux lois de l'hospitalité et du même coup, condamner cette même fille à la lapidation pour avoir couché avec un homme en dehors du mariage. Imaginez seulement les possibilités qui s'offrent à un prédicateur ou un pasteur pervers qui se sert de tels enseignements à ses propres fins!
Exodus est un répertoire des lois civiles et religieuses qui furent établies après le retour de Moïse du Mont Sinaï. Il raconte également le départ du peuple Hébreu d'Égypte, où ils étaient retenus en esclavage par le Pharaon. Ici, on perçoit encore une fois cette corrélation très étroite entre les Hébreux et la Déité, et comme on peut s'y attendre, c'est toujours le même Dieu de colère et de vengeance qui n'hésite pas à détruire d'autres nations pour sauver son peuple. Les événements qui ont précédé l'exode et les sept plaies d'Égypte, démontre que Moïse devait avoir de très puissants alliés, extraterrestrials ou autres, car le Dieu dont Jésus parle dans les Évangiles n'aurait jamais pris parti pour un peuple plutôt qu'un autre. Quelques furent les calamités qui s'abattirent sur les Égyptiens en ces temps-là, elles étaient plutôt dues à des causes naturelles (ou extraterrestrielles) et non pas à la colère divine. Cette Énergie que nous appelons Dieu est notre Père à tous. Il n'a jamais préféré et ne préfèrera jamais un peuple (ou une religion) plutôt qu'un autre. Jamais il n'a sanctionné et ne sanctionnera les atrocités et incongruités que l'on retrouve dans l'Ancien Testament:
Et qui frappe son père ou sa mère sera mis à mort.
Et qui insulte son père ou sa mère sera mis à mort. (Exodus 21: 16-17)
Et quand un homme frappera avec un gourdin son serviteur ou sa servante, et qu'ils mourront sous sa main, il devra subir vengeance. Mais s'ils se maintiennent un jour ou deux, ils ne seront pas vengés, car ils étaient son argent !! (sa propriété?) (Exodus 21: 20)
Une magicienne, tu ne la laisseras pas vivre. (Exodus 22: 18)
Qu couche avec une bête sera mis à mort. (Exodus 22:19)
Si je comprends bien la portée de Exodus 21:20, l'homme n'avait qu'à battre son esclave juste assez pour qu'il survive un jour ou deux, et il était tiré d'affaire. Quel Dieu masochiste! Pour ce qui est des châtiments extrêmes imposés aux fautifs, ils ont été à l'origine des guerres saintes et ils ont fait les beaux jours de l'Inquisition où des juges ignorants et intransigeants condamnaient à mort quiconque refusait de faire profession de foi catholique. Ces lois inhumaines sont responsables de la chasse aux sorcières du moyen-âge et plus récemment, celle de Salem USA, à la fin du 17e siècle. Elles sont également la cause de toutes les guerres religieuses des siècles passées et celles du présent, et il en sera ainsi jusqu'au temps où l'humanité comprendra la véritable nature de l'Énergie que nous appelons Dieu.
Léviticus continue dans la même veine et met également l'accent sur le culte et les cérémonies religieuses du peuple Hébreu. Même si le livre évoque la sainteté de Dieu, il n'en est pas moins teinté de préjugés tels les sacrifices d'animaux, une paranoia marquée du péché et une intolérance qui a marqué le peuple Hébreu jusqu'au temps de Jésus.
Parlez aux enfants d'Israël, et dites-leur: Quand un homme est atteint d'écoulement dans ses organes, cet écoulement le rend impur... Tout lit où s'est couché l'homme atteint d'écoulement est impur...(Lévitique 15: 1)
Dans l'extrait ci-haut, il est possiblement question d'hygiène, mais cela n'a rien à voir avec la spiritualité et les recommandations devraient se trouver dans un livre médical, non dans la Bible.
Si un homme quelconque maudit son père ou sa mère, il sera puni de mort; il a maudit son père ou sa mère: son sang retombera sur lui.
Si un homme commet un adultère avec une femme mariée, s'il commet un adultère avec la femme de son prochain, l'homme et la femme adultères seront punis de mort.
Si un homme couche avec la femme de son père, et découvre ainsi la nudité de son père, cet homme et cette femme seront punis de mort: leur sang retombera sur eux.
Si un homme couche avec sa belle-fille, ils seront tous deux punis de mort; ils ont fait une confusion: leur sang retombera sur eux. (Lévitique 20: 9-12)
Et la liste continue jusqu'à ce que tout le cercle familial y passe. On se demande aujourd'hui pourquoi tant de gens dans le monde sont pour la peine de mort et pourquoi tant d'autres se font justice eux-mêmes. Il est vrai que l'évolution est un processus lent et ce sont là les nécessaires leçons de la vie que nous devons apprendre coûte que coûte. Cependant, ce qui est étrange, c'est que deux mille ans après le départ de Jésus, les chefs des églises n'ont pas cru bon de faire le grand ménage dans leur doctrine respective et d'en extirper tout ce qui n'est pas conforme aux enseignements du Maître dont ils se disent les représentants. Ne trouvent-ils pas étrange qu'un Dieu qui a tant à faire pour prendre soin de tous les êtres de Sa création puisse être concerné par l'écoulement d'un pénis. Que de tells incongruités aient pu trouver place dans ce que l'on considère comme le livre de Dieu pourrait être mis sur le compte de la négligence ou de la distraction, mais qu'elles y soient demeurées durant tant de siècles n'est pas excusable. Les chefs d'église et les évèques devront répondre de leur mollesse et de leur indifférence qui a permis de laisser délibérément dans un livre qu'ils considèrent comme le livre de Dieu, et d'attribuer à Sa volonté, des coutumes barbares et des règles de vie qui n'ont fait qu'induire les fidèles en erreur et conduire à des abus et de la part de gens crédules et très souvent pervers. Cela voudrait-il dire que avons, encore une fois et à l'instar des Hébreux, littéralement créé un Dieu personnel à notre image et à notre ressemblance?
La loi du talion, oeil pour oeil, dent pour dent, remonte à cette même époque et on l'enseignait encore au temps de Jésus,
Si un homme provoque une infirmité chez un compatriote, on lui fera ce qu'il a fait, fracture pour fracture, oeil pour oeil, dent pour dent. (Levitique 24: 19))
Combien de crimes ont été commis au nom de cette loi, personne ne sait, mais une chose est certaine, elle n'est pas la loi de Dieu. Elle n'est pas non plus l'enseignement de Jésus qui disait,
Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l'autre. Si quelqu'un prend ton manteau, ne l'empêche pas de prendre encore ta tunique. Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas ton bien à celui qui s'en empare. (Luc 6: 29-30) Comme on peu le voir dans ces deux extraits, il est déconcertant de retrouver deux points de vue totalement opposés dans un livre que l'on attribue à Dieu. Maintenant qui est le vrai Dieu, le Dieu des Hébreux qui enseigne la loi du talion, ou le Dieu de Jésus qui nous demande de tendre l'autre joue?
Le Livre des Nombres est la continuation du Lévitique et il raconte les efforts de survie d'un peuple durant les 40 ans que dura son voyage vers la terre promise. Pas d'amélioration marquée dans la vie religieuse de ce peuple qui s'accroche encore à ses préjugés et ses croyances erronées. Il semble que la vie religieuse des Hébreux était si étroitement liée à leur comportement social qu'ils en étaient à ce stage de leur évolution où les lois qu'ils promulguaient eux-mêmes étaient attribuées à la volonté divine, ce qui, bien sûr, menait à des abus flagrants de la liberté individuelle. Les rites, les sacrifices d'animaux et les châtiments qu'ils imposaient portaient tous le sceau divin. Ainsi, tout ce qui se produisait dans leur vie était, ou une récompense de Dieu ou la conséquence de Sa colère, et ceci, à tel point qu'il leur était possible de faire la guerre au nom de Dieu et de clamer par la suite que c'était Lui qui les avait rendus victorieux.
Le Deuteronome nous donne une idée de la vie religieuse et sociale sous le règne de Moïse. Il nous fait une description des règles et des lois qui allaient régir le peuple Hébreu jusqu'au temps de Jésus. Mis à part les tables de la loi que Moïse rapporta de son périple sur la montagne, la vie spirituelle des Hébreux est au beau fixe, avec les sempiternelles mises en garde de toutes sortes et les chatiments les plus sévères imposés aux malheureux contrevenants. Si l'on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l'homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi. (Deut.22:22)
Celui dont les testicules ont été écrasés ou l'urètre coupé n'entrera point dans l'assemblée de l'Eternel.
Celui qui est issu d'une union illicite n'entrera point dans l'assemblée de l'Eternel; même sa dixième génération n'entrera point dans l'assemblée de l'Eternel.(Deut.23: 1-2)
Lorsque des hommes se querelleront ensemble l'un avec l'autre, si la femme de l'un s'approche pour délivrer son mari de la main de celui qui le frappe, si elle avance la main et saisit ce dernier par les parties honteuses, tu lui couperas la main, tu ne jetteras sur elle aucun regard de pitié. (Deut.25:11)
Après tout ceci, comment un chrétien peut-il considérer ce livre comme le livre de Dieu? Le vrai Dieu est bienveillant et miséricordieux et Il aime également tous ses enfants. C'est un Dieu qui ne juge pas et ne condamne pas, car il est lui-même la cause et l'effet de tout ce qui arrive dans sa création.
Sans porter de jugement sur la valeur spirituelle des livres de l'Ancien Testament, il apparaît évident que ces livres appartiennent à une époque révolue, un mode de vie primitif qui n'a aucun rapport avec les sociétés évoluées que nous sommes devenues. Ces gens-là n'étaient pas nécessairement méchants. Ils en étaient à l'aube d'une spiritualité qui se limitait à une foi aveugle, une soumission totale à un Dieu qu'ils s'étaient eux-mêmes inventé, et dont le courroux n'avait d'égal que son immense pouvoir de destruction. Leurs croyances fondées sur une telle base négative, il leur était donc facile de transposer dans leur vie cette intolérance qui se manifestait sous le couvert de lois dites divines, dont on se contentait de suivre les consignes à la lettre, tout en en ignorant la portée et les conséquences. Ils étaient trop heureux de pouvoir placer sur les épaules de leur Dieu la responsabilité de leur vie quotidienne et le fardeau des chatiments qu'ils croyaient exécuter en conformité avec Ses lois. A ce stade de leur évolution, de tels chatiments pouvaient sembler normaux, mais le fait de retrouver de tels enseignements dans une Bible du 21e siècle est un anachronisme et une négligence impardonnable de la part des chefs spirituels qui se sont succédés depuis des siècles.
A partir du Livre de Joshua jusqu'à celui d'Esther, l'Ancien Testament nous raconte les péripéties de ce long voyage qui a conduit le peuple Hébreu à la terre promise, l'invasion de Canaan sous la gouverne de Joshua, la chute des murs de Jérico, l'histoire des héros surnommés Juges, dont la plupart étaient des chefs militaires, et les débuts de la monarchie Israelite, avec David, Salomon, Saul et tous les autres. Ce fut une période de bouleversements, de guerres et de conflits constants, et, bien sûr, Dieu était toujours du bon côté, celui du peuple Hébreu.
19:35 Cette nuit-là, l'ange de l'Eternel sortit, et frappa dans le camp des Assyriens cent quatre-vingt-cinq mille hommes. Et quand on se leva le matin, voici, c'étaient tous des corps morts.(2.Rois 19: 35)
Pour tuer ainsi 185,000 soldats en une nuit, il fallait une force de frappe extrêmement puissante, un vaisseau spatial extraterrestre, peut-être!!! Et pourtant, une telle éventualité est encore plus crédible que celle d'un Dieu de la création qui décide de tuer 185,000 de Ses enfants pour plaire au peuple Hébreu. Pensez-y bien!
Après avoir feuilleté plus de 900 pages de cette Bible oecuménique, le livre de Job est le premier qui, à mon point de vue, a une véritable portée spirituelle. Les livres précédents pourraient avoir une certaine valeur, mais celle-ci est submergée par le flot de louanges que les Hébreux adressent à Dieu, et rendue inefficace par l'inhumanité des lois que l'on attribue à Sa volonté divine.
Le livre de Job est l'histoire allégorique d'un homme riche qui perd absolument tout, ses enfants, ses propriétés, son argent. Et comme si ce n'était pas assez, le voilà affigé de la lèpre. Il ne peut comprendre pourquoi Dieu permet que tant de malheurs s'abattent sur lui et il maudit le jour où il vint au monde. Puis, il en vient à comprendre que ce n'est pas Dieu, mais bien lui qui est la cause de ses propres malheurs et il se repent de ses erreurs passées. Aussitôt, il revient à la santé. Non seulement il récupère tous ses biens, mais encore il devient plus riche et prospère qu'il ne l'était auparavant.
Ce Livre de Job est l'histoire de l'humanité que Jésus raconta dans La parabole du fils retrouvé.(Luc 15: 11) C'et l'histoire du paradis perdu, alors que l'homme cosmique avait accès au pouvoir divin du Créateur et à toutes les richesses de Son Royaume. Après ce qu'on appela la Chute de l'homme, qui dépouilla celui-ci de son pouvoir de créateur, l'homme se mit en route pour le long voyage qui doit éventuellement le conduire à la maison de son Père où il retrouvera le Paradis qu'il avait perdu.
Le Livre des Psaumes est un recueil de louanges à la Déité, l'appel à l'aide d'un peuple en constante détresse et l'admission de total soumission d'un peuple à un Dieu qu'ils respectent et craignent en même temps. Il y a, bien sûr, quelques vérités spirituelles telles que Psaume 8: 1-9, qui font surface ici et là, mais, encore une fois, elles sont submergées par le flot de louanges et de lamentations qu'on retrouve du commencement à la fin. Les Psaumes rappelle étrangement les Litanies - encore des louanges et des lamentations - récitées d'un ton monotone durant les Vêpres catholiques, dans la première partie du 20e siècle.
Dans le Livre des Proverbes les auteurs philosophent sur la vie en général. Les proverbes de Solomon devraient être lus, car il est celui qui trancha si adroitement une dispute entre deux mères qui prétendait être la mère d'un enfant. Dans sa sagesse, Solomon offrit de couper l'enfant en deux, ce que la vraie mère refusa, préférant perdre son enfant plutôt que de le laisser mourir. Même si on y retrouve encore le Dieu de colère et de vengeance, comparé aux précédents livres, c'est un souffle d'air frais!
Ecclésiastes nous offre une vision pragmatique et philosophique de la vie. C'est un regard sur la société qui met de côté la religiosité pour se pencher un peu plus sur la motivation de l'être humain, ses besoins et sa recherche du bonheur. Le livre a une saveur épicurienne, car il n'y a sous le soleil rien de bon, sinon de manger, de boire, de se réjouir. (Ecc. 8:15) mais on y retrouve une certaine sagesse. Et surtout, c'est bref et précis et agréable à lire!
Le Cantique des Cantiques est, sans aucun doute, le premier livre érotique jamais écrit. On se croirait à une représentation théatrale où deux amants clament leur amour l'un pour l'autre. C'est bien écrit et très émouvant. Ce n'est pas exactement ce que j'appelerais un livre religieux, mais, après la lecture de l'Exode, du Lévitique et des Juges, je le trouve rafraichissant et beaucoup moins dommageable. Le Cantique des Cantiques enseigne l'Amour, la plus importante des lois spirituelles.
Le Livre d'Ésaïe porte le nom de ce prophète, même s'il n'est pas certain qu'il en fut l'auteur. Esaïe est le premier d'une longue liste de prophètes qui se sont succédés jusqu'au temps de Jésus, le plus grand de tous. Comme je l'ai mentionné auparavant, les Hébreux ne semblaient pas accepter la responsabilité de leurs actes et leur pouvoir décisionnel était soumis à la volonté divine. Qu'il fut question des lois qu'ils promulguaient, des peuples qu'ils combattaient ou encore des erreurs qu'ils commettaient, tout était fonction de la bénévolence ou de la colère de Dieu. De là les nombreuses références à un Dieu de colère et de vengeance que l'on retrouve dans l'Ancien Testament et dans les Actes des Apôtres, et que ce fut pour un encouragement, un avertissement ou une menace, tout émanait de la Déité: Le Seigneur a dit... Dieu a ordonné... Dieu protégera son peuple... Dieu détruira les ennemis de son peuple...Si vous n'obéissez pas, Dieu vous enverra... etc...
N'est-il pas étrange que, du temps de Jésus jusqu'à nos jours, cet interchange entre Dieu et son peuple a pratiquement cessé d'exister. Il y eut, bien sûr, des apparitions, celle de la Vierge de Fatima entre autres, mais aucune d'elles ne se présentait comme la Déité. Le peuple Hébreu fut probablement le seul qui ait jamais prétendu communiquer avec son Dieu de manière aussi assidue. En somme, je suis tout prêt è croire l'une de deux options: ou bien ces histoires font partie d'un folklore qui fut embelli et amplifié au cours des siècles pour servir la cause des rois et chefs d'église, ou le Dieu des Hébreux débarqua directement d'une soucoupe volante (probablement la même qui anéantit 185,000 soldats) et commença à s'immiscer dans les affaires du peuple hébreu. Un véritable chrétien ne peut croire que ces lois furent promulguées par Dieu et que toutes ces atrocités furent le fruit de Sa colère.
Jésus fut le premier véritable prophète qui comprit cette corrélation entre Dieu et les hommes, et le premier qui reconnut Dieu comme le Père de tous et non pas celui d'un seul peuple. Il était prophète, mais il n'avait d'autre conseil à donner que celui de s'aimer les uns les autres. Cela ne veut pas dire que ceux qui se sont manifestés avant Jésus n'étaient pas de véritables prophètes. Ils avaient, bien sûr, le don de prémonition et de clairvoyance et recevaient probablement des messages de l'au-delà comme cela se produit encore de nos jours, mais cela ne veut pas dire que ces messages émanaient tous des dimensions supérieures ou de Dieu. Il faut bien comprendre que la plupart de ces messages se présentent sous forme de symboles que le récepteur tente de déchiffrer du mieux qu'il peut. De nos jours un clairvoyant vous dira, On me dit que... ou bien Ils me disent que... lorsqu'il fait référence à son, ou ses, interlocuteurs éthériques, mais dans l'esprit d'un peuple convaincu d'avoir une relation toute spéciale et unique avec Dieu, tout message qu'ils recevaient ne pouvait qu'émaner de l'Être Suprême lui-même.
D'Isaïe à Jésus, dix-sept prophètes se sont succédés, le dernier étant Malachi qui se manifesta durant le 5e siècle avant Jésus. Ils étaient, d'une certaine manière, des prophètes de malheur. Le peuple hébreu était souvent en guerre avec ses voisins, (et il l'est encore de nos jours) et les prophètes avaient fort à faire pour les convaincre de cesser les hostilités, tout en leur rendant la tâche plus facile en leur promettant la victoire et les réassurant que Dieu était de leur bord. Ainsi, leurs enseignements se perdaient dans le fouillis de croyances primitives, de préjugés et du tintamarre de toutes ces guerres dans lesquelles ils s'engageaient au nom de Dieu.
Tels qu'ils se présentent, les livres des prophètes n'ont pas une réelle valeur spirituelle, parce qu'ils nous présentent l'image d'un Dieu partial qui se range du coté d'un peuple spécifique et prend partie contre le reste de sa création. Ces livres donnent l'impression que tous ceux qui se dressaient contre le peuple hébreu, se dressaient contre Dieu et devaient subir les effets de Sa colère. C'était avant le temps de Jésus, bien sûr, mais ce sont de telles faussetés qui ont conduit les religions à croire que la leur était la seule vraie religion, et leur Dieu, le seul vrai Dieu. De plus, le Dieu que les Hébreux vénéraient ne leur laissait aucune alternative. C'était en fait une relation d'obéissance servile, de soumission totale et de vénération égoïste. Obéissance servile et totale soumission, à cause de la crainte qu'Il leur inspirait, et vénération égoïste, parce qu'ils croyaient que Dieu était de leur bord et, bien sûr, ils le suppliaient constamment et réclamaient Ses faveurs. Ils étaient primitifs dans leur foi, enfantins dans leur approche et, de ce fait, ils étaient prompts à abandonner ce Dieu lorsqu'Il ne répondait pas à leurs attentes.
Tout ce qui précède est basé sur une analyse sérieuse de l'Ancien Testament que beaucoup considèrent comme le Livre de Dieu, et qui est devenu le livre de chevet de centaines de millions de gens bien intentionnés qui n'hésitent pas à vivre leur vie selon des règles et des directives qu'ils ont retrouvé dans ces livres. Si la mémoire ne me fait pas défaut, je crois me souvenir que jusqu'aux années 60, l'Église catholique ne permettait pas à ses fidèles de lire la Bible. Il n'en est pas de même pour les protestants et les petites communautés chrétiennes qui se sont dissociées de l'Église mère et qui ont fait de la Bible beaucoup plus qu'un livre de chevet. Considérant le lavage de cerveau que des pasteurs en herbe ignorants et enfantins ont pratiqué et pratiquent encore sur ces nouveau néophites de l'Ancien Testament, je dois dire que cette directive de l'Église fut une sage décision.
Tournons-nous maintenant vers les Actes des Apôtres qui racontent, en fait, la vie des Apôtres et de leurs disciples après le départ de Jésus, et la conversion et l'ascension de Paul en tant que personnage le plus influent parmi les disciples. On y raconte leur lutte constante pour se maintenir à flot au milieu du scepticisme général et leur courage devant les attaques du Sanhédrin, des Saddducéens et des autres factions qui les harassaient constamment et complotaient pour les faire arrêter et condamner.
Les Actes nous racontent - surtout par la voix de Paul - qu'il se fit plusieurs miracles durant cette période et l'Église naissante reçut de nombreux convertis, mais en autant qu'ils étaient eux-mêmes concernés, c'était par Jésus en en son nom que les Apôtres guérissaient. Sans en diminuer la valeur, ce n'était pas exactement ce que Jésus leur avait enseigné, et cette manière de faire contribua à faire du Maître un symbole et un médiateur, plutôt que de faire comprendre aux fidèles que chacun d'eux avait le pouvoir de guérir et de rendre la santé au corps physique. Les disciples ne croyaient pas encore à leur propre pouvoir divin de guérir, ou plutôt d'imprimer dans l'esprit du malade, l'idée de perfection. Jésus leur avait pourtant enseigné qu'il n'était pas plus difficile de dire, Tes péchés sont pardonnés que de dire Lève-toi et marche,car c'est à cause de nos erreurs, passées et présentes, que le corps se détériore, et lorsqu'on élimine la cause, la condition disparaît. C'est en changeant nos formes de pensée que la guérison peut s'opérer dans le corps physique.
Les disciples comptaient encore plus sur le pouvoir de Jésus après son départ, lequel eut lieu pour leur démontrer qu'ils devaient se fier, non pas à lui, mais à leur propre pouvoir de fils de Dieu pour enseigner et guérir les malades. Ce fut là le talon d'Achilles des Apôtres, des disciples et également celui de l'Église. Parce qu'ils n'avaient pas compris le sens véritable des paroles de Jésus, la chrétienté chemina, de peine et de misère, le long chemin qui devait la conduire, 2000 ans plus tard, à l'aube de sa renaissance et l'accomplissement de son destin cosmique.
Il est évident que les disciples ne se sont jamais débarassés complètement de l'idée d'un Dieu de colère et de vengeance et ceci, à tel point, que Pierre lui-même fut au centre d'une triste histoire où la punition n'avait aucune mesure avec le crime commis, même si cette punition (selon le récit des Actes) venait de Dieu lui-même:
Mais un homme nommé Ananias, avec Saphira sa femme, vendit une propriété, et retint une partie du prix, sa femme le sachant; puis il apporta le reste, et le déposa aux pieds des apôtres. Pierre lui dit: Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton coeur, au point que tu mentes au Saint-Esprit, et que tu aies retenu une partie du prix du champ. S'il n'eût pas été vendu, ne te restait-il pas? Et, après qu'il a été vendu, le prix n'était-il pas à ta disposition? Comment as-tu pu mettre en ton coeur un pareil dessein? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. Ananias, entendant ces paroles, tomba, et expira. Une grande crainte saisit tous les auditeurs. Les jeunes gens, s'étant levés, l'enveloppèrent, l'emportèrent, et l'ensevelirent. Environ trois heures plus tard, sa femme entra, sans savoir ce qui était arrivé. Pierre lui adressa la parole: Dis-moi, est-ce à un tel prix que vous avez vendu le champ? Oui, répondit-elle, c'est à ce prix-là. Alors Pierre lui dit: Comment vous êtes-vous accordés pour tenter l'Esprit du Seigneur? Voici, ceux qui ont enseveli ton mari sont à la porte, et ils t'emporteront. Au même instant, elle tomba aux pieds de l'apôtre, et expira. Les jeunes gens, étant entrés, la trouvèrent morte; ils l'emportèrent, et l'ensevelirent auprès de son mari. (Acts 5: 1-10)
Un tel récit devrait se retrouver dans l'Ancien Testament, pas dans les Actes des Apôtres! Et encore, il est difficile de croire que Pierre ait pu se rendre à une telle extrême pour une simple question d'argent, qui appartenait, de toutes façons, à ces deux personnes. Il n'était pas le plus doux parmi les Apôtres, mais dans ce cas précis, Pierre dépassa les bornes. Qu'il ait pu se servir d'un certain pouvoir pour punir ce couple est une affaire entre lui et son Dieu. Ce qui est certain, c'est qu'il a prévenu la femme de sa mort prochaine et que dans son esprit elle devait mourir.
Si l'histoire se passa vraiment ainsi, cela ne peut que signifier que Pierre n'avait pas vraiment compris les enseignements de Jésus et s'en tenait encore aux enseignements de l'Ancien Testament avec son Dieu de colère et de vengeance. Jésus ne s'est jamais servi de son pouvoir pour faire du tort à qui que ce fut. Son Dieu était un Dieu d'amour et de compassion et n'avait rien à voir avec le Dieu que nous retrouvons dans les Actes des Apôtres et les Lettres de Paul., car aucun de ces écrits ne réflète la véritable essence de ses enseignements. Cela ne veut pas dire que les Apôtres et les disciples n'étaient pas sincères et bien intentionnés. Ils étaient des hommes simples, choisis pour participer à la mission la plus importante de l'âge du Poisson, celle de montrer le chemin du retour vers le Père. Qu'ils aient accompli cette mission ou non n'a que peu d'importance. C'est la sincérité à atteindre le but fixé et les efforts pour y parvenir qui nous conduit tous éventuellement à notre propre illumination.
On raconte également que Pierre fit quelques miracles et dans Actes 3: 1-9, il guérit un infirme de naissance sans toutefois croire que la guérison émane de lui. Il le confirme lorsqu'il s'adresse aux prêtres du Temple:
Le Prince de la vie que vous aviez fait mourir au nom de Jésus, Dieu l'a ressuscité des morts et nous en sommes les témoins. Grâce à la foi au nom de Jésus, ce Nom vient d'affermir cet homme que vous regardez et que vous connaissez; et la foi qui vient de Jésus a rendu à cet homme toute sa santé en votre présence à tous.
Ainsi, en dépit de tout ce qu'il leur avait enseigné, Pierre et les autres Apôtres étaient devenus des adorateurs de Jésus. Graduellement, Jésus le Maître, l'enseignant fut remplacé par Jésus l'idole, qui devint ainsi l'Agneau de sacrifice qui efface les péchés du monde. Il avait produit un tel effet sur eux qu'ils leur était impossible de croire qu'ils feraient eux-mêmes les mêmes miracles qu'il avait accomplis.
A la suite des Actes des Apôtres, nous retrouvons les Lettres de Paul, Jacques, Pierre, Jean et Judes. Toutefois, ce sont les Lettres de Paul qui se détachent de tout le reste comme les écrits les plus influents de la Nouvelle Voie. Il est celui qui a véritablement marqué l'Église naissante et, pour de nombreux chrétiens, ses Épitres sont plus importants que les Évangiles. Il n'est donc pas surprenant qu'après maints conflits avec les Apôtres, Paul réussit à imposer à cette Église son propre style, sa connaissance des Écritures hébraïques et sa propre vision du peu qu'il avait appris des enseignements du Maître. Ainsi, en même temps qu'il tentait de se présenter comme disciple de Jésus et de se faire le porte-parole de ses enseignements, et ceci avec beaucoup de réticence de la part des Apôtres, Paul ne put faire autrement qu'enseigner les écritures hébraïques auxquelles il avait adhéré depuis son enfance, et partager les coutumes judaïques et les préjugés auxquels il croyait encore après sa conversion. Même s'il avait coupé tout lien avec le judaïsme, le nouveau disciple démontrait encore de cette intransigeance qui l'avait fait connaître lorsqu'il pourchassait les chrétiens.
Paul était un juif - il se disait citoyen romain - qui avait persécuté les chrétiens qu'il considérait comme une secte dangereuse. Lors d'une rencontre qu'il fit avec le Jésus ressuscité sur la route de Damas, il devint l'un de ses plus ardents disciples. Il tenta d'accomplir cette mission avec la même impétuosité et la même ardeur qu'il démontra lors de sa poursuite des chrétiens. A cette époque primitive, il était probablement celui qui avait la meilleure chance de faire connaître le nouveau groupe: il était juif, mais juif romain. Il était de la caste des pharisiens, donc beaucoup plus éduqué et renseigné sur les Écritures que les Apôtres qui étaient des hommes simples, des pêcheurs et des journaliers. Connaissant la culture juive et romaine, il était l'homme tout indiqué pour promouvoir cette nouvelle vision de la spiritualité que les Apôtres et les disciples devaient propager à travers le monde, mais, en fait, c'est la faiblesses et les hésitations des Apôtres qui permirent à Paul de s'imposer et de devenir ainsi un des chefs les plus influents des chrétiens.
Cependant, il n'avait jamais été dans l'intention de Jésus de fonder une nouvelle religion. Il avait demandé à ses Apôtres d'aller enseigner toutes les nations. Ils avaient reçu la mission de propager des vérités universelles et non pas celle d'ajouter une religion de plus. Leur force résidait justement dans le fait qu'ils étaient, non pas une secte ou une religion, mais de simples enseignants qui désiraient améliorer le sort des gens, de quelque religion qu'ils fussent. Le passé est toujours garant du présent et, si petite soit-elle, chaque nouvelle religion qui se fonde élargit un peu plus le fossé entre les gens. Voyez seulement ce qui se passe en Uslter, en Israel au Kosovo et dans de nombreuses parties du monde! L'humanité n'a pas besoin de religion. Elle a besoin seulement d'un peu d'amour et de compassion!
C'est leur perception primitive et matérialiste des enseignements de Jésus qui a conduit les Apôtres et les disciples à fonder une nouvelle religion, favorisant ainsi, dans la nouvelle doctrine, un retour aux rites et aux louanges qui avaient caractérisé l'Ancien Testament et s'étaient perpétués dans la culture juive et romaine. De là est née l'Église catholique et les autres églises qui se sont greffées à la chrétienté telle que nous la connaissons aujourd'hui.
Même si une telle initiative n'était pas dans les intentions de Jésus, ce fut probablement une bonne décision de mettre sur papier ses enseignements, car, de ce qui ressort des Lettres de Paul, Pierre et les autres, les Apôtres et les disciples étaient plus enclins à citer les écrits de l'Ancien Testament qu'à transmettre les enseignements du Maître. Il n'est donc pas surprenant de retrouver, dans les Actes des Apôtres et les Lettres, des enseignements assez radicaux sur le péché, le sexe et l'immoralité, points de vue que Jésus ne partageait pas, et qui se retrouvaient tous, comme par hasard, dans les livres de l'Ancien Testament. Ces enseignements étaient si profondément ancrés dans leur esprit que, en dépit de leur attachement à Jésus, les Apôtres et les disciples en vinrent, eux aussi, à incorporer dans les enseignements du Maître, les préjugés et les enseignements erronés de l'Ancien Testament.
N'ayant pas connu Jésus avant sa crucifixion, Paul devait s'en remettre aux Apôtres pour lui transmettre ce qu'ils avaient retenu de paroles du Maître, mais dans son esprit et si j'en juge par ses écrits, les enseignements n'avaient pas autant d'importance que la vision qu'il reçut sur le chemin de Damas. Il ne connut pas le véritable Jésus, l'enseignant spirituel qui avait passé les trois dernières années de son ministère à enseigner des vérités spirituelles que personne n'avait entendues auparavant. Il ne vit que Jésus, l'unique fils de Dieu, le Seigneur Jésus-Christ et le Sauveur de l'humanité. De cette prémisse, on pourrait conclure que, s'il était incontestablement un fervent disciple, il n'en demeurait pas moins 'débranché' en quelque sorte des enseignements qu'il ne connaissait que vaguement. De ce fait, sa prédication était beaucoup plus une glorification de Jésus qu'une continuité de ses enseignements. La vision avait fait une telle impression sur lui qu'il ne pouvait croire que Jésus était un homme ordinaire. Il ne retint donc que l'aspect miraculeux de l'expérience et en fit l'élément-clé de son ministère. En conséquence, les Lettres de Paul sont, pour la plupart, centrées sur le culte, l'obéissance, le péché et la pénitence, ces derniers étant très en évidence dans les Lettres.
Paul n'allait pas se laisser détourner de sa divine mission, et, tant bien que mal et dans un contexte de crainte et de doute de la part des disciples, il s'intégra graduellement dans le groupe, mais il apparaît évident, à la lumière de ses propres écrits, que les Apôtres craintifs lui ont transmis, au compte-goutte, les enseignements du Maître. Le nouveau converti se concentra donc sur les Écritures hébraïques et fit du mieux qu'il put pour faire une sorte de pot-pourri de tous ces enseignements.
En fait, après de nombreuses tergiversations avec les Apôtres, Paul s'implanta graduellement comme une autorité en matière de doctrine, et le groupe se mit à suivre ce nouvel enseignant qui amalgamait si adroitement l'Ancien Testament avec la nouvelle doctrine dont Jésus était devenu un simple symbole. A partir de ce jour, cette doctrine se transforma de plus en plus en un mélange d'enseignements juifs et chrétiens et l'Église prit son essor sur le modèle des rites juifs et païens qui prévalaient en ces temps-là.
De ce qui ressort des enseignements de Paul, je dirais que, par le biais de son éducation juive et ce qu'il retint des enseignements de Jésus, il parvint à amalgamer l'héritage religieux de ses ancêtres à la nouvelle doctrine pour en faire la structure rigide et orthodoxe que nous connaissons aujourd'hui. Ce n'était pas exactement ce que Jésus avait à l'esprit, mais l'Ancien Testament étant tellement imprégné dans le mode de vie religieuse et sociale de son peuple, Paul trouva plus confortable d'enseigner le meilleur (et le pire) du folklore religieux hébreu, tout en glorifiant en même temps le Jésus qu'il avait rencontré sur le chemin de Damas. Comme je viens de le mentionner, le peu qu'il connaissait des enseignements du Maître n'était pas très clair dans son esprit. Même s'il appelait Jésus, le Christ, il ignorait la signification réelle de ce mot. N'étant pas lui-même un Apôtre, ni même un des premiers disciples, Paul n'avait pas l'avantage d'avoir participé à toutes ces rencontres où Jésus prêchait la Bonne Nouvelle. Il n'avait pas entendu la chaude voix du Maître lorsqu'il parlait de son Père. Il n'avait pas été témoin de ses nombreux miracles. Aux yeux des Apôtres, il était comme le renard dans la bergerie et ils étaient peu disposés à transmettre les enseignements de leur Maître bien-aimé à celui qui les avait persécuté avec tant de hargne et de cruauté.
Arrivé à Jérusalem, Saul (Paul) essayait de s'agréger aux disciples, mais tous avaient peur de lui, n'arrivant pas à le croire vraiment disciple.(Actes 9: 26)
Ce n'était pas exactement ce que Jésus avait à l'esprit lorsqu'il enseignait, car il était venu, non pour perpétuer la loi de Moïse, mais pour la parfaire et en retirer toutes les incongruités et les erreurs qui s'étaient infiltrées au cours des siècles. C'est pourquoi, il est juste de remettre les enseignements de Paul dans leur perspective propre et de tenter démontrer qu'ils se réfèrent beaucoup plus de l'Ancien Testament que des enseignements de Jésus. Paul l'avoua candidement et fit sa profession de foi lorsque les prêtres l'accusèrent de soulever le peuple,
Voici ce que je reconnais: je suis au service du Dieu de nos pères selon la voie qu'eux qualifient de secte; je crois tout ce qui est écrit dans la loi et les prophètes. (Actes 24: 14)
Cette profession de foi démontre que, même s'il était un chrétien converti et enseignait au non de Jésus, Paul était encore un pharisien de coeur. Elle démontre également qu 'il croyait toujours aux Écritures hébraïques, et même s'il tenta de les adapter à ses nouvelles croyances, cela se perçoit dans tous ses écrits. Le fait d'admettre sa foi dans tout ce qui est écrit dans la loi et les prophètes, s'apparentait fort à une négation des enseignements de Jésus. De toutes façons, il savait fort bien que tout ce qui n'entrait pas dans le moule des modes de vie et coutumes des Hébreux devait être présenté de manière délicate, car les prêtres étaient toujours sur le qui-vive pour dénoncer toute déviation de la doctrine hébraïque.
Par exemple, la circoncision était un sujet délicat et Paul savait, et avec raison, qu'il pouvait aisément glisser sur une peau de banane lorsqu'il en était question. Il enseignait aux juifs tout aussi bien qu'aux gentils, mais ces derniers n'étant pas circoncis, il se devait de donner une explication aux juifs qui lui posaient des questions à ce sujet. Évitant de se compromettre, il leur répondit:
Sans doute, la circoncision est utile si tu pratiques la loi, mais si tu transgresse la loi, avec ta circoncision tu n'es plus qu'un inconcirconcis. Si donc l'inconcirconcis observe les prescriptions de la loi, son incirconcision ne lui sera-t-elle pas comptée comme circoncision.? (Romains 2: 25-26)
Cette réponse, assez brillante à mon avis, démontre quand même que Paul, dont la foi en Jésus demeura toujours forte et inébranlable, se sentait tiraillé entre son allégeance aux Écritures de l'Ancien Testament et cette nouvelle doctrine qu'il se croyait appelé à enseigner. De plus, en dépit de sa bonne volonté, Paul ne partageait pas toujours le point de vue des Apôtres sur la doctrine. Ses nouvelles croyances étaient basées sur la foi en sa vision et en Jésus, et, dès ce moment, la foi devint son arme la plus efficace pour convertir de nouveaux adeptes. Il en fut le plus ardent défenseur et ses prises de position venaient souvent en contradiction avec celles des Apôtres:
Mais maintenant, indépendamment de la loi, a été manifestée la justice de Dieu à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n'y a point de distinction, car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. (Romains 3: 21-24)
Une telle prise de position fut démentie plusieurs fois par Jacques:
Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les oeuvres? La foi peut-elle le sauver? (Jacques 2: 14)
Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les oeuvres est inutile? (Jacques 2: 20)
24 Vous voyez que l'homme est justifié par les oeuvres, et non par la foi seulement (Jacques 2: 24) Si je devais trancher en faveur de l'un ou de l'autre, j'opterais plutôt pour le point de vue de Jacques, car l'homme est justifié par ses oeuvres et sera recompensé en conséquence. La foi n'est pas une fin en soi. Croire sans vraiment comprendre n'apporte rien de constructif du point de vue spirituel. La foi aveugle est le sport de ceux qui croient vraiment que le fait de croire en Dieu, de participer aux rites et d'assister aux offices religieux leur ouvrira les portes du Paradis. Bien sûr, Jésus parlait souvent de la foi. de la foi qui guérit, de la foi qui transporte les montagnes, mais il n'a jamais dit, comme Paul, que seule la foi nous sauverait. Lorsqu'on lui demandait quel était le plus grand commandement, il n'a pas parlé de foi, mais plutôt d'amour et de compassion:
Maître, quel est le plus grand commandement de la loi? Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C'est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. (Mat. 22: 36-40)
Chaque fois que Jésus mentionnait le mot 'foi', c'était pour souligner le fait que la guérison s'opère sur ceux qui sont prêts pour une telle transformation, ceux qui ont foi, non pas en Dieu ou en Jésus, mais en leur propre pouvoir divin de transformation. Jésus ne guérissait pas même s'il avait le pouvoir de le faire. Il ne faisait que déclancher, chez cet individu, le méchanisme de guérison que chacun de nous possède de droit divin. En fait, il ne guérissait que ceux qui en faisait la requête. Il arriva qu'une femme ne fit que toucher le bord de son vêtement et elle fut guérie, car elle croyait en sa propre guérison. Jésus n'avait-il pas dit que la foi (la foi de l'individu en son propre pouvoir) pouvait déplacer les montagnes. Cependant, il n'a jamais dit que la foi était nécessaire pour être aimé de Dieu ou être sauvé. Dieu aime tous ses enfants également, inconditionnellement, et quelque puisse être leur condition de vie, qu'ils soient Juifs, Mahométans, Chrétiens, non-croyants, prostitués, homosexuels, voleurs ou meurtriers de la pire sorte.
C'est pourquoi Paul se trompa radicalement lorsqu'il enseigna que la foi était un pré-requis pour être sauvé. Dieu n'a que faire de notre foi, car il est là, présent en chacun de nous. Dieu veut que nous soyons, non pas à son service, mais au service de nos frères et soeurs de la terre.
Contrairement aux enseignements de Jésus, Paul croyait que Dieu favorisait les juifs avant tout autre peuple. Il croyait toujours à la notion de peuple choisi et lorsqu'il prêchait, il ne manquait pas de la mettre en perspective:
Car je n'ai point honte de l'Evangile: c'est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec, parce qu'en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu'il est écrit: Le juste vivra par la foi. (Romains 1: 16-17)
Tribulation et angoisse sur toute âme d'homme qui fait le mal, sur le Juif premièrement, puis sur le Grec! Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, pour le Juif premièrement, puis pour le Grec, car en Dieu, il n'y a pas de partialité! (Romains 2: 9-10)
Dans ce dernier passage, Paul se contredit, car si Dieu juge tous les êtres humains également, il ne peut y avoir ni premier, ni second lorsqu'il est question de justice divine. On voit bien ici l'énorme influence des écritures hébraïques sur les enseignements de Paul et c'est pourquoi je dis que l'Ancien Testament fut l'un des facteurs qui ont rélégué les enseignements de Jésus à l'arrière-plan.
Il est évident que Paul était quelque peu obsédé par le sexe et cela est tout-à-fait manifeste dans ses écrits. Il en parlait d'ailleurs abondamment et il ne manquait pas de fustiger quiconque contrevenait aux règles de la nouvelle doctrine, règles dont il était l'un des principaux auteurs. Jésus n'avait pas ce genre de discours, et loin d'être obsédé par le sexe, il était venu à la défense de Marie-Madeleine, la pécheresse et empêcha même sa lapidation. Ainsi, ne pouvant trouver dans les enseignements de Jésus des arguments pour étayer ses dires, il se servit, une fois de plus, des écritures hébraïques qui correspondaient beaucoup plus à ce qu'il croyait être un comportement chrétien. L'immoralité étant devenue, avec la foi, son cheval de bataille, il tenta, sans y réussir, de mettre le sexe au ban de la société:
Pour ce qui concerne les choses dont vous m'avez écrit, je pense qu'il est bon pour l'homme de ne point toucher de femme. Toutefois, pour éviter l'impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari. Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari. La femme n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est le mari; et pareillement, le mari n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est la femme. Ne vous privez point l'un de l'autre, si ce n'est d'un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence. Je dis cela par condescendance, je n'en fais pas un ordre. (Cor. 7:1-6)
Je dis donc aux célibataires et aux veuves qu'il est bon de rester ainsi, comme moi. (1 Cor. 7: 8)
Ce sont là les enseignements qui ont conduit au célibat des prêtres, enseignements d'un homme probablement déçu dans sa propre sexualité et sa relation avec les femmes. Il n'avait jamais été dans l'intention de Jésus d'imposer le célibat à ses disciples et il n'en fut pas mention dans les enseignements et les paraboles. Comme Paul le disait lui-même, ce n'était pas une directive de Jésus, mais une opinion personnelle, amplifiée par les enseignements rigides auxquels il avait été exposé depuis sa naissance. Pour éviter l'impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari est probablement le pire conseil que Paul ait jamais prodigué. Par cette affirmation, il met à jour sa propre aversion de la sexualité et tente, sans toutefois l'imposer, de la communiquer aux disciples et au peuple en général. Me basant sur de tels enseignements, je n'ose m'imaginer ce que certains prêtres ont du enseigner à leurs fidèles au cours des siècles, sans oublier les tourments qu'ils ont eux-mêmes enduré.
En général, sa vision de la sexualité était, à tout le moins, primitive et enfantine. C'était l'appel à l'aide d'un être qui ne comprenait pas son propre corps, sa propre sexualité et encore moins celle des autres:
Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ? Prendrai-je donc les membres de Christ, pour en faire les membres d'une prostituée? Certes non! Ne savez-vous pas que celui qui s'unit à la prostituée ne fait qu'un seul corps?(Corinthians 6: 15)
Cette façon de voir de Paul démontre encore une fois qu'il n'avait pas été bien informé des enseignements de Jésus, ou encore qu'il ne croyait pas exacte ou pertinente la relation qu'on lui en avait fait. Même si les Évangiles ne définissent pas le terme, le Christ est une force de l'esprit, une force universelle présente en tout être humain de quelque condition qu'il soit. Lorsque Jésus disait Le Père et moi nous sommes un, il parlait précisément de cet Esprit Christique qui est, en somme, Dieu en mouvement, et qui est partie intrinsèque de la forme qui nous sert de corps. Ainsi, quand Paul fait cette mise en garde, il démontre son ignorance des enseignements ésotériques que Jésus avait prodigué à ses Apôtres. Le Christ est en vous et en moi, tout comme ilest partie intégrante de la prostituée, de l'homosexuel, du voleur et du criminel. Il existe en tout être humain.
Comme je l'ai mentionné plus haut, Paul était sincère dans sa croyance et il croyait bien faire, tout comme le croient, par ignorance, les bons chrétiens d'aujourd'hui qui s'acharnent sur les cliniques d'avortement. Il croyait vraiment, tout comme les Apôtres, que la mort de Jésus avait effacé les péchés de l'humanité, et pourtant il passa la majeure partie de son ministère à parler de péché et à inciter les fidèles au repentir. Je me demande comment il pouvait reconcilier le fait que Jésus avait effacé les péchés avec sa propre croisade contre le péché. La mort de Jésus avait-elle effacé seulement les péchés passés de l'humanité ou l'humanité était-elle exempte de péché pour toujours. Si les péchés étaient effacé à jamais, alors la prédication de Paul était inutile, et s'ils ne l'étaient pas, alors pourquoi mourir pour effacer les péchés d'un peuple qui retomberait dans le péché tout de suite après? Il y a là une contradiction que l'Église n'a pas crû bon d'approfondir, toute occupée qu'elle était à faire de Jésus son instrument principal de salut.
Et puisque nous sommes justifiés par son sang, à plus forte raison serons-nous sauvés par lui de la colère. Si en effet quand nous étions ennemis de Dieu, nous avons été réconciliés avec lui par la mort de son fils...(Romains 5: 9-10) Dieu n'avait pas et n'a pas pas d'ennemis comme Paul l'affirme. Un Dieu personnel tel que celui des Hébreux peut avoir des ennemis car il est la création de l'homme. Le vrai Dieu est un Dieu impersonnel mais bienveillant, car il est partie intrinsèque de chacune de ses créatures. Les paroles de Paul sont donc une réaffirmation des écritures hébraïques et il en ressort que Paul est beaucoup plus un émulateur de Jean-Baptiste qu'un véritable disciple de Jésus.
Comme il se considérait un redresseur de torts - il l'a prouvé par sa poursuite des chrétiens - Paul était prompt à juger les autres sur la base de sa croyance en un Dieu de colère et de vengeance et il n'hésitait pas à rendre jugement et ordonner de sévères chatiments pour ceux qui s'étaient éloignés du droit chemin. L'exemple suivant nous donne une petite idée de l'école de pensée pharisaïque et intolérante de Paul:
On entend dire généralement qu'il y a parmi vous de l'impudicité, et une impudicité telle qu'elle ne se rencontre pas même chez les païens; c'est au point que l'un de vous a la femme de son père. Et vous êtes enflés d'orgueil! Et vous n'avez pas été plutôt dans l'affliction, afin que celui qui a commis cet acte fût ôté du milieu de vous!
Pour moi, absent de corps, mais présent d'esprit, j'ai déjà jugé, comme si j'étais présent, celui qui a commis un tel acte. Au nom du Seigneur Jésus, vous et mon esprit étant assemblés avec la puissance de notre Seigneur Jésus, qu'un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l'esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus.
En condamnant cet individu et en ordonnant que le corps soit détruit, Paul s'octroyait un pouvoir discrétionnaire que Jésus ne se serait jamais octroyé et il démontrait encore une fois son ignorance des enseignements du Maître. Si je ne m'abuse, la destruction de la chair est l'équivalent d'une condamnation à mort, probablement une lapidation que les fidèles se doivent d'exécuter selon les ordres de Paul et à la manière des enseignements hébraïques. Est-ce que c'est vraiment là un disciple de Jésus qui pardonna à Marie-Madeleine et demanda à ses accusateurs:
Que celui d'entre vous qui est sans péché lui lance la première pierre!
La plupart des chrétiens sont sous l'impression que Paul était un expert des enseignements de Jésus, à tel point qu'ils ne prennent même pas la peine de lire les Évangiles et s'en réfèrent plutôt aux Actes des Apôtres qui leur semblent plus proche de leurs propres formes de pensée. Et pourtant, tout semble indiquer que Paul ne reçut que quelques-uns des enseignements de Jésus, quelques bribes ici et là, et encore là, avec prudence de la part des Apôtres. Ceux-ci ne faisait pas totalement confiance à un homme qui les avait persécuté dans le passé. Sa vision de Jésus ne les avait pas impressionnés particulièrement puisqu'ils n'en furent pas témoin et ils craignaient qu'il fut un espion à la solde du Sanhédrin. Et dans l'affirmative, tout ce qu'ils lui auraient confié aurait pu être retenu contre eux dans une cour de justice. Et c'est pourquoi Paul se concentra sur les écritures hébraïques qu'il connaissait si bien. Il les adapta tant bien que mal à la doctrine chrétienne, ce qui donna lieu aux erreurs, aux interprétations erronées et aux préjugés que nous retrouvons dans ses Lettres. Ni Paul ni les Apôtres ne doivent être blamés pour cette déviation des enseignements de Jésus. Ce fut une période éprouvante pour tous les disciples, car ils étaient partagés entre leur allégeance à la religion qu'on leur avait inculqué dès leur tendre enfance et cette nouvelle doctrine enseignée par un prophète mort sur une croix, et par la suite ressuscité pour disparaître de nouveau, cette-fois-là pour toujours. Il est donc compréhensible que, influencé par les enseignements et les Lettres de Paul, les disciples aient choisi de faire un amalgame des deux écoles de pensée, ce qui conduisit à une Église fondée sur le matérialisme, le culte, la hantise du péché, la crainte de l'enfer et l'intolérance.
Enfin, le troisième facteur, La structure hiérarchique de l'Église et son approche matérialiste de la spiritualité, découle, du moins en partie, des enseignements de Paul, parce que ces enseignements donnaient l'impression que les disciples avaient autorité pleine et entière sur le bien-être spirituel (et même matériel) de leurs fidèles et toute décision demeurait entre leurs mains. Ainsi, la structure hiérarchique prit forme, et alors que certains, dont Paul, prirent charge de leur église respective, d'autres furent placés à différents postes pour contrôler l'afflux de fidèles et leur prodiguer les directives nécessaires à leur intégration dans le groupe et ainsi de suite jusqu'à ce que l'Église devienne ce que Jésus n'avait pas prévu, une religion beaucoup plus centrée sur l'organisation, le recrutement, la construction d'églises, les processions et la collecte de la dîme, que sur l'enseignement et l'aide aux déshérités. Un tel matérialisme a donné naissance à une religion superficielle où l'apparence était plus importante que la doctrine elle-même, avec, pour résultat, la magnificence de ses églises et la pompe et le cérémonial des ses rites.
Jusqu'au 6e siècle, et ce en dépit de l'influence juive et romaine, les enseignements du Maître étaient au premier plan, mais, sous l'égide de l'empereur Justinien, le Concile de Constantinople de 543 fit une razzia dans la doctrine et en retira tous les enseignements qui n'avaient pas la faveur de l'empereur. C'est ainsi que tout ce qui touchait à la réincarnation fut retiré de la doctrine et que Jésus, et non les enseignements, devint le centre et le pivot d'une religion basée sur le matérialisme et la glorification des idoles avec, au premier plan, Jésus qui fut dès lors considéré comme l'unique Fils de Dieu et le Sauveur des hommes. C'est de cette façon que le Maître devint l'intermédiaire entre Dieu et les hommes et le bouc émissaire qui effaçait les péchés d'une humanité qui ne pouvait se tenir sur ses deux pieds et devait être littéralement portée jusqu'au trône de Dieu. Une fois de plus, la religion devint un centre de culte et d'adoration où les enseignements de Jésus ne faisait plus aucun sens puisqu'il était venu pour éveiller l'humanité à la connaissance de sa véritable nature de fils et filles de Dieu.
L'erreur ne fut pas dans la déification de Jésus, mais plutôt dans l'affirmation qu'il était l'unique Fils de Dieu, alors que nous sommes tous, à titre égal, les Fils de Dieu. Une telle croyance faussa l'ordre divin et plaça les êtres que nous sommes dans un rôle subordonné où chacun devait se tourner vers Jésus pour être sauvé. Cet état de choses s'est perpétué durant des siècles et les églises, guidées par des prêtres et des pasteurs ignorant tout des principes cosmiques qui gouvernent l'humanité, ont perpétué l'illusion que nous étions tous les serviteurs de Dieu, alors que c'est Dieu qui nous sert dans tous nos besoins à chaque minute et chaque jour de notre vie.
Et c'est ainsi que les religions chrétiennes devinrent les miroirs du paganisme avec leurs icônes et leurs rites, et que, plaçant ainsi à l'arrière-plan le Nouveau Testament et les enseignements de Jésus, l'Ancien Testament redevint ce qu'il était autrefois, le livre de chevet de millions de chrétiens.
L'ge qui vient de prendre fin fut parsemé d'embuches qui firent de l'Église et des autres églises qui en découlèrent, une structure rigide centrée, non pas sur les besoins spirituels de ses fidèles, mais sur les dogmes et la doctrine qu'elle s'était elle-même édifiés. C'est de cette façon que, en dépit de ses croisades meurtrières et de son infâme Inquisition qui mina à jamais sa crédibilité, l'Église put réussir à survivre les siècles se servant del'épouvantail de la confession et de la peur de l'enfer et la promesse d'un Paradis gagné à coup d'indulgences, de neuvaines et de grand'messes pour garder sous son pouvoir les nombreux fidèles qui ont joint ses rangs depuis des siècles.
Le 20e siècle vit naître une nouvelle humanité qui ne pouvait se satisfaire d'une religion où le rouge et l'écarlate était synonyme de pouvoir et de richesse, et dont les prêtres étaient non pas les gardiens de leurs ouailles, mais les maîtres d'oeuvre de leurs chefs religieux. Les confessionnaux en auraient long à raconter et nombreuses furent les familles littéralement détruites par l'intransigeance de ces prêtres pour qui la doctrine était plus importante que le bien-être et la vie de leurs ouailles.
Après les horreurs de la deuxième grande guerre où 6 millions de juifs perdirent la vie dans les chambres à gaz des nazis, et où on put voir l'Église assister, sans broncher à la décimation des juifs, (après ils avaient tué Jésus!) Hello les gens commencèrent à se poser de sérieuses questions sur la légitimité d'une institution qui contrôlait la vie spirituelle de ses fidèles jusque dans la chambre à coucher et de l'infaillibilité d'un chef religieux qui s'entêtait à perpétuer des lois d'église désuètes alors que la société elle-même évoluait lentement mais sûrement vers le troisième millénaire. De plus en plus de gens cessèrent de pratiquer assidument une religion à laquelle ils ne participaient que pour les mariages, les baptêmes et les enterrements. En dépit des avertissements de l'Église, les moyens de contraceptions firent leur apparition dans les pharmacies, les femmes furent de plus en plus nombreuses à recourir à l'avortement lorsque c'était nécessaire et les homosexuels se manifestèrent ouvertement pour réclamer le droit de vivre leur vie comme ils le désiraient.
Les prêtres eux-mêmes devaient bientôt affronter leur propre calvaire et connaître la rigueur et l'intolérance de l'Église qu'ils croyaient être à l'image de Jésus, compatissante et désintéressée. De 1940 à 1965, il se produisit une désaffection de la prêtrise où l'on vit de nombreux prêtres exprimer le désir de quitter leur fonction cléricale, parce que l'état ecclésiastique, ou l'Église elle-même, ne correspondait plus à leurs aspirations spirituelles. Alors commenca une longue lutte entre l'Église et ses prêtres 'défroqués', durant laquelle ceux-ci furent soumis à des pressions et des injustices dignes de l'Inquisition qu'elle avait autrefois tenté de justifier. Après des années sacrifiées au service de cette Église pour un salaire minable, tous ces prêtres se retrouvaient sans un sou ou presque, parce que celle-ci n'avait rien prévu pour eux. Il en était de même des communautés de pères et de soeurs, dont l'une des principales règles était le voeu de pauvreté qui obligeait leurs membres à offrir leurs services gratuitement en échange du logement et du couvert, et qui avaient récolté des millions en vendant ces mêmes services aux écoles et autres institutions. Au moment où ces prêtres et soeurs dissidents avaient vraiment besoin qu'on les aide, ces communautés abandonnaient à leur sort ceux qui osaient briser le contrat qui devait les lier à vie à leur communauté, tout cela parce qu'ils croyaient leur Sainte Mère l'Église au-dessus de toute bassesse et de toute cupidité lorsqu'il était question d'aider un être humain. La seule explication possible serait que l'Église n'a jamais vraiment compris les enseignements du Maître en ce qui regarde l'amour, la fraternité et la compassion. Ce fut là la voie que l'être humain a choisi de prendre durant l'ge du Poisson, une voie transitoire semée d'embuches, qui a conduit à l'humanité spirituelle qui se dresse tout autour de nous. Cette nouvelle humanité ne peut se contenter de ce statu quo qui dure depuis des siècles, perpétué par des chefs religieux d'un autre âge, partagés entre leur allégeance à la doctrine et les impératifs d'une humanité en constante évolution. Maintes fois au cours de son histoire, l'Église aurait pu sortir de sa tour d'ivoire et prendre le pouls des fidèles en ce qui a trait à leur propre orientation spirituelle. Malheureusement, elle a préféré perpétuer des mythes et des dogmes au lieu de croître en sagesse et en connaissances puisque c'est là le but de notre incarnation terrestre. L'Église est demeurée volontairement statique durant si longtemps qu'il faudrait un soulèvement démocratique drastique de ses membres les plus jeunes pour la ranimer.
Si je devais résumer cet exposé, je dirais que les événements qui se sont produits il y a deux-mille ans et ceux qui ont suivi, font partie de générations futures de d'un scénario cosmique, lequel, en dépit de la négativité engendrée par l'ignorance et l'incompréhension de ceux que Jésus avait envoyé enseigner toutes les nations, se déroula tel que prévu par les forces spirituelles qui veillent à l'équilibre du cosmos. Il est vrai que les enseignements les plus importants ne font plus partie de la doctrine de l'Église, mais le peu qu'il en reste suscita la curiosité et l'intérêt des générations qui ont suivi et qui ont tenté de percer les soi-disant mystères de la vie que l'Église a toujours considéré comme des prérogatives divines, sacrées et non accessibles aux humains que nous sommes. Et, bien sûr, il y eut de nombreux maîtres qui se manifestèrent de temps à autre parmi les civilisations qui suivirent. Ils n'étaient ni prédicateurs ni chefs d'église, mais des hommes simples, travaillant dans l'ombre, donnant l'exemple et enseignant les verités fondamentales de la vie à tous ceux qui étaient à la recherche de choses plus consistantes que les rites et cérémonies des religions.
Que nous le reconnaissions ou non, nous sommes littéralement les dieux de la création. Il n'existe aucun autre Dieu en expression que le Dieu que nous sommes tous, individuellement. Il n'existe pas de Dieu personnel qui veille sur nous de là-haut. Il y a cependant une réplique de cette Suprême Énergie que nous appellons Dieu, cachée au-dedans de chacune des formes qu'il a créées. Nous avons été créés à l'image et à la ressemblance de ce Dieu. C'est pourquoi il est dit que Dieu est tout et tout est Dieu. Ce n'est que lorsque l'humanité réalisera que Dieu est littéralement et individuellement chacune de Ses créatures, et qu'il ne pourrait s'exprimer dans Ses mondes éthériques et physiques du cosmos si ce n'était des innombrables esprits qui habitent ces mondes, que l'on comprendra enfin les paroles de Jésus lorsqu'il disait:
Le Père et moi nous sommes Un. Je suis dans le Père et le Père est en moi.
Ledash