Ce chapitre s'adresse à l'esprit de ceux qui ont choisi la prêtrise comme vocation de vie et qui ressentent en eux-mêmes les incertitudes de notre temps et les doutes que soulève une religiosité conservatrice et intolérante face aux nombreux problèmes, moraux et spirituels, qui assaillent l'humanité.
De nos jours, de nombreux prêtres oeuvrent toujours à l'intérieur de l'Église. Certains d'entre eux ont sans doute trouvé là, le contentement et le bonheur auxquels ils ont droit, mais de nombreux autres, ayant perdu tout espoir de réaliser leur mission karmique dans une atmosphère aussi limitée, ont quitté la prêtrise pour affronter une nouvelle vie, et se sont rendus compte que le changement avait grandement élargi leur propre vision de la vie.
Puisse cet exposé apporter l'espoir et la paix d'esprit à tous ceux qui sont à la recherche des véritables valeurs spirituelles de la vie.
Car personne ne peut juger, ou mépriser, ou contraindre, l'esprit divin qui imprègne, en toute magnitude, le corps de l'être humain. Il s'agit, en somme, de vivre dans la plénitude de vibration spirituell,e et non dans la peur, l'ignorance, le mystère et l'adoration des idoles, car ils sont, non pas la réalité, mais l'illusion.
[Traduction de l'auteur] TALKS WITH CHRIST (Conversations avec le Christ)
Elwood Babbitt et feu Chs.H. Hapgood
Perçue dans son essence ésotérique, la prêtrise est une véritable vocation, et ceux qui consacrent leur vie à l'enseignement des vérités spirituelles, sont les vrais disciples de Jésus, le plus grand des Maîtres. Cependant, il ne faut pas oublier que nous sommes tous des prêtres. Nous avons tous une mission spéciale sur cette terre, et nous sommes tous, individuellement, le gardien de nos frères et soeurs du monde.
S'il est vrai qu'il a une mission spécifique à accomplir, le prêtre n'est pas plus le représentant 'spécial' de Dieu sur terre, que la mère qui donne naissance à un enfant et guide ses pas dans la vie, l'architecte qui dessine une maison, ou le charpentier qui la construit. Chacun d'entre nous est partie intrinsèque de cette Force Universelle que nous appelons Dieu, et nous sommes tous, en toute égalité, et chacun dans sa propre sphère d'activité, les représentants 'spéciaux' de Dieu, dans le monde tridimensionnel que nous habitons.
Cette vérité est clairement exemplifiée dans la parabole des talents, où il est démontré, de manière symbolique, que, peu importe notre richesse, ou notre position dans la vie, nous serons jugés selon nos oeuvres, et, du plus petit au plus grand, nous rendrons compte des talents que nous aurons reçus. Le travail que nous accomplissons, et la position que nous occupons, quelque prestigieux qu'ils soient, ne sont, en somme, que le contexte, délibérément choisi par l'esprit, et dans lequel il évoluera, pour exprimer sa propre individualité. C'est ainsi que nous progressons sur le chemin évolutif de la vie, tantôt roi et tantôt serviteur, et ce chemin nous conduira, tôt ou tard, à l'état de Conscience Christique auquel nous aspirons tous.
Une perception matérialiste de la vie, nous a conduit à percevoir la prêtrise comme la vocation ultime. Fort heureusement, il n'en est pas ainsi, et sur la balance spirituelle, une femme de ménage, ou un éboueur, peuvent avoir autant, sinon plus de valeur, qu'un chef d'état, un évêque ou un pape. Il n'est pas question, ici, de nier, ou de diminuer, les mérites de ces hautes fonctions, mais il nous faut comprendre, une fois pour toutes, que nos actions matérielles ne représentent que peu d'intérêt pour l'Esprit divin qui agit en nous. C'est ce que nous absorbons dans notre propre force spirituelle, et l'influence que nous exerçons sur les autres, qui délimitent l'étendue de notre progression vers la Source de toute vie. Ainsi, sans égard au titre, à la position, ou à l'échelon hiérarchique, nous sommes tous égaux et partenaires à part entière de cette Énergie Suprême que nous appelons Dieu.
Dans notre présente structure de société, le prêtre a la mission d'enseigner et de conseiller, mais il est malheureusement lié à la doctrine et aux dogmes de l'Église qui guide tous ses pas, et veille à ce qu'il ne s'égare pas sur la voie d'une recherche spirituelle trop personnelle et respecte les voeux de célibat et de chasteté qui lui ont été imposés par la doctrine.
Les dernières décennies ont apporté de nombreux changements dans l'Église. La messe est maintenant célébrée dans la langue des fidèles, le Carème ne dure plus que quelques jours, et un certain allégement de la doctrine a permis de réduire la fréquence de la confession et de la communion, lesquelles demeurent toutefois des rites très importants. Il existe une nouvelle ouverture d'esprit en ce qui a trait à certaines fonctions du culte, mais l'Église est demeurée inflexible devant les grands problèmes auxquels est confrontée la chrétienté, et n'a pas crû bon de reconsidérer ses lois concernant le célibat des prêtres, le mariage, le divorce, l'avortement, l'homosexualité et la sexualité en général. Si le viol, l'inceste, la pédophilie et la pornographie, sont des actes répréhensibles, parce qu'ils portent atteinte à la liberté de l'individu, la sexualité entre deux être consentants est, et sera toujours, une décision personnelle, liée, non pas aux lois d'état ou d'église, mais au processus karmique de la loi de cause et d'effet et aux engagements que nous avons tous pris avant de nous réincarner sur terre une fois de plus.
Une doctrine qui requiert une obéissance aveugle de ses membres dénote une vision matérialiste de la spiritualité et une étroitesse d'esprit qui ne tient pas compte de la liberté d'expression de l'individu. La mémorisation de formules et de prières toutes faites, sont des formes subtiles d'endoctrinement, et un endoctrinement présuppose toujours un certain fanatisme. Il ne faut pas oublier que, même si une telle manière de faire est sanctionnée par la majorité, cela ne la rend pas plus acceptable aux yeux de Dieu. L'erreur que les religions du monde répètent, génération après génération, est de se reposer entièrement sur la parole écrite et les lois qu'elles se sont imposées, plutôt que d'enseigner à ceux et celles dont elles ont la charge, qu'ils sont des êtres responsables, divins, et que la vraie religion est à l'intérieur, non à l'extérieur.
Il est vrai que nous devons apprendre l'alphabet et autres exercices mentaux dont nous avons besoin pour fonctionner dans les mondes tridimensionnels. Toutefois, lorsqu'il est question de spiritualité, il n'est pas du tout nécessaire de mémoriser des pages et des pages de prières et de textes religieux, comme c'était la coutume au temps du 'Petit Catéchisme', alors qu'il était obligatoire d'apprendre par coeur, la plupart des questions et réponses si nous désirions recevoir la Première Communion. La spiritualité n'opère pas de cette façon, et la véritable religion n'est pas un ensemble de règles rigides qu'il faut observer et mettre en pratique. Elle est l'expression individualisée de la Loi Divine, et cette Loi est partie intrinsèque de tous et chacun d'entre nous.
Et c'est dans cet imbroglio de lois humaines que le prêtre se démène. Tant et aussi longtemps qu'il s'en tient fidèlement aux directives de son église sans chercher plus loin, tout va bien et la vie suit son cours normal. Mais à partir du moment où il commence à se poser des questions et à tenter de comprendre sa nature humaine et divine, il se sent vite encerclé par les barrières de l'orthodoxie, lesquelles lui posent un problème de conscience à chaque tournant de la route. Sans s'en rendre compte, il se retrouve coincé dans le fil d'araignée de lois archaïques, et à la merci d'une hiérarchie confortablement installée dans ses vieilles habitudes, et qui refuse de suivre le mouvement évolutif et constant de l'être humain. Il ne peut ainsi explorer le potentiel de ses capacités d'être divin et son droit à la libre expression.
Conséquemment, toutes ses croyances, fruit de ses études théologiques, ne peuvent que refléter une vision limitée de la spiritualité, car elles sont subordonnées à des lois et des dogmes qui n'ont pas leur place dans une véritable société spirituelle. Ces lois placent l'individu dans un état de dépendance, alors que le but véritable de notre vie, est de faire notre propre expérience de vie, en toute liberté de corps et d'esprit.
Ainsi, le prêtre peut croire et penser ce qu'il veut, tant et aussi longtemps que sa démarche ne va pas à l'encontre des lois et des dogmes établis. Privant ainsi l'esprit d'une multitude d'expériences, il devient prisonnier de ses propres limitations, et il ne peut transmettre aux autres que ce qu'il perçoit de la perspective de son étroite cellule. Il est, en somme, un produit de sa religiosité, et il devient tellement absorbé à faire observer les lois de son église, qu'il ne lui reste que peu de temps pour approfondir et faire observer les lois de Dieu. Dieu est Loi, et lorsque nous nous exprimons en tant qu'enfants de Dieu, nous devenons cette Loi, et il n'est plus besoin de lois humaines pour diriger nos vies.
Augustin, Clément et plusieurs autres enseignants spirituels des débuts de la chrétienté, ont été capables de transcender la matérialité des lois d'église, mais ils étaient, eux aussi, confinés et emprisonnés dans leur rigide doctrine. Certains de leurs écrits reflétaient une ouverture d'esprit qui dépassait la conception limitée qu'on se faisait, alors, de la spiritualité, et c'est pourquoi, craignant la censure, ils prenaient bien soin de ne pas causer trop de remous en camouflant, très souvent la vérité sous le feuillage du symbolisme et de l'allégorie.
Servir Dieu est la vocation ultime, mais cette vocation doit être comprise dans un esprit d'universalité, en servant, non pas un Dieu personnel, mais le Dieu qui réside en nous et en chacun de nos frères et soeurs du monde, sans égard à la religion, la race, ou la couleur. Etre un prêtre n'est pas une question de religion ou de doctrine, et le terme peut s'appliquer tout aussi bien à un homme qu'à une femme. C'est avoir une bien piètre opinion de la Divinité, que de croire que Dieu accorde un statut spécial à l'un quelconque de Ses enfants, et qu'il a choisi des hommes comme Ses représentants spéciaux sur terre. Il est encore plus aberrant de croire qu'il exige le célibat de tous ceux qui choisissent la prêtrise comme vocation de vie. Dieu n'impose aucune limitation à la vie humaine, et tous Ses enfants ont le droit, et le devoir, de servir leurs frères et soeurs de la terre en toute égalité et liberté d'expression. La plus grande erreur de l'Église fut d'exiger le célibat de ses prêtres, les privant ainsi d'une expérience de vie valable et enrichissante. On me dira sans doute que c'est un choix, mais ce choix est lié à une contrainte, laquelle va à l'encontre des lois divines. Et pourtant, l'enseignant doit connaître sa matière lorsqu'il enseigne aux élèves. Un professeur de mathématiques serait un très mauvais professeur s'il n'avait pas étudié lui-même sa matière. Il est donc assez troublant de constater que les conseillers et confidents de près de un milliard de fidèles, la plupart d'entre eux mariés ou vivant en couple, n'ont aucune expérience personnelle en matière de mariage et de sexualité. Sexologues de leur époque, ils ont tenté, durant des siècles, de résoudre dans leurs confessionnaux des problèmes complexes de comportement auxquels, par manque d'expérience, ils ne comprenaient à peu près rien.
De période en période, de nombreux évêques et prêtres ont tenté de mettre un peu de bon sens dans tout cet imbroglio de lois d'église, mais à chaque fois, ils ont été forcés de rebrousser chemin et de se conformer aux directives du Vatican. L'infaillibilité du pape et le pouvoir énorme dont jouit le sacré collège ont toujours peseé lourd dans l'évolution spirituelle de l'Église, et la rigidité et le manque de vision de celle-ci sont la cause de la désaffection des fidèles et des nombreux problèmes que suscite ses prises de position en ce qui a trait au divorce, à l'avortement, à l'homosexualité et à la sexualité en général.
Les églises passent par des moments difficiles et la crise spirituelle des dernières décennies, qui se solde maintenant par une pénurie de prêtres à travers le monde, est la conséquence directe de l'incompréhension, de la rigidité et de l'inaptitude des chefs spirituels, à reconnaître le principe évolutif de la vie et la nécessité du changement. Ils refusent tout simplement de comprendre, que, si la loi de Dieu, la loi d'Amour, est éternelle et immuable, les lois d'église ont été faites par des hommes, et elles peuvent être modifiées et adaptées aux besoins et aux circonstances d'une société en constante évolution.
A cause de ce pouvoir qui lui est octroyé et l'influence qu'il exerce auprès des fidèles, la responsabilité du prêtre est incommensurable, parce que cette autorité dérive d'une doctrine de l'église qui considère le prêtre comme un conseiller spirituel et le représentant 'special' de Dieu sur terre, avec le pouvoir de remettre, ou ne pas remettre, les 'péchés'. Et là encore, nous constatons que l'humanité a toujours confié le soin de son salut aux dieux et aux idoles qui décorent ses temples, et qui reposent dans les tabernacles d'or et de pierres précieuses de ses églises. Le Veau d'Or du temps de Moise s'est estompé pour faire place à un Sauveur qui efface les péchés du monde, et pour s'assurer que l'humanité sera sauvée, coûte que coûte, l'église a instauré un système de remise de péchés, une sorte de guichet automatique qui vous blanchit aux yeux de Dieu, moyennant une dizaine du chapelet ou trois Je vous salue, Marie.
La confession est probablement la pire forme d'esclavage spirituel qu'une société puisse concevoir, et le prêtre doit être conscient que, s'il est obligé, de par sa doctrine, de confesser, il a au moins le devoir spirituel de toujours pardonner les 'péchés', et non pas de les 'retenir', pour une raison quelconque, comme ça se faisait autrefois. Il doit être conscient que, s'il doit se conformer aux directives de son église, il doit se conformer, d'abord et avant tout, aux directives de sa conscience et à l'autorité de son Dieu intérieur. Et en tant qu'expression de Dieu sur terre, il n'a pas le droit de s'ingérer dans les affaires de toutes les autres expressions de Dieu de l'humanité.
Il ne faut pas oublier qu'aux premiers temps de la Chrétienté, le prêtre n'était qu'un enseignant, et ce n'est que beaucoup plus tard, alors que l'Église commençait à s'organiser, qu'il devint un bureaucrate salarié, avec chances d'avancement, et toutes les considérations personnelles que ces charges pouvait apporter. Dans la plupart des villes et villages, l'Église n'a rien épargné pour faire de ses temples des monuments d'orgueil, et c'est à qui aurait le plus haut clocher, et les plus beaux ornements, pour rendre hommage à la Divinité. Tout récemment, une paroisse canadienne annonçait, qu'elle avait déjà recueilli deux millions de dollars pour construire une église de cinq millions, et ce, durant une période où les pauvres et les vieillards ont besoin de logements, de centres de soins de jour et de lits d'hopitaux.
Ce n'est pas tout à fait ce que Jésus avait à l'esprit lorsqu'il disait: "Allez enseigner toutes les nations," et les richesses matérielles de l'Église pèsent lourdement sur la conscience de l'humanité. Nous devons maintenant en prendre la responsabilité, car nous avons permis, et encouragé, un tel déploiement de pompes et de manifestations extérieures. Lorsqu'elle baptise un enfant, l'Église demande aux parents en son nom, s'ils renoncent au monde, à ses pompes et vanités, mais le clergé est loin de donner l'exemple de pauvreté et d'abnégation dont elle devrait normalement faire preuve. Si, aujourd'hui, cette même Église fait montre d'un peu plus de simplicité, ce n'est pas parce qu'elle a enfin compris les enseignements de Jésus, mais bien plutôt parce que les récessions affectent toutes les couches de la société, et que cette société commence à se rendre compte qu'une véritable religion se situe bien au-delà des rites et des manifestations extérieures de louanges et de piété. Les nouvelles églises 'chrétiennes' sont nées de cette désaffection, et, en dépit de leur approche enfantine, et un tant soit peu fanatique, de la spiritualité, elles se rapprochent beaucoup plus de la ligne de conduite des églises des premiers temps de la chrétienté.
De strictes directives et une rigide orthodoxie renforcée par les dogmes, ont conduit le prêtre dans les dédales d'une religiosité qui ne reconnaît pas la variété des expériences de vie et ce besoin que chacun d'entre nous ressent, de toujours suivre cette 'petite voix' intérieure, lien le plus direct entre Dieu et ses créatures.
En ce sens, la Tour de Babel biblique existe encore de nos jours, alors que chacune des religions du monde interprète les lois divines selon des critères archaïques qui n'ont que très peu à voir avec la spiritualité. C'est ainsi que l'une d'elles ose condamner un écrivain à mort au nom de son Dieu, alors qu'une autre peut se permettre de condamner à l'excommunication ou à la damnation éternelle, ceux ou celles qui dévient du droit chemin que représente ses lois et ses dogmes.
Ainsi, en dépit d'un malaise interne grandissant, l'Église a pris une position ferme à l'égard de certains aspects de la doctrine qui ont eu, et ont encore, une influence profonde sur le comportement des sociétés chrétiennes du monde, mais le prêtre doit être prudent et se placer au-dessus des considérations théologiques, car la Loi de Dieu, la Loi d'Amour et de Compassion, surpasse toutes les autres lois.
Pour être plus spécifique, le mariage, le divorce, l'avortement, la sexualité et l'homosexualité, ont été, et sont encore, le centre d'une controverse qui a ébranlé le vaisseau de la chrétienté, et ce vaisseau risque de couler, si l'Église ne reconsidère pas ses positions et ne modifie pas ses lois. Loin de comprendre les véritables besoins de l'humanité, le dernier concile n'a fait que renforcer la position de l'Église en ces matières, et les fidèles se sentent perdus dans un labyrinthe de directives contradictoires, où l'on permet à certains divorcés de se remarier, alors que, pour des raisons de principe, elle refuse à d'autres le même droit. Elle tolère la contraception qui empêche forcément la grossesse, alors qu'elle défend l'avortement, qui conduit exactement au même résultat. Elle proclame le droit de tous les individus à la libre expression, mais elle condamne l'homosexualité parce que ce comportement la dépasse, et qu'elle ne comprend pas la doctrine des vies successives. En somme, elle est prisonnière de ses propres limitations, faute d'avoir compris l'admonition de Jésus: Ne juge pas, si tu ne veux pas être jugé.
Ceci a conduit à une situation déplorable où, dans leur vertueuse piété et leur conviction que c'est la volonté divine, un nombre croissant de fidèles ont pris l'affaire en main. Tels des croisés valeureux, ils se sont sacrés eux-mêmes chevaliers de Dieu, prêts à pourfendre (littéralement) tous ceux qui n'obéissent pas à Ses lois. S'ils n'ont pas causé trop de remous en ce qui a trait à la contraception parce qu'elle est généralement tolérée, ils ont, néanmoins, pris sur eux de redresser les 'soi-disant' torts de l'avortement. Avec la bénédiction de l'Église, ils organisent, devant les cliniques d'avortement, des démonstrations qui vont parfois jusqu'à la violence, (plusieurs personnes ont déjà été tuées ) et ils se retrouvent, frères contre frères, et soeurs contre soeurs, victimes d'une religiosité sans coeur et intolérante.
Un tel manque de générosité et une telle incompréhension du principe évolutif de la vie est nuisible à l'épanouissement spirituel de l'être humain, et devant cet état de choses, le prêtre doit veiller à ne pas aviver la controverse en encourageant de telles démonstrations. Si, d'un côté, il se trouve dans la délicate position, où il doit faire observer les lois de son église, d'un autre côté, il doit suivre les dictées de sa conscience, et faire l'impossible pour alléger le fardeau et la conscience de toutes celles qui ont à faire face à un avortement ou à toute autre situation analogue. En règle générale, le simple fait qu'une femme ne désire pas rendre une grossesse à terme, devrait être suffisant pour justifier un avortement, car aucun esprit n'est vraiment intéressé à occuper un corps qui n'est pas désiré, de même qu'à vivre dans une famille qui le rejette. Les enfants battus et maltraités sont très souvent le produit de grossesses non désirées, et imposées aux femmes par tous les faux concepts d'une société matérialiste.
La position de l'Église en ce qui concerne le célibat des prêtres et leur voeu de chasteté, a fait l'objet de nombreuses discussions, et il semble évident qu'une telle mesure, même si elle perdure depuis des siècles, ne plaît pas à la majorité des prêtres dont certains obéissent à contrecoeur aux directives de l'Église, même s'ils questionnent la nécessité, et la valeur intrinsèque d'un tel acte d'abnégation.
Dans Matthieu, on retrouve ce passage:
Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens: 'Tu ne te parjureras pas, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de tes serments.' Et moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c'est le trône de Dieu, ni par la terre, car c'est l'escabeau de ses pieds... Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux en rendre un seul cheveu blanc ou noir." (Matt. 5: 33-37)
Ce sont là les paroles même de Jésus qui invalide ainsi tout serment. La liberté d'expression est un don divin. Personne, que ce soit un individu, ou un corps religieux, n'a le droit de priver un autre individu de cette liberté d'expression, qui permet de faire un choix, à tout moment et en toutes circonstances. Aucun voeu n'est valide aux yeux de Dieu, car un voeu ne peut que limiter l'expression divine que chacun de nous représente, cette spontanéité qui ouvre toutes grandes les portes à une multiplicité d'expériences de vie.
En fait, dans sa 'Première Lettre aux Corinthiens', Paul lui-même a tenté de préciser sa pensée: Je voudrais que vous soyez exempts de soucis. Celui qui n'est pas marié a souci des affaires du Seigneur: il cherche comment plaire au Seigneur. Mais celui qui est marié a souci des affaires du monde: il cherche comment plaire à sa femme et il est partagé. De même, la femme sans mari et la jeune fille, ont souci des affaires du Seigneur, afin d'être saintes de corps et d'esprit. Mais la femme mariée a souci des affaires du monde: elle cherche comment plaire à son mari. Je vous dis cela dans votre propre intérêt, non pour vous tendre un piège*, mais pour que vous fassiez ce qui convient le mieux et que vous soyez attachés au Seigneur, sans partage. (1 Cor. 7:32)
Comme on peut le constater, Paul n'exprimait que sa pensée. Ces conseils personnels n'avaient aucun rapport avec la doctrine de l'Église, et il n'en faisait pas une règle obligatoire. Ils étaient plutôt la réflexion d'un homme qui trouvait difficile de réconcilier sa propre mission de prédicateur (ambulant), avec les obligations de la vie maritale, tout comme il est difficile pour un pilote, ou un vendeur, de réconcilier ses nombreux voyages avec les responsabilités familiales. En somme, Paul ne faisait que donner un conseil amical basé sur sa propre expérience de vie. Le conseil ne liait les futurs disciples en aucune façon, et ce n'est que plus tard que l'Église en fit une règle obligatoire, et que le célibat fut imposé aux prêtres.
Combien de prêtres respectent leurs voeux, Dieu seul le sait! Mais il est certain que nombre d'entre eux ont à se battre avec ce que la religiosité appelle le 'démon de la luxure', et qu'ils tentent de trouver dans des nids d'amour clandestins la satisfaction de désirs légitimes qu'ils ont de la difficulté à réprimer, avec comme conséquence, un sentiment de culpabilité et de trahison qui retarde leur progression spirituelle.
Le célibat 'obligatoire' est une condition négative, car il prive l'être humain de l'expérience qui se rapproche le plus de l'extase, ou illumination, c'est-à-dire, la sexualité vécue dans un véritable esprit d'amour et de don de soi. Il existe cependant des cas, mais ils sont rares, où le célibat peut conduire à l'illumination, mais il devient alors un engagement personnel, un volontariat que l'individu décide d'entreprendre, et ceci, afin de faire l'expérience d'une vie de solitude et de méditation. Une telle voie est pleine d'embûches, et de nombreux ascètes se sont aperçus, mais trop tard, que vivre ainsi à l'écart les avaient privé d'une expérience de vie enrichissante au service des autres. Hormis ces considérations et tel que défini par l'Église, le célibat des prêtres demeure un empiètement du libre arbitre de l'individu et un obstacle à son développement spirituel, car l'engagement n'est pas un choix personnel, mais une restriction obligatoire qui vient avec la fonction. Vu de cette perspective, le célibat est un défi au bon sens et une entrave au don de libre expression que nous avons reçu de Dieu. Tous les choix de vie doivent être faits dans un contexte de pleine et entière liberté, et ce n'est que de cette façon que nous devenons de véritables enfants de Dieu. Dieu ne contraint aucun de ses enfants à se priver d'une expérience de vie aux dépens d'une autre, car c'est lui qui se manifeste à travers chacun d'eux.
Lié au célibat des prêtres, le voeu de chasteté est encore plus restrictif, car il met un point final à une expression biologique fondamentale de l'être humain et fait du prêtre un eunuque involontaire qui, de par son état, se doit de réprimer un besoin naturel et de se priver d'une expérience 'spirituelle' qui ne peut que l'enrichir. Tout comme le scaphandre, le corps est le vêtement qui permet à l'esprit d'explorer les eaux de la matérialité. Toutes les pièces de ce scaphandre ont leur raison d'être et leur utilité. Personne ne songerait à fermer la valve de la bonbonne d'oxygène avant de plonger, non plus que personne ne devrait songer à se priver, volontairement ou non, de faire usage d'attributs physiques qui sont, en somme, les outils dont nous nous servons pour faire l'expérience de notre monde tridimensionnel. Bien sûr, le voeu peut avoir une certaine valeur s'il émane d'un désir intense de ne servir que Dieu, mais c'est tout de même une limitation, injustifiée pour plusieurs, car le meilleur moyen d'atteindre le niveau de Conscience Christique sera toujours de vivre dans le monde et de servir l'humanité.
L'expression sexuelle est l'une des fonctions les plus importantes de notre vie terrestre et le lien le plus direct avec cet état de Conscience Christique, ou Illumination. En fait, toutes les pressions et toutes les contraintes exercées sur l'humanité au cours des siècles, sont la conséquence directe d'une religiosité centrée, non pas sur la beauté du corps humain, mais bien plutôt sur un aspect négatif de la sexualité, que renforcent toutes les idées préconçues et les préjugés concernant le rôle de l'homme et de la femme dans le monde.
Jésus lui-même vécut une vie normale, et même si les Évangiles n'en font pas mention, il fut certainement attiré par la beauté du sexe opposé. Il avait sans doute ses raisons pour ne pas prendre épouse, mais, quelque fut la raison de son célibat, son choix fut fait, non en conformité avec les lois juives ou une prophétie, mais bien plutôt en conformité avec sa conscience et ses idéaux de vie. De toutes façons, le fait qu'il ne s'est pas marié, n'est, certes pas, une indication qu'il favorisait le célibat ou le recommandait à ceux qui suivraient ses traces. Il n'existe aucun passage des évangiles, où il est établi que les disciples avaient abandonné leurs épouses pour suivre Jésus. Il est vrai qu'ils s'absentaient pour de longues périodes de temps, mais nos draveurs et nos bûcheurs de bois en ont fait tout autant, sans pour cela abandonner leur famille.
Toutefois, vu dans une perspective spirituelle, et choisi en toute liberté, le célibat du prêtre prend une signification spéciale, mais sa prêtrise doit en être une de joie et de contentement, et non de frustration et de regret. L'engagement doit être pris, non parce qu'il est obligatoire, mais bien dans la véritable compréhension que, en ce qui le concerne, le célibat est la meilleure approche et le meilleur moyen de servir les autres et d'accomplir ainsi sa mission de vie. Il doit être vécu, compris et accepté comme un mode de vie correspondant à ce qu'il ressent vraiment en son for intérieur, en tant qu'unique et individuelle expression de Dieu dans l'univers, et non comme un acte d'obéissance aveugle, heureusement [ou malheureusement] tempéré par la pensée qu'un tel sacrifice (la privation de sexe) sera éventuellement récompensé.
Il y a, bien sûr, des exceptions où le célibat peut devenir une expérience valable et positive, car la loi karmique est immuable, et nous devons tous, éventuellement, faire l'expérience de cet aspect spécifique de la vie. Mais, encore une fois, c'est un choix personnel, libre de toute entrave, ou considération théologique, et seulement motivé par le désir de servir le plus grand nombre, dans une expression d'amour et de don de soi, où le prêtre peut devenir un catalyseur pour tous les enfants prodigues qui cherchent le chemin du Royaume.
Ceci dit, le célibat n'est pas l'unique et pas nécessairement le meilleur moyen par lequel un individu, ou un prêtre dans le cas présent, peut exprimer son désir de servir l'humanité. Il est évident que, étant l'ultime vocation et champ d'expérience, le mariage ne peut, en aucune façon, être un obstacle à la prêtrise. En fait, il ne peut être qu'un atout et une opportunité, pour le prêtre, de faire l'expérience de cet aspect spécifique de la vie. Il est certain qu'il trouverait, dans une vie de couple, un moyen d'expression plus adéquat, et un meilleur équilibre de corps, âme et esprit, parce que les relations maritales et familiales agrandiraient le champ de ses connaissances. Ses désirs intimes ainsi comblés, il serait en mesure de se réaliser plus complètement, et de transmettre aux autres ses propres expériences concernant un état (le mariage), qui est le lot de presque toute l'humanité. Les pasteurs protestants, ou anglicans, ont le droit de se marier, et pourtant, rien n'indique que ce choix les rend moins productifs, ou moins dévoués, envers leurs paroissiens. En fait, le célibat des prêtres est beaucoup plus une question de doctrine et de suprématie masculine, qu'un désir véritable de ne servir que son Dieu. Les événements qui se sont produits au cours des siècles, les croisades insensées, les inquisitions et l'intolérance dont le clergé a fait preuve, démontrent, hors de tout doute, qu'il a existé, et existe encore, un déséquilibre profond dans l'Eglise, et je ne serais pas surpris que et que le clergé s'est volontairement privé d'un atout majeur, non seulement en éloignant les femmes du clergé, mais également en privant ses membres d'une relation de couple qui ne peut qu'enrichir leur vie, et contrebalancer l'esprit dominateur de l'homme.
Il n'est pas dit que tous les hommes devraient prendre épouse, non plus que tous les prêtres devraient avoir un foyer, une femme et des enfants, car chacun de nous doit faire l'expérience de la vie dans tous ses aspects, et le mariage n'est qu'un de ceux-là. Il est dit, et à juste titre, dans l'Ecclésiaste:
mais c'est un choix personnel, et non une mesure restrictive, imposée dans le but louable de servir uniquement Dieu, alors que, en définitive, c'est Dieu qui ne demande qu'à nous servir.
Et ainsi, au lieu d'être une entrave à l'épanouissement d'une vocation telle que la prêtrise, le mariage ouvrirait de nouveau horizons, et, de cette façon, le mari-prêtre serait en mesure de puiser dans sa propre expérience de vie, et de comprendre les problèmes des autres. Le foyer étant le champ d'expériences le plus diversifié de la vie humaine, le mariage ne peut être qu'un actif pour tous ceux qui ont choisi la prêtrise comme vocation de vie. En fait, les relations de couple, et la proximité des enfants, ne peuvent qu'accroître le développement spirituel du prêtre, alors que, pour un grand nombre d'entre eux, le célibat obligatoire sera toujours un obstacle à leur plein épanouissement.
Le voeu de pauvreté a permis à l'Église d'accumuler indûment des richesses, et de nombreux prêtres se sont aperçus, mais un peu trop tard, que cette exigence de la fonction était, en réalité, une épée à deux tranchants, un contrat tacite où l'une des parties donne 'littéralement', à l'autre, le fruit de son travail, et ce, sans aucun recours, advenant le départ du membre. Et c'est ainsi que, à l'aube de la quarantaine ou de la cinquantaine, de nombreux prêtres se sont retrouvés avec juste assez d'argent pour survivre quelques mois, et forcés de faire le dur apprentissage du monde du travail en recommençant à neuf une vie qu'ils croyaient, jusque là, assurée et sans inquiétude. Imaginez le remous que cela causerait, si tous les ex-prêtres de communautés organisaient un recours collectif, pour réclamer leur juste part des richesses qu'ils ont contribué à amasser.
Ceux qui prennent un tel engagement parce qu'il est obligatoire, auront toujours le sentiment conscient, ou inconscient, que, à l'instar d'Esaü, ils se sont départis de leur droit d'aînesse pour un plat de lentilles.
Lorsque l'Église réalisera que le prêtre n'est pas un être à part, elle comprendra que, quelque soit la condition de vie dans laquelle il évolue lorsqu'il veut devenir prêtre, le seul critère d'acceptation devrait être, non pas un voeu de pauvreté, de célibat, ou d'obéissance aveugle, mais l'amour qu'il manifeste envers les autres et son désir de servir l'humanité.
Et c'est ainsi que l'Église en est venue à se considérer gardienne de la Foi. Pour atteindre son but, elle a enchassé sa doctrine dans une enclave d'édits et de dogmes, imposant ainsi au clergé, des limitations et des restrictions qui n'ont aucun rapport, et avec la spiritualité, et avec le fait de mener à bien la tâche qu'ils ont entrepris.
Les chefs d'église, et ceux qui promulguent les lois, ne sont pas plus sages que nos légistes du monde. Confinés qu'ils sont dans leur tour d'ivoire, et refusant de voir au-delà de leurs perceptions limitées de la vie, ils n'osent pas adoucir, ou changer, leurs lois et leurs dogmes, de peur que l'édifice ne s'écroule. Ce n'est pas pour rien que Jésus a dit: "Laissez venir à moi les petits enfants," car il était pleinement conscient que, dans leur simplicité et leur spontanéité, ceux-ci étaient encore plus en mesure de comprendre ses enseignements, que les adultes qui le suivaient constamment, dans l'espoir d'assister à un miracle, ou d'avoir un bon repas. Et c'est cette incompréhension et cette vision matérialiste de ses enseignements, qui a conduit l'Église à promulguer des lois qui vont à l'encontre des besoins spirituels de l'humanité.
Aucune religion n'a le monopole de la foi, et chacune d'elles tente, à sa façon, de consolider le pouvoir de son Dieu, en se donnant, à travers ses doctrines et ses dogmes, un pouvoir discrétionnaire sur tous ceux et celles qui en font partie, ce qui est contraire aux lois divines. Le prêtre est une extension de ce pouvoir, et sa responsabilité est grande, car il s'est acquis, au cours des siècles, une autorité grandissante, et, même s'il ne fait que répéter ce qu'il a appris dans son propre petit catéchiste et ses livres de théologie, nombre de chrétiens prennent ce qu'il dit pour des 'paroles d'évangile'.
Et pourtant, tout est si simple et si peu compliqué. Il suffit de comprendre que Dieu se manifeste (littéralement) à travers chacun de ses enfants, que chacun d'entre nous est un individu unique, un être divin, et un exécuteur des oeuvres de ce Dieu. Quand finirons-nous par comprendre que, si nous devons obéir aux lois de la terre, lorsqu'il s'agit de notre comportement social et de nos besoins matériels, nous avons entière liberté d'expression, en tout ce qui a trait à notre vie spirituelle. C'est, évidemment, cette dualité que les religions du monde ont tant de difficulté à accepter, mais elles verront, tôt ou tard, la lumière, et, au lieu d'être les geôlières de la spiritualité, elles reprendront le bâton du pèlerin, et redeviendront les servantes qu'elles étaient à l'origine de la chrétienté.
Ainsi, les encourageant à trouver leur mission dans le monde et leur propre destinée, les églises permettront à tous leurs fidèles d'avoir les expériences nécessaires à leur développement, sans aucune contrainte, et sans aucune restriction théologique, ou autre. Ce faisant, elles renouvelleront la face de la terre, car il n'y aura plus qu'une seule église, l'Eglise du Christ, et un seul Pasteur, le Dieu en chacun de nous.
Un véritable prêtre enseigne, non pas une doctrine, mais les vérités spirituelles. Son rôle principal est d'être à l'écoute des autres, et quelque soit la situation ou le problème, il doit tenter de les régler, non pas dans le contexte restrictif des lois d'église, mais selon les dictées de sa conscience, et les besoins spirituels de l'individu. Parce qu'il est en contact direct avec ses paroissiens, et parce que sa 'petite voix' intérieure reconnaît leurs véritables besoins, le prêtre se trouve parfois coincé entre deux lignes de conduite, où il doit faire observer les lois de son église, ou permettre à l'individu d'exprimer son individualité de fils ou fille de Dieu, en toute liberté. Devant un tel dilemme, il doit se souvenir, que, s'il est le conseiller, le frère, et le guide qui est toujours là lorsqu'on en a besoin, il n'a pas à assumer la responsabilité du salut des ses ouailles. Cette tâche appartient à chacun de nous, individuellement. S'il est vrai que chacun de nous est le gardien de ses frères et soeurs, nous ne le sommes qu'en tant que guide, et chacun de nous doit parcourir seul le chemin qui mène à l'illumination et à l'état de Conscience Christique.
Le prêtre doit faire comprendre à tous ceux dont il a la charge, qu'ils ont pleine et entière liberté d'expression, et que, quelque soit leur chemin de vie, ils n'en sont pas moins aimés de Dieu, et ils sont toujours les héritiers de Son Royaume. Les excommunications du passé et du présent, sont un produit du fanatisme et du matérialisme des religions. Elles sont une insulte à la divinité de l'esprit, qui ne reconnaît aucune limitation et aucune frontière. C'est, en fait, comme si on refusait à Dieu, l'accès à sa propre Demeure. Et c'est pourquoi nous avons dit, et répétons, que les religions du monde ne sont pas l'Église du Christ. Elles ne sont que des regroupements de fidèles, qui, parfois guidés par de fidèles disciples de Jésus, et parfois, malheureusement, par des aveugles, cherchent ensemble le chemin qui mène à Dieu.
Un concept matérialiste et erroné de la Divinité, a conduit le prêtre à croire qu'il est au service de Dieu et de son Église, alors que, en réalité, il est au service de tous ses frères et soeurs du monde. En fait, c'est Dieu, cette Force Universelle, cette Energie Divine qui imprègne tout l'Univers, qui est à notre service à chaque heure, chaque minute et chaque seconde de notre vie. Il est bon de répéter, encore et encore, que Dieu n'a pas besoin de nos louanges, et que Jésus se passerait bien de toutes les manifestations extérieures en son honneur, alors que son nom est porté aux nues, et que sa crucifixion devient le seul instrument de salut du genre humain. Il est bon de se tourner vers Dieu, mais il est primordial de reconnaître avant tout, qu'Il est là, tout près de nous, dans le Temple de notre corps, et que nous sommes, en réalité, ce Dieu Inconnu que nous cherchons depuis la Chute qui nous a éloigné de Lui.
Toutes ces vérités spirituelles se sont perdues dans la densité des mondes matériels, mais, à cette période cruciale dans l'histoire de l'humanité, elles reviennent en force, et nous les redécouvrons sous un nouveau jour et une nouvelle perspective de la corrélation qui existe entre Dieu et Ses créatures. Et cette nouvelle perspective est que le bien-être spirituel de l'individu est au-dessus de toute doctrine, ou dogme religieux, et que ceux-ci deviennent des pierres d'achoppement, lorsqu'ils sont en conflit avec ses valeurs intuitives et ses propres perceptions de la vie.
Et c'est pourquoi, le prêtre doit se tourner vers son propre Dieu intérieur. En suivant ainsi ses propres valeurs intuitives, il devient la flamme qui luit dans les ténèbres et le phare qui conduit au port de la sagesse et de la vérité. L'obéissance aveugle à des lois et des dogmes est, en elle-même, un obstacle à la réalisation de son potentiel spirituel et de sa mission dans le monde. Des doutes surgiront, mais ces doutes, soulevés par le conflit interne entre les dictées de sa conscience et ses principes religieux, sont, en fait, les balises qui le guideront sur la voie positive de son idéal de vie. En ceci comme en toute autre chose, le seul critère de jugement est la sincérité et le désir de servir. Si le prêtre croit sincèrement que les voies de son église sont la vraie voie du développement spirituel, qu'il en soit ainsi. Cela veut tout simplement dire que cette expérience lui est nécessaire dans sa vie présente, tout comme elle l'est pour ses ouailles. Ensemble, ils ont choisi ce moyen d'expression, afin de comprendre, et de faire l'expérience de cet aspect (négatif) de la spiritualité représenté par la multiplicité des religions. Nous devons tous, à travers nos différentes incarnations terrestres, faire l'expérience de la vie dans toutes les races et toutes les croyances du monde. Tel est le principe évolutif de la vie, par lequel chacun se retrouve dans l'environnement et avec les individus qui sont les plus aptes à accroître son épanouissement spirituel.
Le prêtre doit exprimer pleinement son individualité, permettant à tous ceux qui croisent son chemin de vie, de comprendre, vraiment, ce qu'il représente en tant que messager 'spécial' de Dieu sur terre. Il doit exprimer ses propres idéaux de vie, sans égard aux limitations que les églises, dans leur rigidité, leur aveuglement et leur incompréhension de la vie, ont imposé à une obéissante et craintive humanité.
Ainsi trouvera-t-il sa véritable mission sur cette terre, et dans les nombreuses demeures de l'Univers de Dieu.
* 'Tendre un piège' n'est pas la traduction exacte de la pensée de Paul. La plupart des Bibles américaines et anglaises se lisent ainsi: 'I am not trying to put restrictions on you'. Traduction littérale: 'Je n'essaie pas de restreindre votre liberté d'expression', ce qui indique clairement que Paul ne tentait pas d'en faire une règle obligatoire.